La conférence de Paris en soutien au processus électoral libyen : L’échéance du 24 décembre sera-t-elle respectée ? | El Watan
toggle menu
mardi, 27 septembre, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

La conférence de Paris en soutien au processus électoral libyen : L’échéance du 24 décembre sera-t-elle respectée ?

14 novembre 2021 à 10 h 23 min

La Conférence internationale pour la Libye, réunie à Paris vendredi, a soutenu la mise en œuvre d’un processus électoral défini et mené par les Libyens, sous l’égide des Nations unies, destiné à apporter une solution politique à la crise libyenne.

«Nous avons désormais un cadre et un calendrier électoral. La communauté internationale a apporté de façon unanime son soutien à ce calendrier et à l’organisation des élections à cette date (le 24 décembre, ndlr). La clé est maintenant dans le bon déroulement des travaux et dans le rôle que les autorités et les institutions libyennes auront dans les prochaines semaines pour permettre d’avoir un processus pleinement inclusif.» «Aussi bien l’Union arabe, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies ont marqué leur disponibilité pour aider au bon déroulement de ces élections avant, pendant et après», a souligné le président Macron lors d’une conférence de presse. Et d’ajouter que «ces avancées n’auraient pu être accomplies sans la relative stabilité qui prévaut depuis l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2020, et ce cadre que nous soutenons préserve aujourd’hui la Libye de la guerre et doit être intégralement appliqué»

«Le cessez-le-feu ne veut pas dire la paix et c’est pourquoi le deuxième grand débouché de cette conférence est le retrait des mercenaires étrangers»… «La Turquie, la Russie doivent aussi retirer sans délai leurs mercenaires et leurs forces militaires dont la présence menace la stabilité et la sécurité du pays et de toute la région.»

«La perspective des élections suscite le doute, voire l’opposition de tous ceux qui redoutent le changement démocratique et de tous ceux qui sont devenus des profiteurs de guerre. Nous devons donc rester mobilisés pour veiller à des élections libres, impartiales, transparentes. Les parties libyennes ont aussi pris l’engagement de reconnaître les résultats des élections quels qu’ils soient», a appuyé l’hôte de la Conférence de Paris.

Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed El Menfi, a affirmé pour sa part que «les conclusions de cette conférence onusienne sont à la hauteur des attentes du peuple libyen pour organiser des élections simultanées législatives et présidentielle prenant en compte de résoudre les quelques points qui posent problème pour permettre la participation de l’ensemble des parties et pour que tous les Libyens puissent en accepter les résultats».

Lui succédant au micro le Premier ministre libyen, Abdelhamid Dbeyba, a souligné qu’«aujourd’hui nous avons réaffirmé un certain nombre de points importants qui peuvent permettre l’organisation des élections dans des conditions acceptables pour tous». Et de déclarer qu’il faut «encourager les autorités législatives à amender la loi électorale pour qu’elle soit consensuelle, qu’elle garantisse l’inclusivité et l’équité, qu’elle garantisse la simultanéité des élections présidentielle et parlementaires sur la base d’un calendrier clair et connu par tout le peuple libyen. Pour garantir des opérations électorales sans distinction, il faudra pour cela un soutien politique et une observation internationale du processus électoral ; pour que de véritables garanties soient apportées pour l’acceptation des résultats des élections et sanctionner ceux qui les refuseraient ou essaieraient de les entraver».

Et en réponse à une question d’un journaliste libyen : «Si le processus électoral se déroule de manière honnête, consensuelle de la part de toutes les parties, je remettrai le pouvoir aux personnalités qui auront été choisies par le peuple libyen.»

Les engagements de la communauté internationale

La Conférence de Paris a insisté sur la mobilisation résolue de toutes les parties prenantes libyennes en faveur de l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres, régulières, inclusives et crédibles le 24 décembre 2021 et qu’elles acceptent les résultats de ces élections. Elle a, par ailleurs, exprimé son soutien au «plan d’action pour le retrait des mercenaires, des combattants étrangers et des forces étrangères du territoire libyen (…)» et demandé «instamment» au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu en Libye «d’adopter rapidement un plan permettant de contrôler et de vérifier la présence et le retrait de tous les mercenaires, combattants étrangers et forces étrangères».

La Turquie a toutefois émis une réserve sur le statut des «forces étrangères» présentes en Libye. La Conférence a également réaffirmé «la nécessité de combattre le terrorisme en Libye par tous les moyens, dans le respect de la Charte des Nations unies et du droit international».

Des préconisations ont été faites au plan économique, dont la réussite est conditionnée par l’émergence d’«autorités unifiées démocratiquement élues, responsables devant la population, attachées à la transparence et à l’unité, luttant contre la corruption et satisfaisant les besoins de la population dans toute la Libye constituerait un signal positif indiquant que les avoirs, une fois débloqués, seront gérés et utilisés pour favoriser la stabilité et le développement de la Libye, ainsi que la prospérité de sa population».

Le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme a été un autre volet qui a retenu l’attention des participants à la Conférence de Paris qui ont rappelé que «les autorités libyennes de transition et l’ensemble des acteurs en Libye ont l’obligation de respecter pleinement le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire, y compris les dispositions relatives à la protection des civils et des infrastructures civiles». «Nous appelons tous les acteurs libyens à respecter les droits économiques, sociaux et culturels ainsi que les libertés fondamentales, y compris la liberté de réunion et d’association et la liberté d’expression, et à reconnaître le rôle essentiel de la société civile pour garantir la légitimité du processus électoral», ont-ils ajouté.

La Conférence internationale pour la Libye de Paris était coprésidée par le président français, Emmanuel Macron, la chancelière allemande, le président du Conseil des ministres italien, le président du Conseil présidentiel de transition de Libye, le Premier ministre du gouvernement d’unité nationale de transition de Libye et le secrétaire général des Nations unies. Rappelons que l’Algérie était représentée par Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.

Nadjia Bouzeghrane

Lamamra réitère l’appel de l’Algérie pour le respect de la souveraineté de la Libye

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a réitéré vendredi l’appel de l’Algérie à l’adresse de toutes les parties étrangères à respecter la souveraineté de la Libye, son intégrité territoriale et l’indépendance de ses décisions. Dans une allocution lors des travaux de la Conférence internationale de Paris pour la Libye, M. Lamamra a fermement condamné la poursuite des ingérences étrangères, toutes formes confondues, dans les affaires internes de ce pays frère et l’implication de certaines parties étrangères dans la violation de l’embargo sur les armes, en dépit de leur engagement aux conclusions des deux conférences de Berlin et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. «La solution permanente, inclusive et définitive à la crise libyenne, telle que soulignée à maintes reprises par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ne saurait venir qu’à la faveur d’un processus consacrant le principe de l’appropriation nationale, un processus permettant aux frères libyens de s’acquitter d’un rôle éminent de leadership», a souligné le chef de la diplomatie algérienne. Sur cette base, l’Algérie a appuyé activement l’initiative de stabilisation de la Libye et salué la voie souveraine consacrée en matière de traitement des développements dans ce pays frère, a ajouté M. Lamamra. Rappelant l’approche des élections générales en Libye, prévues courant décembre prochain, M. Lamamra a insisté sur l’impératif respect de cette échéance libyo-libyenne par excellence, un rendez-vous devant consacrer la volonté et la souveraineté du peuple libyen, toute obédience confondue, et avec ses différentes composantes dans le choix de ses dirigeants et la construction de l’avenir de son pays sans pression ni diktat aucun. A. Z.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!