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Maghreb : Le Maroc lâche les Palestiniens pour faire plaisir à Israël

06 février 2020 à 9 h 28 min

Le makhzen est prêt à tout pour avoir le soutien américain à son entreprise de colonisation du Sahara occidental. Y compris pactiser avec l’Etat hébreu. Le site d’information américain Axios révèle à ce propos justement qu’Israël et les Etats-Unis ont discuté d’un accord trilatéral qui verrait les Etats-Unis reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

En contrepartie, le Maroc a fait comprendre de son côté à Tel-Aviv et à Washington qu’il n’aurait aucun problème à normaliser ses relations avec Israël. Autrement dit, Rabat accepte aussi de lâcher sans scrupules les Palestiniens.

La même source estime qu’il s’agirait là d’«un accomplissement diplomatique majeur pour le roi du Maroc, Mohammed VI, et un coup de pouce pour le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu – qui obtiendrait ainsi la possibilité de se rendre officiellement au Maroc dans ce contexte géopolitique ‘‘périlleux’’, suite à la présentation par Washington de son ‘‘plan de paix’’ qui a reçu un accueil négatif des Palestiniens et de la Ligue arabe, mais moins tranché de la part de l’Arabie Saoudite, du Qatar et du Maroc». «Il pourrait également faire progresser l’objectif de l’administration Trump de rapprocher Israël et les États arabes», conjecture Axios, repris par le site marocain Le Desk.

Meir Ben-Shabbat à la manœuvre

Axios ne dit cependant pas ce que Washington aurait véritablement à gagner en soutenant un tel deal, surtout que les Américains essayent depuis plusieurs années d’avoir des relations équilibrées avec l’Algérie et le Maroc. Le site d’information américain reconnaît en revanche qu’il s’agirait d’«une mesure très controversée qui va à l’encontre du consensus international», compte tenu du fait que le territoire est considéré comme «non autonome» par les Nations unies et que sa résolution fait l’objet d’un processus politique complexe.

Axios avance que les contacts entre Netanyahu et les Marocains ont «commencé à s’intensifier après une réunion secrète avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2018». Axios précise que cette rencontre a été rendue possible grâce au contact établi entre Bourita et le conseiller de Netanyahu pour la sécurité nationale, Meir Ben-Shabbat, par Yariv Elbaz, homme d’affaires juif marocain et proche collaborateur de Jared Kushner.

Axios, qui cite des sources israéliennes, soutient que «Ben-Shabbat voulait utiliser les relations étroites d’Israël avec l’administration Trump pour parvenir à une percée avec le Maroc». Il a, précise-t-on, «approché les responsables de l’administration Trump et a proposé aux Etats-Unis de soutenir la position marocaine sur une question sensible de sécurité nationale – celle du Sahara occidental».

La proposition d’un accord trilatéral a également été transmise aux Marocains. Rabat l’a naturellement acceptée. Comment les Marocains auraient-ils pu dire non du moment qu’ils n’attendaient que cela ? Mardi, le ministre marocain des Affaires étrangères a d’ailleurs martelé devant les membres de la Chambre des conseillers, qui lui reprochaient son alignement prononcé sur le plan de paix de Trump, que «le Sahara reste la première cause du Maroc et non la Palestine». Et de les inviter à «ne pas être plus palestiniens que les Palestiniens eux-mêmes».

L’insistance de Netanyahu

Axios explique que Benyamin Netanyahu a essayé de faire avancer l’accord avant les élections israéliennes d’avril 2019, mais il a été mis en veilleuse lorsque les détails de la visite de Ben-Shabbat au Maroc ont été divulgués. «Il a essayé de nouveau avant l’élection de septembre 2019, mais le conseiller à la sécurité nationale de l’époque, John Bolton, un farouche opposant à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, a tué l’idée.»

La question est revenue sur le tapis en novembre, avant la visite du secrétaire d’Etat Pompeo au Maroc. Rien n’en est sorti pendant que Pompeo était à Rabat, conclut Axios. On explique à ce propos que le chef de la diplomatie américaine n’avait pas pu rencontrer Mohammed VI, qui se trouvait au Gabon, avait rapporté des sources diplomatiques occidentales. Est-ce vraiment la bonne explication ?

Un «observateur avisé de la scène moyen-orientale», auquel le site marocain Le Desk donne la parole, estime que «si l’information a tout pour être solide venant d’un média très introduit à Washington, cela ne veut pas dire que ce plan se mettra en œuvre».

Il faut croire que la proposition a fini effectivement par tomber à l’eau puisque des sources sahraouies indiquent que l’administration américaine a rejeté récemment une demande marocaine de fermer la représentation du Front Polisario à Washington et d’ouvrir un consulat dans la ville occupée de Laâyoune, en échange du soutien du Maroc à ce que l’on appelle «l’accord du siècle».



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