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Conséquence de la crise syrienne

L’Europe à nouveau face à un afflux de migrants

04 mars 2020 à 9 h 02 min

De Bruxelles, Ankara veut obtenir davantage de soutien en Syrie.  Attendu demain à Moscou,
le président turc veut obtenir une trêve à Idleb.

L’Union européenne (UE) a dépêché, hier, ses plus hauts responsables en Turquie et en Grèce, au moment où l’inquiétude grandit face à un nouvel afflux de migrants à ses portes, après la décision d’Ankara d’ouvrir les frontières.

Ainsi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil, Charles Michel, et le dirigeant du Parlement européen, David Sassoli, étaient attendus hier en Grèce, près de la frontière turque.

Entre-temps, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, et le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarcic, ont entamé une visite de deux jours à Ankara pour des discussions «à haut niveau» sur la situation en Syrie.

De son côté, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a dénoncé hier une «attaque contre l’Union européenne et la Grèce». Comme il a estimé que «des êtres humains sont utilisés pour faire pression» sur l’Europe.

Un peu plus tard dans la journée, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a qualifié d’«inacceptable» le «chantage» de la Turquie, qui menace de laisser passer des millions de migrants vers l’Europe si elle n’obtient pas une aide de l’UE pour gérer le flux de réfugiés syriens.

«L’usage par la Turquie des migrants comme moyen de pression et de chantage sur l’Europe est absolument inacceptable», a-t-il déclaré, reprochant à Ankara «d’instrumentaliser les réfugiés et migrants déjà présents sur son territoire».

La situation à la frontière gréco-turque s’est fortement tendue ces derniers jours, avec des heurts entre policiers grecs et migrants.

Lundi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que «des millions» de migrants allaient «bientôt» submerger l’Europe, indiquant que chacun devra «prendre sa part du fardeau». Entre samedi et lundi soir, «24 203 tentatives d’entrées illégales ont été évitées, 183 personnes ont été arrêtées», selon le gouvernement grec.

Face à cette situation qu’elle qualifie d’«invasion», la Grèce a fait savoir hier qu’elle attend un «ferme soutien» de l’UE.

Athènes s’est placé dimanche en état d’alerte «maximale» pour protéger ses frontières face à l’afflux de milliers de migrants vers son territoire.

Lundi, la chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays a accueilli plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016, a dénoncé la pression «inacceptable» de la Turquie «sur le dos des réfugiés».

En 2016, L’UE et la Turquie ont signé un accord visant à empêcher les migrants d’atteindre l’Europe. Dans ce cadre, Bruxelles a promis à Ankara une aide de 6 milliards d’euros, dont 3,2 milliards ont été versés, a indiqué lundi un porte-parole de la chancelière allemande, Steffen Seibert.

Avec cette enveloppe, Ankara financera l’accueil des réfugiés, en particulier les Syriens, et empêchera qu’ils se dirigent vers l’UE.

La boîte de Pandore

La Turquie a ouvert vendredi ses frontières après la mort de 33 militaires turcs la veille dans des frappes aériennes à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Frappes attribuées par la Turquie au régime de Damas. De par cette mesure, elle compte faire pression sur l’Europe pour obtenir davantage de soutien en Syrie.

Elle a accueilli sur son sol quelque quatre millions de migrants et réfugiés, syriens pour la plupart, et redoute un nouvel afflux depuis Idleb, où plus de 900 000 personnes se sont réfugiées près de la frontière turque depuis trois mois, selon les Nations unies.

Erdogan est attendu demain à Moscou pour rencontrer son homologue russe, Vladimir Poutine, dont le pays appuie le régime de Damas.

Ankara espère obtenir à cette occasion une trêve. En dépit de leurs intérêts divergents dans ce conflit, Moscou et Ankara ont renforcé leur coopération ces dernières années. Mais la situation à Idleb a tendu leurs rapports.

Appuyé par Moscou, Damas mène depuis décembre une offensive pour reprendre la province d’Idleb, dernier bastion contrôlé par des rebelles, dont des groupes pro-turcs.

La province a connu durant le mois de février une forte tension marquée par des affrontements entre les forces turques et syriennes. Combats au cours desquels les troupes turques ont perdu, durant le mois dernier, 53 de ses soldats.

Le 12 février, Erdogan a accusé Moscou de prendre part au «massacre» de civils aux côtés des forces du régime à Idleb et dénonce les «promesses qui ne sont pas respectées». Moscou a reproché à Ankara de ne rien faire pour «neutraliser les terroristes à Idleb». De son côté, Damas qualifie d’«agression flagrante» la présence de forces turques sur son sol.


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