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L’Onu à propos de l’embargo sur les armes en Libye : «C’est une plaisanterie, il faut intervenir en urgence»

17 février 2020 à 9 h 32 min

Les représentants d’une douzaine de pays, soutenant l’un ou l’autre des deux camps impliqués dans le conflit libyen, se sont retrouvés en marge de la conférence sur la sécurité de Munich pour faire le point sur les avancées de la réunion du 19 janvier à Berlin sur la Libye.

Une réunion censée remettre sur les rails le processus de paix dans ce pays en guerre depuis 2011. Et le moins que l’on puisse dire est que le constat est très inquiétant.

Les premiers à avoir tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme sont les responsables de l’ONU. «L’embargo sur les armes est devenu une plaisanterie, nous devons tous vraiment intervenir ici», a déclaré, hier à ce propos, la représentante spéciale adjointe des Nations unies en Libye, Stephanie Williams, lors d’une conférence de presse à Munich. «C’est compliqué parce qu’il y a des violations par terre, mer et air. Cela doit être surveillé et il doit y avoir une responsabilité», a indiqué la responsable selon l’agence Reuters qui rapporte l’information. Et d’ajouter : «La trêve ne tient qu’à un fil avec de nombreuses violations – plus de 150 – recensées, le peuple libyen continue de souffrir, la situation économique continue de se détériorer, exacerbée par le blocus des installations pétrolières.»

Les principaux pays concernés par le conflit avaient pourtant promis lors de la conférence de Berlin de respecter l’embargo sur les armes et de ne plus interférer dans les affaires intérieures de la Libye. L’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, mène depuis avril 2019 une offensive contre Tripoli, où siège le gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez Al Sarraj, reconnu par la communauté internationale.

Son but, renverser le GNA et prendre le pouvoir par les armes. D’après l’ONU, les affrontements ont causé la mort de plus de 1000 personnes, tandis que 140 000 ont été déplacées. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a évoqué, à l’occasion, la prochaine reprise du dialogue politique entre les parties au conflit, attendue le 26 février, après deux ans d’interruption.

Il s’est félicité en outre de la poursuite, demain à Genève, des discussions de la commission militaire conjointe GNA/pro-Haftar créée pour aboutir à «un cessez-le-feu permanent». «Tout cela montre que la voie que nous avons ouverte à Berlin fonctionne même si nous ne sommes pas encore à l’objectif escompté sur tout», a-t-il assuré.

Heiko Maas a également insisté sur la nécessité pour les Européens, qui doivent se consulter aujourd’hui sur les moyens de faire respecter l’embargo, de veiller à ce qu’il soit respecté «à la fois sur mer, terre et dans les airs». «Sinon une partie sera avantagée au détriment de l’autre», a-t-il averti, alors que l’UE veut réactiver l’opération navale Sophia pour contrôler l’embargo.

Son homologue italien, Luigi Di Maio, a déploré pour sa part «le décalage persistant entre la rhétorique diplomatique et les comportements et les faits sur le terrain». «Malheureusement (…), l’histoire qui se déroule en ce moment en Libye diverge profondément de celle écrite à Berlin», a-t-il lancé.

Le chef de la diplomatie italienne a visé juste, car les bombardements contre Tripoli n’ont pas cessé. Et pour Khalifa Haftar, il n’est pas question de rentrer bredouille à Benghazi.


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