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ALORS QUE LA LIBYE SE PRÉPARE pour LA PRÉSIDENTIELLE

L’émissaire onusien Jan Kubis démissionne

24 novembre 2021 à 10 h 05 min

L’émissaire de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la Libye, Jan Kubis, a démissionné de ses fonctions, ont annoncé hier des sources diplomatiques onusiennes, relayées par l’AFP. Décision qui intervient un mois avant une élection présidentielle libyenne.

«Kubis a démissionné», a indiqué un diplomate sous le couvert de l’anonymat, une information confirmée par plusieurs autres sources diplomatiques. Aucune raison officielle n’a été donnée jusque-là à cette soudaine démission, selon ces mêmes diplomates. Peut-être qu’il «sent qu’il n’a pas assez de soutien», a indiqué une source diplomatique.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est récemment divisé sur l’opportunité de reconfigurer la direction de la mission politique onusienne en Libye, plusieurs membres du Conseil réclamant que le poste d’émissaire soit redéployé de Genève à Tripoli. Selon des diplomates, Jan Kubis est réticent au transfert de son poste. Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat au service de communication de l’ONU.

Jan Kubis a pris ses fonctions de représentant spécial de l’ONU pour la Libye en janvier dernier.

Son retrait soudain du dossier libyen intervient au lendemain de la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle libyenne du 24 décembre. La Haute Commission électorale (HNEC) libyenne a annoncé hier que 98 candidats ont soumis leur dossier de candidat à la présidentielle. «La plateforme d’inscription des candidats a reçu les dossiers de 98 candidats et candidates ayant rempli les conditions et fourni les documents requis pour l’élection du chef de l’Etat», a déclaré Imad Al Sayeh, directeur de la HNEC. «La liste définitive des candidats sera publiée sous 12 jours, une fois que les vérifications, recours et appels auront été complétés», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Tripoli. La HNEC «transmettra les dossiers au procureur général, la Direction des passeports et de la nationalité et aux Renseignements généraux», pour s’assurer de la conformité des candidatures avec la loi électorale.

Parmi les candidats les plus en vue figurent notamment Seif Al Islam El Gueddafi, fils de l’ancien «Guide» Mouammar El Gueddafi, le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle de fait l’Est et une partie du Sud libyen, l’ex-ministre de l’Intérieur, Fathi Bachagha, le président du Parlement, Aguila Saleh, et le chef du gouvernement intérimaire, Abdelhamid Dbeibah. Deux femmes seulement se sont portées candidates : Laila Ben Khalifa, 46 ans, présidente et fondatrice du parti le Mouvement national, et Hounayda Al Mahdi, chercheuse en sciences sociales. Pour l’élection du chef d’Etat, premier scrutin au suffrage universel en Libye, le dépôt des candidatures s’est déroulé exclusivement dans trois bureaux de la Haute commission électorale : à Tripoli (ouest), Benghazi (est) et Sebha (sud).

Avec le scrutin législatif qui doit se tenir en janvier, ces élections, aboutissement d’un processus politique parrainé par l’ONU, sont censées tourner la page d’une décennie de chaos depuis la chute du régime d’El Gueddafi en 2011 et mettre fin aux divisions et aux luttes entre deux camps rivaux, l’un dans l’ouest du pays et l’autre dans l’Est.

Polémique

Cependant, la loi électorale, ratifiée sans vote par Aguila Saleh, proche du maréchal Khalifa Haftar, a suscité une vague de contestation, notamment dans l’ouest du pays. De son côté, le Premier ministre a attendu en vain des amendements de la loi de façon à pouvoir se présenter. Cela dit, il a fini par entrer en lice. Mais il a dénoncé une loi «taillée sur mesure pour le bénéfice de certaines personnes», lors d’un déplacement samedi à Zouara (ouest).

Le même jour, A. Saleh a rejeté des spéculations circulant à Tripoli sur de possibles changements qui pourraient être apportés à la loi électorale afin de permettre à des personnalités en fonction de se présenter. «Il y a une polémique qui n’a pas lieu d’être» autour de l’article 12 de la loi électorale, a-t-il souligné dans des déclarations aux médias locaux.

L’article 12 dispose que tout candidat à la présidentielle doit cesser ses fonctions trois mois avant le scrutin «pour qu’il n’utilise pas l’argent public à des fins de propagande électorale», a-t-il indiqué. Les règles juridiques sont «générales et abstraites» et ne sont «en aucun cas taillées sur mesure» pour quiconque. «La preuve est que la communauté internationale les a acceptées», a-t-il ajouté. «Il ne peut pas y avoir d’amendements», a soutenu A. Saleh, qui s’est mis en retrait du Parlement en septembre, quelques jours après que Haftar ait quitté ses fonctions militaires.

Vendredi, des manifestants à Tripoli et Misrata, à l’Ouest, ont dénoncé cette loi et la participation à l’élection présidentielle de «criminels de guerre», allusion à Seif Al Islam et au maréchal Haftar. Ce même jour, le président du Haut Conseil d’Etat (HCE), équivalant du Sénat, Khaled Al Mechri, a annoncé boycotter ces élections. «Je ne participerai pas au processus électoral. Ni comme électeur ni comme candidat», a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook. «Nous sommes conscients de la forte volonté chez tous les Libyens de vouloir changer les choses» à travers ces élections, a-t-il observé. Mais il a dénoncé des «lois électorales viciées».


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