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CRISE MIGRATOIRE EN AFRIQUE

Les Nations unies dénoncent le calvaire des candidats à l’exil

30 juillet 2020 à 9 h 23 min

Des milliers de réfugiés et de migrants périssent, tandis que beaucoup d’entre eux endurent d’extrêmes violations des droits humains au cours de leurs voyages irréguliers entre l’Afrique de l’Ouest et de l’Est et les côtes africaines de la Méditerranée.

C’est ce qu’ont indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et le Centre de recherche sur les migrations mixtes (MMC) du Conseil danois pour les réfugiés dans un rapport rendu public hier, relayés par des médias.

Intitulé «Personne ne se soucie de ta vie ou de ta mort en route», le rapport dénonce les brutalités et les barbaries vues ou endurées par la plupart des migrants et réfugiés durant leurs périples aux mains des passeurs, des trafiquants, des milices et parfois même de fonctionnaires durant les années 2018 et 2019. Selon ledit rapport, 1750 personnes au moins auraient perdu la vie lors de ces périples durant ces deux années, soit un minimum de 72 décès par mois. «Ce qui fait de cette route migratoire l’une des plus mortelles au monde pour les réfugiés et les migrants.»

Ces pertes en vies humaines s’ajoutent aux milliers d’autres personnes qui ont péri ou disparu au cours des dernières années lors de traversées désespérées de la Méditerranée pour rejoindre l’Europe depuis les côtes d’Afrique du Nord (plus de 1200 en 2019, selon l’Organisation internationale des migrations).

Près d’un tiers des migrants meurt en tentant de traverser le Sahara. Les autres périssent dans le sud de la Libye ou le long de la route ouest-africaine incluant Bamako au Mali et Agadez au Niger. L’arrivée en Libye, pays plongé dans le chaos depuis la chute du colonel El Gueddafi en 2011, est, pour ces migrants qui rêvent d’Europe l’avant-dernière étape d’un voyage marqué par les tueries, la torture, le travail forcé et les mauvais traitements. Les femmes mais aussi les hommes «risquent le viol et les abus sexuels», particulièrement aux check-points et aux frontières, ainsi que lors de la traversée du désert.

Quelque 31% des réfugiés interrogés ont été témoins ou ont subi des violences sexuelles dans plus d’un endroit tout au long de leur voyage. Les passeurs sont les principaux responsables de ces violences en Afrique du Nord et en Afrique de l’Est. En Afrique de l’Ouest, ce sont les forces de sécurité, les militaires ou la police, pour un quart des violences, selon le rapport. A leur arrivée en Libye, les migrants se retrouvent la plupart du temps aux mains de trafiquants et milices agissant en toute impunité. Beaucoup de ceux qui tentent la traversée vers l’Europe sont interceptés par les gardes-côtes libyens.

Plus de 6200 migrants ont été renvoyés vers les côtes libyennes en 2020, et sont souvent détenus arbitrairement dans des centres de détention officiels ou clandestins, selon le rapport. «Une action décisive et concertée doit être menée par les Etats de la région, avec le soutien de la communauté internationale, pour mettre fin à cette cruauté, protéger les victimes et juger les criminels», a déclaré le haut commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, cité dans le rapport. Bien que la plupart des informations et des statistiques pour 2020 soient toujours en cours de collecte, l’UNHCR et le MMC savent déjà qu’au moins 70 réfugiés et migrants ont péri en 2020, dont au moins 30 personnes ont été abattues par des passeurs à la fin mai.



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