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lundi, 08 mars, 2021
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Malgré les menaces de la junte militaire en Birmanie : Les manifestations contre le coup d’État continuent

23 février 2021 à 10 h 30 min

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues hier dans les rues de plusieurs villes birmanes pour dénoncer encore une fois le coup d’Etat militaire du 1er février et l’arrestation de l’ancienne cheffe du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, selon l’AFP.

La mobilisation ne faiblit pas malgré la mise en garde, la veille, de la junte militaire. «Les manifestants sont en train d’inciter les gens, notamment les adolescents et jeunes exaltés, à se lancer sur la voie de la confrontation où ils périront», ont averti dimanche soir les autorités dans un communiqué.

Le texte mettait en garde les manifestants contre la tentation d’inciter la population à «l’émeute et à l’anarchie». Néanmoins, des milliers de personnes ont aussi manifesté dans la capitale Naypyidaw. Des rassemblements ont également eu lieu dans les villes de Myitkyina (nord) et Dawei (sud). Nombre de marchés et magasins sont restés fermés à Rangoun et dans d’autres villes, après des appels à la grève générale pour amplifier le mouvement de désobéissance civile.

Dimanche, les Birmans ont rendu hommage à la première victime de la répression militaire, une jeune épicière devenue une icône de la résistance antijunte. Les funérailles de Mya Thwate Khaing, blessée par balles à la tête et décédée vendredi après 10 jours passés en soins intensifs, ont eu lieu dans la périphérie de Naypyidaw. Samedi, deux personnes ont péri à Mandalay quand la police a tiré sur la foule, et un homme de 30 ans a été tué à Rangoun.

Aux manifestations massives contre leur coup d’Etat, les militaires birmans ont répondu en renforçant progressivement le déploiement des forces de sécurité, et en ayant de plus en plus recours à la force pour disperser les protestataires. Ils ont même eu parfois recours aux tirs à balles réelles. Selon l’Association d’aide aux prisonniers politiques, 640 personnes ont été arrêtées depuis le putsch. Parmi les personnes ciblées, figurent notamment des cheminots, des fonctionnaires et des employés de banque, qui ont cessé de travailler par solidarité avec l’opposition à la junte.

L’escalade des tensions a provoqué de nouvelles condamnations internationales, qualifiées dimanche par le ministère birman des Affaires étrangères d’«ingérence flagrante» dans les affaires intérieures du pays. «Malgré les manifestations illégales, les incitations aux troubles et à la violence, les autorités (birmanes) font preuve de la plus grande retenue en ayant recours le moins possible à la force pour faire face aux perturbations», a affirmé le ministère dans un communiqué.

La domination des militaires

Ancienne colonie britannique, occupé par le Japon de 1942 à 1944, ce pays du Sud-Est asiatique a proclamé son indépendance en 1948. La même année, Sao Shwe Thaik est élu premier président de la Birmanie indépendante. Il aura deux successeurs, en 1952 et 1957. Mais l’armée domine l’échiquier politique du pays, empêchant l’édification d’un Etat-nation malgré les soulèvements populaires.

En 1962, le général Ne Win, commandant en chef de l’armée, prend le pouvoir par un coup d’Etat. En 1992, le général Saw Maung est renversé par un putsch du général Than Shwe.

En 2008, la junte publie un projet de Constitution qui doit être soumis à un référendum en mai. Il prévoit qu’un quart des sièges du Parlement soit réservé à des officiers désignés par l’armée et rend inéligible la cheffe de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Aung San Suu Kyi. En mai 2009, elle est arrêtée et jugée pour avoir, selon les autorités, enfreint les règles de son assignation à résidence.

En novembre 2010, elle est libérée après sept ans de résidence surveillée.

En 2011, la junte est officiellement dissoute. En décembre de la même année, La LND redevient légale et annonce sa participation aux prochaines élections. En visite à Rangoun, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton rencontre Aung San Suu Kyi.

En 2015, sont tenues les premières élections générales libres depuis 1990. En mars 2016, Htin Kyaw devient le premier président civil depuis 1988, et Aung San Suu Kyi est la figure tutélaire du nouveau gouvernement, mais les généraux conservent les ministères régaliens.

En novembre 2020, les Birmans sont de nouveau appelés aux urnes, élections sanctionnées par la victoire de la LND, qui a recueilli 83,2% des sièges et confirmé ainsi le pouvoir d’Aung San Suu Kyi. Cette victoire écrasante est vue comme une menace pour les militaires. Leur stratégie d’une démocratie sous contrôle est en train de s’effriter, car la LND veut changer la Constitution. Ce qui pourrait provoquer la mise à l’écart du pouvoir de l’armée.


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