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AFFAIRE SAMUEL PATY, L’ENSEIGNANT ASSASSINé EN FRANCE

Les réseaux islamistes dans le viseur des enquêteurs

20 octobre 2020 à 10 h 39 min

La France est encore sous le choc suite à l’atroce exécution de Samuel Paty, professeur d’histoire-géo dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, en région parisienne, le vendredi 16 octobre, par le dénommé Abdoullakh Abouyezidvitch, un jeune homme de 18 ans d’origine tchétchène.

Pour rappel, Samuel Paty a été décapité près du collège où il enseignait. Il avait 47 ans. Selon Gerald Darmanin, le ministre français de l’Intérieur, l’enseignant «a été victime d’une ‘‘fatwa’’, pour avoir montré des caricatures de Mahomet», lors d’un cours sur la liberté d’expression.

Alors que cet acte terroriste continue de susciter émotion et indignation, les autorités françaises ont lancé ce lundi une vaste opération de police dans les milieux islamistes. L’opération a ciblé des «dizaines d’individus» qui n’ont pas un «lien forcément avec l’enquête», et à qui le gouvernement a «manifestement envie de faire passer un message», a prévenu M. Darmanin lors de son passage hier sur Europe 1.

15 personnes en garde à vue

Les individus ciblés par cette offensive sont «des personnes connues des services de renseignement pour des prêches radicaux et des messages de haine sur les réseaux sociaux», rapporte l’AFP. Jusqu’à hier soir, 15 personnes en tout dont 4 collégiens, ont été placées en garde à vue dans le cadre de «l’enquête antiterroriste» sur l’assassinat de Samuel Paty, précise l’agence de presse française.

A ce stade de l’enquête, les services antiterroristes s’emploient surtout à rechercher d’éventuels complices de l’assaillant qui a été, rappelle-t-on, abattu peu après son crime «de neuf balles par la police». «Selon une source proche du dossier, l’enseignant assassiné a été «désigné» à l’assaillant, Abdoullakh Anzarov, un Russe Tchétchène de 18 ans, «par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération».

Les gardes à vue ont commencé vendredi et ont visé en premier lieu «l’entourage familial, avec les parents, le grand-père et le petit frère de l’assaillant, interpellés à Evreux (nord-ouest)» indique l’AFP. «Est également questionné le père de l’élève qui avait appelé à une mobilisation contre l’enseignant.

Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes, en région parisienne. L’homme qui l’avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé sa fille dans une vidéo, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000, ainsi que sa compagne, le sont également». «Enfin, trois personnes ayant été en contact avec l’agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d’Evreux vendredi soir, sont aussi en garde à vue», complète l’AFP.

Des ONG musulmanes menacées de dissolution

Ce dimanche, le président Emmanuel Macron a réuni un Conseil de défense où il a martelé : «La peur va changer de camp». «Les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquilles dans notre pays», a-t-il également déclaré. «A l’issue de deux heures et demie de réunion avec le Premier ministre Jean Castex, cinq ministres ainsi que le procureur anti-terroriste Jean-François Richard, le chef de l’Etat a annoncé un ‘‘plan d’action’’ contre ‘‘les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés’’ et qui propagent des appels à la haine», affirme l’AFP. «Le chef de l’Etat a ordonné des ‘‘actions concrètes’’, rapides contre la propagande islamiste radicale en ligne» et «a demandé qu’on passe rapidement à l’action et qu’on ne laisse aucun répit à ceux qui s’organisent pour s’opposer à l’ordre républicain».

Il a été annoncé dans la foulée qu’«une liste d’associations feront l’objet de ‘‘mesures appropriées’’ après contrôles, en attendant un projet de loi contre l’islam radical qui doit étendre les motifs de dissolution d’associations». Autre décision : le président français est résolu à sévir contre ceux qui ont soutenu l’assassinat de Samuel Paty sur les réseaux sociaux. «Depuis vendredi, Pharos (la plateforme de signalement) a identifié 80 messages qui soutiennent l’action de l’agresseur. Ils donneront lieu dès ce lundi (hier, ndlr) à des procédures diligentées par la police ou la gendarmerie», comme des convocations ou des perquisitions à domicile.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a d’ores et déjà ordonné l’expulsion de 231 personnes «fichées S», inscrites au «Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste» (FSPRT).

Le premier flic de France a indiqué, en outre, que 51 associations soupçonnées être proches de la mouvance islamiste «verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l’Etat et plusieurs d’entre elles (…) se verront dissoudre en Conseil des ministres». Dans le viseur des autorités françaises figure notamment le CCIF : le Collectif contre l’islamophobie en France que M.Darmanin est décidé à dissoudre. «Un certain nombre d’éléments nous permettent de penser que c’est un ennemi de la République», a-t-il fait savoir, selon l’AFP.

Dans le viseur également du ministère français de l’Intérieur, une association caritative du nom de «Baraka City». Les deux organisations sont accusées de «proximité avec l’islam politique, voire l’extrémisme, ce qu’elles nient fermement», relève l’AFP.

Le CCIF a réagi sur sa page Facebook en postant ce message : «Malheureusement pour celles et ceux qui nous accusent d’avoir mené une campagne de harcèlement contre cet enseignant, cela est faux et constitue donc une diffamation d’une grande abjection». Et de souligner : «L’enseignant Samuel Paty fait partie de nos morts, des morts de notre pays, ceux qui sont les victimes de l’extrémisme, et avant d’en arriver à identifier les responsables, nous exprimons notre douleur et notre tristesse à la famille de cet enseignant, et celles et ceux qui lui ont été proches».

De son côté, Baraka City a rejeté fermement les accusations proférées contre elle en postant ce message sur les réseaux sociaux : «Couper les vivres de 2 millions de bénéficiaires dans le monde, des pauvres qui dépendent de nous. La folie s’empare du ministre de l’Intérieur qui, faute de ne rien trouver contre notre ONG, profite de l’émotion suscitée suite au drame de Conflans. Nous défendrons nos droits ! Votre soutien est précieux pour nos bénéficiaires et nos infrastructures.»

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