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Liban : En colère, la rue réclame la tête de Saad Hariri

19 octobre 2019 à 9 h 05 min

Ces dernières semaines, la tension est montée au Liban sur fond d’aggravation de la situation économique.

Le gouvernement de Saad Hariri était confronté hier à une importante protesta à cause d’une chute vertigineuse du pouvoir d’achat, des mauvaises conditions de vie et de la corruption qui gangrène le Liban.

Les manifestations à travers le pays ont été déclenchées par une décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie internet, à laquelle les autorités ont finalement renoncé sous la pression de la rue. Le syndicat des travailleurs de la Fonction publique a soutenu la protesta et des milliers de Libanais ont observé hier une grève générale.

Ces dernières semaines, la tension est montée au Liban sur fond d’aggravation de la situation économique, avec des craintes d’une dévaluation et d’une pénurie de dollars sur les marchés de change.

Le ras-le-bol vise la classe politique, accusée de corruption et d’affairisme dans un pays aux infrastructures en déliquescence et où les citoyens se plaignent de la cherté de la vie. Selon l’AFP qui rapporte l’information, c’est aux cris de «Révolution ! Révolution !» et «Le peuple veut la chute du régime !», que les Libanais, en grande majorité des jeunes, sont descendus dans la rue aussitôt après l’annonce, jeudi soir, d’une taxe sur les appels via les applications de messagerie en ligne, une mesure qui vise à générer des revenus pour l’Etat.

Des manifestants dans la capitale ont, selon la même source, bloqué de nombreuses routes dont celles menant à l’aéroport international de Beyrouth, brûlant des pneus et des bennes à ordures. De crainte d’un dérapage, le ministère de l’Education a annoncé la fermeture des écoles et des universités.

Les forces de sécurité ont été rapidement déployées. Près du siège du gouvernement dans le centre de la capitale, des heurts ont opposé également les forces de sécurité aux manifestants qui voulaient prendre d’assaut le bâtiment. Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Les manifestations nocturnes ont également eu lieu à Saïda dans le sud, dans Tripoli dans le nord, dans la vallée de la Békaa dans l’est et dans d’autres villes du pays. Plusieurs responsables parmi lesquels Walid Joumblatt ont appelé au départ du gouvernement Hariri.

La ministre de l’Intérieur, Raya Al Hassan, a prévenu dans un communiqué que «si ce gouvernement tombe, le gouvernement qui viendra n’aura pas de meilleures options». Hier matin, des manifestants sont à nouveau descendus dans la rue à Beyrouth et dans d’autres villes.

Le Liban connaît depuis plusieurs années une dégradation de son économie, souffrant relativement de la guerre en Syrie voisine, et dont les répercussions sont venues s’ajouter à une corruption endémique et des infrastructures en déliquescence. La dette publique culmine à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB, troisième taux le plus élevé au monde après le Japon et la Grèce.


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