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Crise politique au Mali : Les pays voisins appellent au retour des civils au pouvoir

29 août 2020 à 9 h 45 min

La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a appelé hier, lors du sommet extraordinaire consacré au Mali, au retour au pouvoir des civils après le coup d’Etat qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, rapporte l’AFP.

Le chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, président en exercice de la Cédéao, a défendu le principe général des sanctions contre les putschistes en ouvrant les travaux de ce deuxième sommet extraordinaire virtuel des dirigeants ouest-africains, dix jours après le coup d’Etat. «Pour un pays, le putschisme est une grave maladie.

Pour en guérir, une seule ordonnance : les sanctions», a affirmé Mahamadou Issoufou à Niamey. La junte «refuse de regagner les casernes alors que le pays est en guerre, ce qui exige, plus que jamais, que l’armée se concentre sur sa mission traditionnelle», a-t-il indiqué en faisant référence à la propagation djihadiste. L’ennemi cherche justement «à exploiter le vide institutionnel actuel», a-t-il observé. Un groupe d’officiers a renversé le 18 août le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, à la tête de ce pays depuis 2013 qui s’enfonce depuis des années dans la crise sécuritaire, économique et politique.

Le président Keïta a le soutien de la communauté internationale et de la Cédéao. Mais il fait face à une contestation grandissante nourrie par son incapacité à faire face aux violences djihadistes et intercommunautaires, un profond marasme économique et social et le sentiment répandu de corruption endémique du pouvoir. Les militaires ont déposé le Président, accomplissant le vœu d’un mouvement de contestation hétéroclite, qui réclame dans la rue sa démission depuis des législatives contestées en mars-avril.

Lors d’un premier sommet par vidéoconférence le 20 août, la Cédéo a dénié toute légitimité aux putschistes, suspendu le Mali de ses organes de décision, ordonné la fermeture des frontières de ses Etats membres avec le Mali et stoppé tous les flux financiers et commerciaux. Cet embargo préoccupe les nouveaux maîtres de Bamako. Ces derniers ont promis de restituer le pouvoir aux civils.

Ils ont manifesté leur volonté de compromis auprès de la mission de médiation dépêchée par la Cédéao au Mali de samedi à lundi. Ils ont accédé à la demande de la Cédéao et ont laissé ses émissaires rencontrer le Président déchu. Jeudi, veille du sommet, la junte a annoncé l’avoir libéré. Le rétablissement du président Keïta dans ses fonctions, exigence initiale de la Cédéao, n’est plus d’actualité.

Le président en exercice de l’organisation a acté hier que, selon les propos que Keïta a tenus à la mission de médiation, il a démissionné de son plein gré. Mais la transition devant ramener les civils au pouvoir, sa durée et l’identité de celui qui la dirigera partage la Cédéao et la junte. La «transition ne saurait dépasser 12 mois», selon le rapport de la mission de la Cédéao, alors que la junte souhaitait initialement trois ans.

Elle en propose deux à présent. Pas question non plus pour les pays ouest-africains que cette transition soit conduite par un militaire en exercice. «Si nous pouvons considérer que la question de la libération» du président Keïta «est résolue, il n’en est pas de même pour celle du retour à l’ordre constitutionnel qui suppose que tous les militaires regagnent les casernes», a affirmé le président en exercice de la Cédéao.

Les putschistes soutenus par l’opposition et la population

La Cédéao a déclaré, le 20 août, dénier toute légitimité aux putschistes. Plusieurs organisations internationales, dont la Cédéao, l’Union africaine et l’Organisation internationale de la francophonie, ont suspendu le Mali de leurs instances depuis le coup d’Etat. Mercredi, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui s’est mobilisé pendant des semaines contre le président Keïta, s’est dit disposé, mercredi, à «accompagner» la junte dans le processus de transition devant rendre le pouvoir aux civils.

Ce même jour, la junte a reçu pour la première fois le M5-RFP, coalition hétéroclite composée d’opposants politiques, de chefs religieux et de membres de la société civile. «Il doit être acté que les deux acteurs majeurs de la transition pour le changement tant attendu par le peuple malien» sont le M5-RFP et le Comité national pour le salut du peuple, mis sur pied par les militaires pour gouverner, a déclaré le président du comité stratégique du M5-RFP, Choguel Maïga, après la rencontre. «Nous sommes disponibles pour accompagner ce processus» de transition, a confirmé Issa Kaou Djim, un proche de l’imam conservateur Mahmoud Dicko, figure la plus influente du M5-RFP. L’entrevue, présentée comme une prise de contact, s’est déroulée dans les locaux de l’état-major du camp de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, devenu le quartier général du nouveau pouvoir.

Elle doit être suivie d’une autre aujourd’hui, en présence du chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, absent mercredi, selon des participants. Des milliers de partisans de l’opposition ont acclamé le 21 août les militaires à Bamako.

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