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vendredi, 27 novembre, 2020
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Le Soudan normalise ses relations avec Israël : La condamnation unanime des Palestiniens

25 octobre 2020 à 11 h 00 min

Comme l’avaient promis, récemment, le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, un nouveau pays arabe, le Soudan, est monté officiellement dans le train de la normalisation avec l’Etat hébreu.

L’annonce a été faite vendredi par le président Trump, à partir du bureau ovale à la Maison-Blanche, alors qu’il est en pleine campagne électorale pour un deuxième mandat à la tête de l’administration américaine. En présence de son ministre des Affaires étrangères, Mike Pompeo, et de son conseiller et gendre Jared Kushner, le président Trump qui lutte pour minimiser l’écart au niveau des sondages avec son rival démocrate Joe Biden, semblait fier de ce nouvel exploit dans sa politique étrangère.

Au téléphone sur haut-parleur avec son ami Benyamin Netanyahu et le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, il a reçu leurs remerciements et leurs éloges. Netanyahu était content pour ce qu’il a qualifié de «formidable revirement» et Hamdok était reconnaissant de voir son pays retiré de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Avant de clore cet événement hyper-médiatisé, Trump a tenu à affirmer qu’au moins cinq autres pays arabes vont se joindre au processus de normalisation avec Israël. «Nous nous attendons à ce que l’Arabie (royaume de l’Arabie Saoudite) soit l’un de ces pays», a dit le président américain.

Sachant que ce pays, la plus grande puissance du Golfe arabe, avait donné sa bénédiction aux Emirats arabes unis et au royaume du Bahreïn, les deux premiers pays membres de la Ligue arabe à monter dans le train de la normalisation en ouvrant son espace aérien aux avions israéliens qui se dirigeaient de Tel-Aviv vers Abu Dhabi et Manama, l’annonce de Donald Trump n’a pas représenté une grande surprise. L’accord de normalisation entre le Soudan et Israël a bénéficié de la bénédiction du président égyptien Abdelfattah Al Sissi.

Ce dernier s’est empressé de féliciter le président Trump, les dirigeants soudanais et israéliens. Il a salué les efforts conjoints des Etats-Unis, du Soudan et d’Israël concernant cette normalisation des relations. «J’apprécie tous les efforts visant à parvenir à la stabilité et à la paix dans la région», a tweeté le président égyptien. En 1979, l’Egypte avait été le premier pays arabe à nouer des relations diplomatiques avec Israël. Il va sans dire que les Emirats et Bahreïn se sont félicités également de ce nouvel accord.

La trahison des Arabes

La Direction palestinienne – qui a décidé de rompre ses relations avec Israël et son allié les Etats-Unis et refusé le plan du président Trump baptisé la «transaction du siècle» qui lui a été proposé comme solution du conflit avec l’Etat hébreu – a logiquement rejeté ce nouvel accord de normalisation entre un pays arabe et l’Etat hébreu, estimant qu’il se fait aux dépens du peuple palestinien et de sa juste cause. Ce qui se passe «est contraire aux décisions des sommets arabes, ainsi qu’à l’initiative de paix arabe approuvée par les sommets arabes et islamiques et par le Conseil de sécurité de l’ONU conformément à la résolution 1515 (adoptant la vision de la paix reposant sur la solution à deux Etats)».

La transaction du siècle ampute le tiers de la superficie de la Cisjordanie occupée au profit de la colonisation israélienne et ne laisse aux Palestiniens que des bantoustans isolés sans Al Qods, ni retour des réfugiés, ni aucune forme de souveraineté. Dans un communiqué publié vendredi soir, la Présidence a confirmé de nouveau que personne n’a le droit de parler au nom du peuple palestinien et de la cause palestinienne.

Il souligné que «la voie vers une paix globale et juste doit être fondée sur le droit international, les résolutions de la légitimité internationale et les références spécifiques, de manière à mettre fin à l’occupation israélienne des terres de l’Etat de Palestine, et à réaliser l’indépendance du peuple palestinien dans son Etat avec Al Qods Jérusalem-Est comme capitale, aux frontières de 1967».

La Présidence a ajouté que «les dirigeants palestiniens prendront les décisions nécessaires pour protéger les intérêts et les droits légitimes du peuple palestinien».Toutes les factions palestiniennes, à leur tête Fatah et Hamas, ont condamné cet accord entre le Soudan et Israël, perçu comme une trahison et un autre coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne, qui se retrouve lâchée par ses supports les plus proches.

Ce qui rend triste les Palestiniens, plus que les accords eux-mêmes que l’on pourrait expliquer par la situation économique cauchemardesque que vit actuellement le Soudan, les énormes pressions américaines sur ce pays et toutes les promesses de le faire sortir rapidement de sa crise, c’est cette tendance d’une certaine partie de l’opinion publique soudanaise et arabe à faire porter l’échec de la solution du conflit aux Palestiniens.

 

Ghaza
De notre correspondant  Farès Chahine

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