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Lutte au sein de la famille royale en Jordanie : Le prince Hamza refuse d’obéir aux «ordres»

06 avril 2021 à 10 h 18 min

Accusé d’avoir comploté contre son demi-frère le roi Abdallah II, le prince jordanien Hamza a affirmé qu’il n’obéirait pas aux ordres, dans un enregistrement audio diffusé dans la nuit de dimanche à lundi sur Twitter.

«C’est sûr que je n’obéirai pas (aux ordres du chef d’état-major, le général Youssef Huneiti), quand il me dit que je ne suis pas autorisé à sortir, à tweeter, à communiquer avec les gens et que je suis seulement autorisé à voir ma famille», a-t-il indiqué dans cet enregistrement, où il s’adresse par téléphone à un interlocuteur, selon l’AFP.

Samedi, le chef d’état-major s’est rendu au domicile du prince Hamza pour lui demander de cesser «tous les mouvements et activités visant la sécurité et la stabilité de la Jordanie», mais la réunion s’est mal passée, a indiqué dimanche le vice-Premier ministre Aymane Safadi. «J’ai enregistré toute la conversation et je l’ai distribuée (…) Maintenant j’attends pour voir ce qui va arriver et ce qu’ils vont faire. Je ne veux pas bouger, car je ne veux pas aggraver la situation», a affirmé le prince dans son dernier enregistrement.

Samedi, le prince Hamza a annoncé avoir été «assigné à résidence» dans son palais à Amman. Dans une vidéo transmise à la BBC par son avocat, il a affirmé que le chef d’état-major de l’armée lui avait signifié qu’il n’est «pas autorisé à sortir» de chez lui. Il a nié avoir pris part à un complot, accusant les autorités jordaniennes de «corruption» et d’«incompétence».

Le vice-Premier ministre Ayman Safadi a déclaré le lendemain qu’au moins 16 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles deux personnalités, Bassem Awadallah, ancien ministre et conseiller du roi devenu conseiller du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, et Cherif Hassan Ben Zaid, membre de la famille royale, représentant spécial du royaume hachémite auprès du royaume saoudien.

Conformément au souhait de son père, décédé en 1999, Hamza a été nommé prince héritier lorsque Abdallah II est devenu roi. Mais, en 2004, le souverain lui a retiré ce titre pour le donner à son propre fils aîné, Hussein.

Le conflit au sein de la famille royale intervient alors que la Jordanie est confrontée à des difficultés économiques et sociales et à la pandémie de Covid-19. Le taux de chômage officiel dépasse 25%. Ce qui alimente la grogne sociale. En 2012, des milliers de Jordaniens protestent contre la hausse des prix de l’énergie et certains réclament le départ du Roi. En juin 2018, le pays est secoué par une vague de contestation contre un projet de réforme fiscale et une hausse des prix du carburant et de l’électricité. Le Premier ministre, Hani Mulqi, est contraint à la démission.

Dans une région en convulsion

Royaume sans ressources naturelles, allié des Etats-Unis, la Jordanie occupe une position stratégique dans cette région du Moyen-Orient en sempiternelle convulsion. En effet, elle partage les frontières avec Israël, la Cisjordanie, la Syrie, l’Irak et l’Arabie saoudite. En septembre 1970 (Septembre Noir), les troupes hachémites laminent l’insurrection des fedayine palestiniens en Jordanie, faisant plusieurs milliers de morts.
Le 26 octobre 1994, les Premiers ministres israélien Yitzhak Rabin et jordanien Abdel Salam Majali signent un traité de paix, tournant la page de 46 ans d’état de guerre.

Le royaume hachémite devient le second pays arabe à signer un traité de paix avec Israël, après l’Egypte en 1979. Le traité garantit à Israël la sécurité sur sa frontière la plus longue. L’accord assure aussi à Israël la sécurité sur sa frontière avec le royaume hachémite et jette les bases d’une coopération économique. Il reconnaît également «le rôle historique» de la Jordanie dans la gestion des lieux saints musulmans de Jérusalem. En février 2005, Israël achève l’évacuation des territoires jordaniens qu’il occupait, certains depuis 1948. En avril 2000, Le roi Abdallah II effectue sa première visite officielle en Israël.

En juillet 2010, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, effectue une visite surprise en Jordanie, alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas, Amman ayant fortement condamné l’intervention israélienne, fin mai, contre une flottille tentant de briser le blocus de la bande de Ghaza. En mars 2013, Abdallah II signe un accord avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, confirmant un accord verbal de 1924 instituant que le royaume hachémite est le gardien de tous les lieux saints musulmans de Jérusalem, dont l’esplanade des Mosquées.

Le 9 décembre, des représentants d’Israël, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne signent un accord visant à améliorer la répartition des ressources en eau et étudier les moyens de freiner l’assèchement de la mer Morte. En septembre 2014, les exploitants du champ de gaz naturel israélien Leviatan signent un protocole d’accord avec la Jordanie qui ferait d’Israël le principal fournisseur du royaume hachémite pour les 15 prochaines années.

En mars dernier, la Jordanie a annoncé un accord de défense avec les Etats-Unis qui favorise la liberté de mouvement des forces américaines, de


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