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Liban : Les frustrations quotidiennes se déversent dans la rue

21 octobre 2019 à 9 h 00 min

Une des conséquences du mouvement de contestation : le parti des Forces libanaises (FL), allié de Hariri, a annoncé
la démission de ses quatre ministres. Il a sommé aussi le gouvernement de partir pour être remplacé par un cabinet
de technocrates «neutre».

Des milliers de Libanais sont descendus, hier, dans la rue au quatrième jour de la contestation pour réclamer le départ de la classe politique jugée inapte et corrompue, rapportent des médias. Le mouvement, qui a gagné de nombreuses villes, rassemble des ouvriers, des universitaires, des commerçants, des étudiants, des jeunes et des moins jeunes, et de toutes les confessions, n’a pas cessé depuis, jour et nuit.

De Tripoli et Akkar, dans le Nord, à Baalbeck à l’Est, en passant par de nombreuses localités côtières et jusqu’à Tyr et Saïda dans le Sud et le Chouf dans l’Est, les Libanais sont sortis pour exprimer leur ras-le-bol. Fait marquant, la contestation a gagné des fiefs du Hezbollah et du mouvement Amal, deux poids lourds de la politique libanaise.

Depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), la classe politique est inchangée. Elle est accusée d’affairisme, de corruption et de népotisme, cherchant à privilégier les mesures fiscales qui ne compromettent pas ses intérêts. En parallèle, les pénuries d’électricité et d’eau potable sont chroniques et les infrastructures du pays dégradées. Fermées depuis vendredi, les banques n’ouvriront pas non plus aujourd’hui, selon l’Agence nationale d’information libanaise (ANI).

Ce même jour aussi, expire l’ultimatum lancé par le Premier ministre, Saad Hariri, qui a donné vendredi 72 heures à sa coalition gouvernementale pour approuver ses réformes. «Nos partenaires au gouvernement doivent nous donner une réponse claire, définitive» pour montrer que «nous avons tous opté pour des réformes, sinon je tiendrais un tout autre discours dans un très court délai de 72 heures», a-t-il mis en garde dans son allocution télévisée.

Hier, il a indiqué sur son compte Twitter qu’il n’a pas demandé aux ministres du parti de démissionner, selon des propos rapportés par l’ANI. De son côté, le ministre libanais de l’Industrie, Waël Bou Faour, du Parti socialiste progressiste (PSP) de Walid Joumblat, a annoncé hier que lui et ses collègues issus de cette formation resteront au sein du gouvernement Hariri «temporairement et sous conditions».

Fissure

La coalition est dominée par le camp du président Michel Aoun et de ses alliés, dont le Hezbollah, opposé à une démission. Allié de Hariri, le parti des Forces libanaises (FL) a lui annoncé, samedi, la démission de ses quatre ministres. Il a soutenu que toute la classe politique doit partir. «Nous sommes convaincus que le gouvernement n’est pas en mesure de prendre les mesures nécessaires pour sauver la situation», a déclaré le chef des FL, Samir Geagea.

«C’est pourquoi le bloc (parlementaire) a décidé de demander à ses ministres de démissionner», a-t-il ajouté. Hier, il a estimé, dans un entretien télévisé sur la télévision Al Jadeed, que «si le gouvernement ne démissionne pas, ce serait une grave erreur».

Il a souligné «attendre que les ministres du Parti socialiste progressiste présentent également leur démission». «Le gouvernement a entre les mains la meilleure feuille de route économique possible, mais ils n’arriveront à rien», a-t-il soutenu, appelant à la formation d’un cabinet de technocrates «neutre» par rapport à la majorité ministérielle et législative actuelle.

Le mouvement de contestation populaire s’est déclenché jeudi après l’annonce de la décision du gouvernement de taxer les appels effectués via les applications de messagerie internet, comme WhatsApp, ajoutant que cette mesure rapporterait à l’Etat 200 millions de dollars par an. A partir de janvier 2020, les usagers seraient facturés, 20 centimes de dollar (18 centimes d’euro) pour chaque appel effectué via des services tels que WhatsApp et Viber. Mais la décision a été aussitôt annulée.

Le pays du Cèdres s’est engagé en 2018 à engager des réformes en contrepartie de promesses de prêts et de dons d’un montant total de 11,6 milliards de dollars.

Sa dette publique est évaluée à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB. Le pays est classé 138e sur 180 dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. Plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. Approuvée mercredi par le gouvernement, la mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2020.


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