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Les armes affluent vers Tripoli et Benghazi malgré l’embargo : Libye, une guerre par procuration ?

21 mai 2019 à 8 h 27 min

Le gouvernement d’union nationale (GNA), soutenu par les Nations unies et dirigé par le Premier ministre Fayez Al Sarraj, a reçu samedi une cargaison de véhicules blindés et d’armes en violation de l’embargo des Nations unies sur la Libye.

«Le GNA encourage ses forces à défendre Tripoli avec des véhicules blindés, des munitions et des armes de qualité», a déclaré la coalition pro-GNA sur l’une de ses pages Facebook, sans donner plus de détails sur le destinataire du matériel militaire. Mais des images et des vidéos postées par la coalition sur ses pages Facebook ont ​​montré ce qui semblait être des dizaines de véhicules blindés BMC Kirpi fabriqués en Turquie.

Presque au même moment, les hommes de Khalifa Haftar recevaient des blindés envoyés, semble-t-il, par la Jordanie.
C’est à la mission «Sophia» à qui il incombe, normalement, depuis 2016 de contribuer «à la mise en œuvre, en haute mer, de l’embargo des Nations unies sur les armes». Elle vient de voir d’ailleurs son mandat prolongé jusqu’en septembre 2019. Comment alors ces blindés ont-ils pu arriver à Tripoli alors que la Libye est officiellement sous embargo sur les armes depuis 2011 ? Y a-t-il eu négligence de la part des Européens ? En laissant des armes entrer en Libye, ne cherche-t-on pas un pourrissement de la situation ou à ouvrir la voie à une guerre par procuration, qui opposerait Ankara et Doha d’un côté et

Riyad, Le Caire et Abu Dhabi de l’autre ?

Difficile à dire. Une chose est certaine, ce n’est pas la première fois qu’une telle infraction se produit. Selon l’ONU, l’embargo a été régulièrement violé par différents groupes en Libye. Dès 2014, huit avions de combat Mig-21 d’occasion sont prélevés sur une base de l’armée de l’air égyptienne pour être transférés dans l’est de la Libye. Mais les choses se sont surtout accélérées en 2016.

Dans un article consacré hier au sujet, RFI, qui site une source des renseignements militaires, explique que «des réseaux complexes impliquant parfois des sociétés privées étrangères sont alors mis en place pour fournir du matériel militaire aux belligérants», avant d’ajouter que «ce soutien se fait aussi plus directement».

«Les Emirats arabes unis se déploient ainsi discrètement sur la base d’Al Khadim, entre Benghazi et Al Marj, dans l’est du pays. Des avions d’attaque légers AT 802, d’origine émirienne, mais vraisemblablement gérés par un opérateur privé, sont engagés pour le compte de la force du maréchal Haftar, désignée comme Armée nationale libyenne (LNA)», indique la même source, qui précise que la France et la Russie sont aussi impliquées dans le conflit aux côtés de Khalifa Haftar.

La livraison de cargaison d’armes turques de samedi est toutefois considérée comme la première violation de l’embargo des Nations unies qui a été affichée et documentée par des forces recevant un soutien militaire étranger.

Des experts de l’ONU enquêtent actuellement sur une possible implication militaire des Emirats dans le conflit en Libye, à la suite de tirs de missiles air-sol de type Blue Arrow en avril, avec des drones Wing Loong de fabrication chinoise équipant l’armée émiratie.

Dans son dernier rapport en septembre, le groupe d’experts de l’ONU avait déjà noté l’arrivée en Libye d’un «plus grand nombre de véhicules d’infanterie blindés et de pick-ups équipés de mitrailleuses lourdes, de canons sans recul, de mortiers et de lance-roquettes». Tous ces éléments accréditent l’idée que la bataille de Tripoli sera longue et sanglante.

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