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L’opposition à Saïed s’organise en Tunisie : Les islamistes d’Ennahdha et leurs alliés descendent dans la rue

29 septembre 2021 à 19 h 49 min

L’opposition au Président Saïed a mis deux mois pour se décider à descendre dans la rue pour exprimer son refus aux mesures du Président. Des manifestations spontanées ont toujours surgi de la rue pour exprimer le soutien populaire à Kaïs Saïed. Situation insolite en Tunisie.

Tunis
De notre correspondant

Le Décret présidentiel 117 promulgué le 22 Septembre par le Président tunisien Kaïs Saïed, a gelé des chapitres entiers de la Constitution et organisé autrement les pouvoirs publics. Ledit Décret a également suspendu les primes des députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), ce qui signifie l’annonce de non-retour à l’avant-25 Juillet en Tunisie. Ces décisions ont poussé les islamistes d’Ennahdha, et le restant de l’opposition à Saïed, à descendre dans la rue pour exprimer leur refus de cette nouvelle situation.

La manifestation du Dimanche 26 Septembre a été officiellement soutenue par les islamistes d’Ennahdha, pas comme celle du 18 Septembre où des militants d’Ennahdha sont descendus manifester dans une manifestation à laquelle ont appelé les partis Ettakattol, le parti Républicain et Ettayar. Et s’ils étaient quelques centaines à manifester le 18 Septembre, le nombre est monté à un grand millier le 26 Septembre. En traversant le Boulevard Habib Bourguiba à Tunis, la foule semblait grandiose. Mais, vu du haut de l’un des hôtels de la Place, cela permettait d’évaluer la manifestation à sa valeur réelle et c’était un grand millier malgré la campagne de sensibilisation faite par toutes les forces d’opposition à Saïed. Il y avait les islamistes d’Ennahdha, les sympathisants d’Al Karama, les partis Ettakattol et le Républicain, ainsi que le parti Ettayar et le parti des ouvriers de Hamma Hammami. Il s’agit d’un remake du groupement du 18 Octobre 2005 contre Ben Ali. Toutefois, à l’inverse de la situation sous le régime déchu de Ben Ali, le Président Kais Saied les a laissé manifester leur refus et tous les médias étaient là pour couvrir cette manifestation.

Les observateurs ont constaté ces derniers temps que, sur le même boulevard où il y a une manifestation hostile aux décisions du Président Saïed, et à quelques centaines de mètres, imposées par les forces de l’ordre, des manifestants soutenant le président tunisien se rassemblent et scandent des slogans. Les observateurs relèvent qu’il n’y avait pas d’appel à contre-manifester sur les réseaux sociaux. L’élan est plutôt spontané en faveur du Président tunisien, disposant d’un vaste soutien populaire. « Les islamistes d’Ennahdha ont évité la rue parce qu’ils sont conscients qu’une manifestation va les montrer très faibles », explique le député gelé Mustapha Ben Ahmed, qui ajoute que « toute l’opposition à Saïed était obligée à se montrer ou à disparaître parce qu’il était clair que le Président n’accepte pas de discuter avec elle ». Le choix de la rue était donc imposé à l’opposition, consciente qu’elle allait à contre-courant face à un Président bénéficiant d’un soutien ravageur par la population.

Risques de dérives

Divers communiqués émanant de partis politiques, d’organisations de la société civile ainsi que de la forte centrale syndicale, l’UGTT, ont appelé le Président tunisien à détailler une feuille de route pour la nouvelle transition en cours. Tout le monde demande la nomination d’un gouvernement et la fixation de dates pour la fin des mesures exceptionnelles. Les gouvernements étrangers, notamment la France et les Etats-Unis, ont également appelé à la formation d’un gouvernement rappelant qu’il est nécessaire pour résoudre les problèmes socio-économiques et financiers de la Tunisie. La société civile et les partis politiques ont averti des risques de dérives totalitaires. Ils appellent à s’attacher à la Constitution.

L’unique réponse indirecte du Président Saïed fut de préciser dans le communiqué accompagnant le Décret 117 du 22 Septembre, que le préambule et les chapitres I et II de la Constitution sont encore considérés comme des références dans la gestion de l’Etat. Il s’agit des principes généraux (I) et des Droits et Libertés (II). Des messages signifiant que le Président Saïed veut transmettre son attachement aux principes fondamentaux de la République dont, notamment, l’Etat au service du peuple, ainsi que l’égalité et les divers autres principes des Droits humains. Ce clin d’œil de la Présidence tunisienne attend confirmation dans un calendrier de mesures, commençant par la nomination d’un chef de gouvernement et l’entame des démarches pour mettre à jour la gouvernance qualifiée de catastrophique par tout le monde, ex-gouvernants en tête. Le peuple tunisien vit une renaissance de ses espoirs. Mais le tableau n’est pas encore limpide pour commencer à voir les résultats.

Mourad Sellami


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