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Retrait des troupes étrangères de Libye

Libyens et puissances étrangères se limitent aux slogans

13 juin 2021 à 10 h 20 min

Près de 20 000 étrangers armés en Libye, selon la délégation de l’ONU. Un nouveau pouvoir libyen hésitant à aborder cette grave problématique. Libyens et étrangers tournent autour du pot, en attendant les élections générales du 24 décembre 2021.

Depuis sa désignation à la tête de la diplomatie libyenne, Najla Al Mengouche n’a cessé de réclamer avec force le départ de toutes les forces étrangères de Libye.

Elle a soulevé le problème aussi bien à l’étranger, notamment à Ankara, qu’à Tripoli à chaque fois que l’occasion se présente. Toutefois, les requêtes de Mme Al Mengouche n’ont jamais été relayées par les présidents El Menfi et Dbeïba, sauf en termes très timides disant que c’est un mal qui nuit profondément à la Libye et aux Libyens.

Le dossier du retrait des forces étrangères de Libye a été soulevé lors de la récente visite à Tripoli, jeudi dernier, du ministre d’Etat britannique pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, James Cleverly, qui a affirmé «approuver le retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères et mercenaires de Libye».

Cleverly a souligné, lors du point de presse tenu avec son homologue libyenne, Najla Al Mengouche, que «les Libyens ont maintenant une réelle opportunité d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de leur pays», en assurant que «la prochaine étape sera la tenue des élections en décembre».

Les propos du ministre britannique rejoignent ceux des ministres allemand, Heiko Maas, italien, Luigi di Maio, et français, Jean-Yves Le Drian, qui sont venus en Libye depuis avril dernier. Ils avaient alors assuré qu’il «est plus que temps» que ces forces étrangères quittent le pays.

Les ministres européens ont considéré que le retrait des mercenaires est d’une «importance centrale» pour permettre à la Libye de retrouver sa souveraineté, surtout que le pays est censé organiser des élections générales le 24 décembre 2021.

En abordant cette question de manque de réactivité du nouveau pouvoir libyen avec le politologue Ezzeddine Aguil, ce dernier privilégie la thèse que «les belligérants libyens et les chancelleries étrangères ont repoussé les questions litigieuses à la phase d’après les élections générales, prévues le 24 décembre prochain, tout en ayant des engagements fermes de la part des groupes armés pour qu’elles n’interviennent plus dans la rue». Aguil est toutefois prudent concernant les réactions de ces milices par rapport aux résultats des urnes.

«Il ne faut pas oublier que la guerre civile a été déclenchée durant l’été 2014 suite à la défaite des islamistes, toutes tendances confondues, aux élections de juin 2014», explique-t-il, en émettant des réserves sur «la discipline des groupes armés, habitués à tous les genres de revenus douteux, du racket à la contrebande, en passant par la facilitation de l’émigration clandestine». Aguil se permet même de douter de l’existence d’une volonté chez ces groupes de réintégrer les forces armées régulières.

Stabilité actuelle

Le nouveau pouvoir libyen n’a pas abordé les questions litigieuses des diverses troupes étrangères (Syriens, Turcs, Wagner, Soudanais, Tchadiens, etc.) basées en Libye, pour garder l’harmonie au sein de l’équipe dirigeante et ses bonnes relations avec tous les acteurs.

Même la question de l’ouverture des grands axes routiers, comme la grande route côtière Ouest-Est ou la route Syrte-Al Kofra, n’a pas encore été résolue, pour des raisons sécuritaires.

L’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, et ses services spéciaux ont peur de l’infiltration d’éléments suicidaires dans leur territoire. «Haftar et son armée ont passé trois années pour nettoyer l’Est libyen, notamment Benghazi et Derna, des réseaux terroristes et ils ne veulent pas que la mainmise sur la question sécuritaire leur échappe», selon le juge Jamel Bennour, ex-président du Conseil local de Benghazi en 2012/2013, qui ajoute que «l’approche disciplinée des académies militaires de Haftar n’est pas appliquée dans l’Ouest libyen où le milicien donne encore des ordres au militaire, comme en 2011».

Pour le juge Bennour et d’autres observateurs, les appels des ministres de l’Union européenne, des Britanniques ou Américains, ne trouveront pas d’échos chez les bailleurs de fonds des forces armées étrangères basées en Libye, qui veulent s’assurer des orientations du nouveau pouvoir libyen, notamment celui d’après les prochaines élections.

«S’il est vrai que Turcs et Qataris cherchent des voies de réconciliation avec Le Caire, Riyad et Abou Dhabi, cela ne veut pas systématiquement dire que les Frères musulmans libyens vont se résigner», avertit le juge Jamel Bennour, qui exprime sa crainte de l’après-prochaines élections. Néanmoins, «les Libyens sont condamnés à tourner la page», reconnaît-il. Et le plus tôt serait le mieux, espère-t-il.


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