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Les Libyens veulent consolider la paix et éviter de nouveaux affrontements

13 septembre 2018 à 23 h 06 min

Ghassan Salamé et Fayez Al Sarraj se sont réunis pour consolider l’accord de cessez-le-feu à Tripoli. Ils ont pour seul but : rétablir l’ordre suite aux violences sanglantes qu’a connues la Libye cette semaine.

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, qui s’est réuni avec le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union national libyen (GNA), Fayez Al Sarraj, et plusieurs chefs militaires et sécuritaires pour consolider l’accord de cessez-le-feu à Tripoli, signé le 4 septembre, envisageait hier de former une commission chargée d’appliquer cette accord.

Le responsable onusien n’a pas manqué de souligner que cette commission doit agir rapidement, pour mettre en place les nouvelles mesures sécuritaires dans la capitale et éviter de nouveaux affrontements. Cette commission a reçu l’accord de toutes les parties, sauf d’une seule, a ajouté M. Salamé sans toutefois donner plus de détails.

La Libye a connu une semaine des plus sanglantes suite à une vague de violences qui se poursuit dans la capitale libyenne, Tripoli, entre groupes armés, qui s’ajoute aux attaques terroristes du groupe autoproclamé Etat islamique, freinant les efforts de sortie de crise.

Le climat délétère complique la vie des habitants. Après les affrontements qui ont fait au moins 63 morts, fin août-début septembre, et l’attaque de l’EI contre le siège de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) lundi, des roquettes se sont abattues dans la nuit de mardi à mercredi près du seul aéroport de la capitale encore en service, heureusement sans faire de victimes.

Les services de sécurité libyens ont indiqué, lundi, que deux kamikazes avaient fait exploser leurs charges dans le bâtiment de la NOC, sans donner de précisions sur le sort du troisième assaillant. L’attentat a fait deux morts et dix blessés parmi le personnel de la compagnie, selon le ministère de la Santé. Il a visé un secteur stratégique et vital qui fournit à la Libye plus de 95% de ses revenus.

Le groupe terroriste autoproclamé Etat islamique a revendiqué, mardi, l’attaque-suicide contre le siège de la NOC, qui a fait deux morts, la veille à Tripoli, selon le centre américain de surveillance des groupes extrémistes, Site. L’attaque de la NOC intervient quatre mois après un attentat revendiqué aussi par l’EI contre la Haute commission électorale, qui avait fait 14 morts, à Tripoli.

A la suite des récents combats, un cessez-le-feu a été conclu entre groupes armés, le 4 septembre, sous l’égide de la mission de l’ONU en Libye (Manul), mais il reste fragile. Outre les roquettes dans le secteur de l’aéroport de Mitiga, des témoins ont fait état, dans la nuit de mardi à mercredi, d’une brève reprise des combats au sud de la capitale.

Affrontements

Ces incidents ont provoqué une nouvelle suspension des vols, moins de cinq jours après la réouverture de l’aéroport, déjà fermé fin août du fait des combats. Tous les vols ont été déroutés sur Misrata, à 200 km de la capitale, a annoncé l’Office de l’aviation civile. Des efforts sont faits pour la mise en place de mesures de sécurité à Tripoli.

Toutefois, le cessez-le-feu a été globalement respecté «depuis le 4 septembre», a déclaré mercredi le chef de la Manul, Ghassan Salamé, qui a quand même fait état de 14 violations de la trêve, observées par l’ONU. M. Salamé a ajouté sur un ton menaçant que l’ONU connaissait l’auteur des tirs de roquettes sur l’aéroport, sans toutefois le désigner.

Le gouvernement d’union nationale de Fayez Al Sarraj, reconnu par la communauté internationale, est basé à Tripoli. M. Salamé a précisé que le GNA avait formé une nouvelle commission chargée de mettre en place des mesures de sécurité à Tripoli, conformément à l’accord du cessez-le-feu, qui prévoit notamment la sortie des armes lourdes et des milices de la capitale.

«Certaines de ces mesures ont commencé à être appliquées et d’autres le seront dans les prochains jours», a-t-il ajouté sans autre précision. Depuis le 27 août, les combats entre groupes rivaux dans le sud de cette cité de plus de deux millions d’habitants ont fait au moins 63 morts et 159 blessés. Le réseau d’électricité a été endommagé, provoquant des coupures toujours plus longues — jusqu’à 24 heures.

Le secteur de l’eau, lui aussi, subit depuis une semaine des perturbations, incommodant encore plus une population déjà éprouvée par un été caniculaire. Il y a lieu de souligner que la récente détérioration de la situation sécuritaire compromet l’organisation d’une élection, qui n’a pas beaucoup de chance de se tenir dans ce contexte et qui est la seule manière, selon les analystes, de permettre au pays de sortir de la crise.

Mercredi, l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, a indiqué que son pays estimait «essentiel d’organiser des élections selon le calendrier agréé» en mai, à savoir «des élections législatives et présidentielle le 10 décembre», qui permettront, d’après Paris, de sortir du statu quo. «Il est plus que jamais essentiel d’avancer dans la transition démocratique en Libye», a souligné le diplomate lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux derniers développements en Libye.

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