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Sommet de l’association des nations de l’Asie du Sud-Est : Les tensions en mer de Chine méridionale au menu

10 septembre 2020 à 11 h 00 min

Le sommet des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) s’est ouvert hier à Hanoï, au Vietnam.

La rencontre se tient en visioconférence. L’escalade des tensions entre Washington et Pékin en mer de Chine méridionale dominera cette rencontre qui s’étend jusqu’à samedi. Le secrétaire américain, Mike Pompeo, et le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, doivent y prendre part.

La question de la péninsule coréenne figure également parmi les priorités de la réunion de l’Asean. Les pourparlers entre Pyongyang et Washington sur l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord sont au point mort depuis l’échec, l’an dernier, du sommet entre le leader Kim Jong-un et le président américain, Donald Trump. Les participants à la réunion de l’Asean vont aussi travailler sur la crise économique engendrée par la pandémie du coronavirus.

Washington et Pékin multiplient les manœuvres militaires en mer de Chine méridionale. La zone est revendiquée dans sa totalité par l’Empire du Milieu. Ce que contestent plusieurs pays voisins comme les Philippines, la Malaisie, Brunei, l’Indonésie, Singapour et le Vietnam qui veulent en contrôler certaines parties. Fin août, les Etats-Unis ont annoncé des sanctions à l’encontre d’entreprises et de responsables chinois accusés de contribuer à la «militarisation» de cette mer, en y installant des avant-postes sur ses îles.

Le chef de la diplomatie américaine a affirmé, le 13 juillet, que considérant les revendications territoriales de la Chine en mer de Chine méridionale comme «complètement illégales, de même que sa campagne d’intimidation pour les contrôler». Il a rappelé le jugement, en 2016, d’un tribunal de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, selon lequel la Chine n’a pas de base légale pour revendiquer des «droits historiques» sur cette zone. «La décision du tribunal arbitral est définitive et elle a force exécutoire pour les deux parties. Le monde ne permettra pas à la Chine de traiter la mer de Chine méridionale comme son empire maritime», a-t-il soutenu.

L’ambassade de Chine à Washington a répliqué en dénonçant, dans un communiqué, des «accusations totalement injustifiées». Du 1er au 5 juillet, des exercices militaires chinois autour des îles Paracels ont fait monter la tension. Washington a répondu en envoyant deux porte-avions sur place.

En mars, Pékin a installé deux «centres de recherche» sur deux récifs, transformés en îles artificielles, situés dans les îles Spratleys, dans une zone revendiquée par les Philippines et le Vietnam. Il y a construit, il y a quelques années, des pistes d’atterrissage pour des avions de chasse et des bombardiers.
Zones convoitées

La Chine fonde sa légitimité sur ces territoires sur des cartes remontant aux années 1940. Washington prône un règlement multilatéral de ces conflits. La vision de Pékin est plutôt favorable à des négociations bilatérales. Ces zones disputées sont désignées sous des appellations selon leur vision de la région : Pékin les appelle mer de Chine ; Hanoï mer de l’Est ; mer des Philippines occidentales pour Manille. En 1977, les Philippins ont tenté d’occuper l’île d’Utu Aba. L’épreuve a échoué face aux forces taïwanaises. Taipei se sent impliqué dans le conflit, même s’il n’est pas reconnu par la Chine, mais constitue, comme Manille, un des alliés des Etats-Unis dans la région. En 1983, c’est au tour de la Malaisie de soulever la question de sa souveraineté sur trois îles des Spartleys, puis récidive en 1986 pour prendre d’autres îles.

Le Vietnam proteste. En 1984, Brunei établit une zone exclusive de pêche sans pour autant la revendiquer. En avril 2001, un avion de reconnaissance de la marine américaine entre en collision avec un chasseur de la marine chinoise près de l’île de Hainan, une province de la Chine. D’où un grave incident diplomatique entre Washington et Pékin.

En mars 2009, le Pentagone accuse la Chine d’avoir harcelé l’Impeccable, un bâtiment scientifique non armé, opérant à environ 120 km au sud de l’île de Hainan, alors qu’il menait une opération de «routine». Pour Pékin, l’Impeccable a violé le droit chinois et la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, ratifiée par la Chine mais pas par les Etats-Unis. En avril 2012, des gardes-côtes philippins appréhendent huit bateaux de pêche chinois près du récif Scarborough. Pékin y déploie alors une partie de sa flotte et réaffirme sa souveraineté sur le récif. A l’occasion de sa visite à Manille, en novembre 2011, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a rappelé le traité de défense mutuelle de 1951 liant les deux pays.

Les relations entre Pékin et Washington sont en friction, notamment depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, dont le président américain, Donald Trump, attribue la responsabilité à l’absence de transparence des autorités chinoises. Les tensions, limitées jusque-là aux questions commerciales, se sont multipliées sur plusieurs questions, entre autres, Hong Kong, Taïwan, accusations d’espionnage industriel, droits des musulmans ouïghours. En juillet, le chef de la diplomatie américaine a appelé «le monde libre à triompher face à la nouvelle tyrannie» incarnée, selon lui, par la Chine communiste.

Il a décrit le consulat chinois à Houston comme «une plaque tournante de l’espionnage». «La Chine d’aujourd’hui est de plus en plus autoritaire à l’intérieur du pays, et plus agressive dans son hostilité face à la liberté partout ailleurs», a-t-il déclaré en Californie. 


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