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Bases militaires étrangères au Djibouti : Les shebab appellent à frapper «les intérêts américains et français»

29 mars 2021 à 10 h 25 min

Le chef des islamistes somaliens shebab Ahmed Diriye, a appelé à frapper«les intérêts américains et français» à Djibouti, a rapporté hier l’AFP citant dans une vidéo dudit chef diffusée samedi soir.

Dans cette vidéo, Ahmed Diriye, connu aussi sous le nom d’Ahmed Umar Abu Ubaidah, a fustigé le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999 et qui brigue un cinquième mandat, lors de la présidentielle du 9 avril. Il a accusé ce dernier d’avoir «transformé Djibouti en une base militaire d’où chaque guerre contre les musulmans en Afrique de l’Est est planifiée et exécutée». Ainsi, il a appelé les musulmans du pays à «faire des intérêts américains et français à Djibouti la priorité absolue de (leurs) cibles ».

Situé aux confins de l’Afrique et de la péninsule arabique, face au détroit de Bab Al-Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, cette ancienne colonie française abrite de nombreuses bases militaires étrangères. Elle accueille l’un des plus gros contingents français en Afrique (environ 1.500 militaires). la base américaine permanente en Afrique (4.000 soldats), à partir de laquelle sont lancées des opérations antiterroristes, notamment en Somalie. Le Japon et l’Italie y sont également présents. La Chine y a ouvert en 2017 une base militaire et un port. Djibouti fournit un contingent à la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), qui y combat les islamistes shebab. En mai 2014, un commando suicide a attaqué un restaurant prisé des étrangers à Djibouti, faisant un mort, et au moins une vingtaine de blessés.

Le chancre

Après la chute du dictateur Syad Barre en janvier 1991, la Somalie a connu un vide politique qui a permis aux islamistes, entre autres, d’émerger. Le Somaliland a proclamé son indépendance en 1991. A l’initiative des Etat-unis, est lancée à Mogadiscio en 1992 l’opération militaire « Restore hope» mais se solde par un échec. D’où le retrait en 1995 des troupes engagées par Washington et des contingents de l’ Opération des Nations unies en Somalie (ONU SOM). En 1998, le Puntland, dans le nord-est du pays, déclare son autonomie de Mogadiscio. Suit le Jubaland, zone frontalière du Kenya et de l’Ethiopie.Mis sur pied en 2004, le gouvernement fédéral transitoire (GFT) n’arrive pas à rétablir la stabilité dans le Sud et, de surcroît, il est confronté à l’insurrection des islamistes des shebab.

Entre 2004 et 2006, ce groupe se rapproche de l’Union des tribunaux islamiques (UTI).Après l’intervention éthiopienne contre l’UTI, en décembre 2006, les shebab deviennent un véritable groupe à l’idéologie et une organisation propres, et le groupe insurrectionnel dominant du pays. Son objectif est alors d’amener les troupes étrangères à se retirer de la Somalie, de renverser le GFT et d’imposer un régime islamiste régi par la charia. Et pourquoi pas, créer un émirat.Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions mais pas leurs capacités de nuisance. Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2013 une opération menée par un commando français au sud de la Somalie contre une cellule des shebab retenant en otage un agent français de la DGSE s’est soldée par un échec. Ils peuvent même agir dans les pays voisins.

En septembre 2013 un attentat meurtrier frappe un centre commercial de Nairobi. Il est revendiqué par les shabeb en représailles de l’intervention des forces kenyanes en octobre 2011 en Somalie.


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