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L’ex-Swaziland secoué par de violentes manifestations en faveur de la démocratie : Le règne absolu du roi Msawati III face à une population démunie

05 juillet 2021 à 10 h 18 min

Plusieurs manifestations secouent le royaume d’Eswatini (ex-Swaziland) en Afrique centrale depuis fin juin. Les jeunes demandent plus de démocratie et dénoncent les violences policières. Régnant en maître absolu, le roi Msawati III vit dans l’extravagance et ne semble pas lier son destin à celui de son peuple.

Eswatini (anciennement appelé Swaziland) vit au rythme des manifestations pro-démocratie depuis la fin du mois de juin dernier.

La jeunesse de ce pays d’environ 1,3 million d’habitants a lâché le roi Msawati III, qui règne en monarque absolu sur ce royaume pauvre et sans grandes ressources, situé en Afrique australe.

Des rumeurs disent qu’il aurait fui vers l’Afrique du Sud voisin. Mais le gouvernement a démenti l’information, indiquant qu’il est toujours au pays qu’il «continue de gouverner».

La mèche de la révolte a été allumée par des élèves et des professeurs sortis protester contre l’assassinat attribué à des policiers de Thabani Nkokomonye, un étudiant en droit.

Plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère et réclamer une «démocratie multipartite, un Premier ministre élu et la fin de l’impunité», selon Amnesty International.

Les partis politiques interdits depuis 1973

Mais la réponse de la police fut violente lors de la dispersion des manifestants. Des militants de la société civile ont fait état de huit morts parmi les jeunes et de nombreux blessés.

Le gouvernement n’a pas confirmé ou infirmé ce bilan. Il a surtout procédé à la réduction du débit du réseau internet afin d’empêcher les jeunes de porter leur révolte sur les réseaux sociaux et d’informer le monde entier.

Situé entre le Mozambique et le Lesotho, l’Eswatini (ex-Swaziland) est un petit royaume où la misère se dispute à l’absence de réformes économiques et politiques. Le Roi règne en maître absolu, nomme et «dégomme» comme il veut son gouvernement.

Il contrôle le Parlement d’une main de fer. C’est un pays fermé à double tour et où les partis politiques sont interdits depuis 1973.

«Le système judiciaire est corrompu et des lois répressives ont été utilisées pour viser les organisations indépendantes et harceler les militants de la société civile», a résumé Human Rights Watch. «Au fil des années, il n’y a eu aucun progrès démocratique ni réforme des droits humains», poursuit l’ONG.

Deux tiers de la population vivent sous le seuil de la pauvreté

De son côté, le secrétaire général de l’Association des enseignants du pays, Sikelela Dlamini, a résumé l’exaspération de la population en estimant qu’elle «a le droit de demander la fin des brutalités policières et de vivre dans des conditions décentes».

A Eswatini, les deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté malgré quelques richesses dont dispose le pays, comme le tabac, le riz, le coton, le fer et le bois.

Mais le roi Msawati III, au lieu d’assurer un partage équitable des revenus du pays pour élever le niveau de vie de ses sujets, préfère plutôt les accaparer à lui tout seul et à sa famille pour mener une vie fastueuse et solitaire, loin des vicissitudes quotidiennes de ses concitoyens.

Son sport favori consiste à vider les caisses. Même les filiales de grandes entreprises internationales, telles que Coca-Cola par exemple, sont obligées de verser 51% de leurs parts au souverain pour obtenir des marchés. L’argent de la corruption est directement transféré sur un compte privé domicilié à l’étranger. Ces mêmes entreprises, si elles veulent prospérer dans ce pays, doivent aussi accepter de voir siéger au sein de leur conseil d’administration, un membre de la famille royale.

Une colonie britannique indépendante depuis 1968

Le Roi fait le beau et le mauvais temps. Et personne ne semble en mesure de stopper sa mégalomanie.

Son goût pour le luxe va même le pousser jusqu’à posséder 19 voitures de type Rolls-Royce et 120 BMW pour un total de 15 millions d’euros. Mswati III a ordonné la construction, en 2014, d’un aéroport international pour 140 millions d’euros, alors que les liaisons aériennes sont peu nombreuses et que les infrastructures routières manquent cruellement dans le pays.

Personnage excentrique, le roi Mswati III a déclaré être guéri de la Covid-19 grâce à un médicament antiviral envoyé par Taiwan. Il ne s’est pas vacciné, alors que son Premier ministre, Ambrose Dalmini, a été emporté par cette pandémie en décembre 2020 après plusieurs mois de soins dans un hôpital en Afrique du Sud.

C’est d’ailleurs de ce pays que toutes les marchandises arrivent. Et sans lui, Eswatini verrait son économie étouffée.

Ayant obtenu son indépendance des Britanniques en 1968, Eswatini s’est longtemps rêvé en destination touristique. Ses paysages montagneux et maritimes fantastiques attirent de nombreux touristes occidentaux.

Mais l’absence de la démocratie dans la gestion des affaires publiques et le pouvoir absolutiste du Roi ont écorné son image. Au point où l’Afrique du Sud, pourtant amie, lui demande de cesser les violences policières à l’encontre des populations. Idem pour Washington qui a demandé à ce que les citoyens manifestent pacifiquement pour défendre leurs droits.

Cela suffira-t-il à faire pression sur ce monarque qui règne sur un pays où l’espérance de vie ne dépasse pas 52 ans et où le taux du VIH est l’un des plus hauts au monde ? Rien n’est sûr.


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