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Législatives en Tunisie : Les problèmes commencent pour les islamistes d’Ennahdha

09 octobre 2019 à 9 h 00 min

Les islamistes d’Ennahdha ont gagné les élections législatives avec 47 députés sur les 217 de l’Assemblée. Leur mission s’annonce difficile pour former un gouvernement, vu l’émiettement dominant le paysage. Les autres formations politiques commencent à poser leurs conditions.

Avec les annonces progressives des résultats provisoires, il se confirme que le parti Qalb Tounes est derrière Ennahdha, avec 35 sièges. Sa position officielle n’est pas claire, concernant l’alliance avec les islamistes, surtout avec le maintien en détention de son président, Nabil Karoui.

Cinq autres formations, Courant démocratique, Alliance Al Karama, Parti destourien, Mouvement du peuple et Tahya Tounes, disposent de plus ou moins 20 sièges et commencent à poser leurs conditions pour d’éventuelles plateformes consensuelles. La mosaïque semble difficile à contrôler.

L’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) est en train de publier, progressivement, les résultats des diverses circonscriptions, confirmant, en gros, les tendances annoncées, depuis dimanche soir, par les instances de sondage. Les rectifications ont notamment concerné les sièges accordés aux plus forts restes, liés aux ratios électoraux de chaque circonscription.

Toutefois, comme la Tunisie clôturera son marathon électoral ce dimanche, avec le 2e tour de la présidentielle, entre les deux finalistes, Kaïs Saïed et Nabil Karoui, les partis politiques sont donc en phase d’attentisme et ne découvrent pas leurs cartes. Ainsi, le parti Tahya Tounes et Haraket Echaab ont déclaré avoir besoin de temps, avant de se prononcer sur les éventuelles alliances.

Attentisme

Néanmoins, et sans attendre l’évolution du cours des événements, tout le monde semble convaincu que le Parti destourien libre (PDL), de Abir Moussi, est foncièrement opposé à toute alliance avec les islamistes d’Ennahdha. Abir se place dans la continuité du régime de Ben Ali. Les observateurs croient dur comme fer que le PDL sera dans l’opposition, lors de la prochaine législature, puisque la tendance en vogue, c’est l’éveil révolutionnaire, représenté notamment par les populistes de l’alliance Al Karama «dignité et fidélité aux principes de la révolution».

D’ailleurs, Ennahdha s’est trouvé, ces derniers temps, dans l’obligation de re-révolutionner son discours, pour maintenir sa base, pas trop convaincue par l’alliance avec Nidaa Tounes, durant le précédent quinquennat. Du coup, cela renforce l’attitude réservée du PDL par rapport aux islamistes d’Ennahdha, voire leurs alliés d’Al Karama.

Abbou exigeant

Si l’attentisme est de mise parmi la classe politique, juste après les élections législatives, Mohamed Abbou, le président du Courant démocratique, est le seul à s’être exprimé, dès le soir des résultats, en annonçant son positionnement dans l’opposition. Abbou justifie sa position en se disant convaincu de «l’absence de volonté chez Ennahdha de lutter contre la corruption et d’épurer l’appareil de l’Etat».

Plusieurs observateurs et analystes ont, alors, accusé Abbou de fuir sa responsabilité et de se conforter dans la position d’opposant «saint, pur et dur». En réponse à ses détracteurs, Abbou a dit, dans une interview, avant-hier, sur la chaîne Al Hiwar, qu’il «souhaite bien appartenir au pouvoir.

Mais, pas en figurant». Il raconte comment il a quitté, en juillet 2012, le ministère de la Réforme administrative, dans le gouvernement Jebali, parce qu’il a voulu «s’attaquer aux réformes dans les marchés publics». «Ennahdha ne veut pas de réformes», avait-il alors compris et il avait claqué la porte. Pour le moment, convaincu que les islamistes d’Ennahdha n’ont pas évolué, Abbou a déclaré que le Courant démocratique se place dans l’opposition.

Néanmoins, pour ses amis qui lui demandent d’être positif, Abbou rappelle que l’appareil de l’Etat ne peut pas bien fonctionner sans une véritable lutte contre la corruption. Donc, «il est impératif de mettre des personnes de confiance dans les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Réforme administrative, en plus d’une personnalité indépendante, avec un caractère tenace, à la tête du gouvernement», propose-t-il, pour participer au gouvernement.

«Nous publierons la plateforme d’objectifs communs qui réunira ce gouvernement et nous ferons régulièrement des bilans», ajoute-t-il. Les observateurs s’interrogent si Abbou n’a pas mis la barre très haut. La voie de la formation du gouvernement n’est pas pavée de roses.


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