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Béji caïd Essebsi à propos de l'héritage entre l'Homme et la Femme

Les textes de la Constitution tunisienne stipulent l’égalité

14 août 2018 à 1 h 53 min

La classe politique et la société civile tunisiennes s’interrogeaient sur la manière selon laquelle le président Béji Caïd Essebsi allait sortir de l’imbroglio posé par le rapport de la Commission des libertés et de l’égalité (Colibe), notamment concernant l’égalité dans l’héritage.

Le président tunisien a commencé par rappeler, hier dans son discours à l’occasion de la Fête nationale de la femme, que l’article 2 de la Constitution stipule la civilité de l’État, alors que l’article 21 mentionne l’égalité entre les citoyennes et les citoyens. L’article 46 appelle même à renforcer les acquis de la femme : «L’État s’engage à protéger les droits acquis de la femme et veille à les consolider et les promouvoir.»

Dans son rôle

Répondant aux critiques de certains juristes qui disent que les domaines réservés au président de la République sont la Diplomatie et la Défense, Béji Caïd Essebsi a rappelé que l’article 72 de la Constitution lui recommande, en tant que chef de l’État, de «veiller au respect de la Constitution».

C’est en vertu de ces articles de la Constitution «civils et égalitaires» que le président de la République va proposer une loi amendant le code de statut personnel (CSP) en matière de succession. «L’égalité dans l’héritage sera donc la règle.

Ceux qui veulent appliquer la charia, peuvent écrire un testament recommandant d’accorder au mâle le double de la femme», a dit le président tunisien, en rappelant qu’il ne fait qu’appliquer la Constitution, approuvée par Ennahdha et la majorité de la classe politique en 2014. La Constitution insiste clairement sur l’égalité entre l’homme et la femme et appelle même à renforcer cette égalité.

Avec cette proposition, le président Béji Caïd Essebsi met toutes les composantes de la classe politique et la société civile en Tunisie devant leurs responsabilités. Il renvoie la Tunisie à la même situation que celle de l’été 2013 et le sit-in du Bardo.

C’était la veille de l’adoption de la Constitution, avec les débats identitaires qui avaient divisé le pays en deux clans : moderniste et conservateur. Laquelle situation a obligé la troïka gouvernante, avec Ennahdha en tête, à des compromis sur le texte de la Constitution, afin de se montrer modernistes. Mais, la Tunisie a vécu des manifestations d’imams réclamant le retour à la charia.

Et maintenant ?

Avec sa proposition, Béji Caïd Essebsi a réussi à déplacer le débat sur un terrain qu’Ennahdha et le reste du clan traditionnel n’attendaient pas, celui de la Constitution. Le président de la République oppose à Ennahdha et ses alliés la civilité de l’État, soulignée par l’article 2 de la Constitution.

BCE met également à l’épreuve l’affirmation des islamistes que leurs références religieuses sont devenues civiles. Le Président avait d’ailleurs affirmé, dans une interview sur le journal La Presse en mai dernier, avoir tenté, en vain, de transformer leur référentiel de celui d’un groupe religieux à celui d’un parti civil. Béji Caïd Essebsi revient donc à la charge, conscient qu’il est de l’importance de cette affirmation pour les islamistes, qui ne cessent d’essayer de «vendre» à l’Occident leur nouvelle identité civile.

La proposition du président de la République secoue également les gens de l’extrême gauche, qui ont déjà déploré le fait que la proposition ait mentionné la possibilité de répartir l’héritage de la chariaa, pour ceux qui le veulent. En réponse à ces critiques, le député Mustapha Ben Ahmed répond : «La loi actuelle offre à chacun cette possibilité de repartir son héritage comme il veut.

Le Président a juste voulu lancer une fleur à l’adresse de ceux qui se sentiraient lésés par l’équité.» Belle manœuvre donc, toujours selon le président du bloc nationaliste au Parlement, puisque BCE va obliger les députés du Front populaire à voter pour son amendement du CSP ou se montrer opposés à l’égalité entre l’homme et la femme.


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