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Le Zimbabwe trois ans après la disparition de Robert Mugabe : Le président Mnangagwa annonce la chasse aux opposants

05 août 2020 à 9 h 30 min

Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a promis hier de «débusquer» ses opposants politiques, selon des médias. «Les pommes pourries qui ont tenté de diviser notre peuple et affaiblir notre système seront éliminées», a-t-il indiqué dans un discours à la nation. «Nous surmonterons les tentatives de quelques voyous, agissant avec des détracteurs étrangers, de déstabiliser notre société», a-t-il poursuivi.
Vendredi, les autorités ont interdit des manifestations pour protester contre la corruption et la crise économique dans le pays.

Plusieurs personnes ont été arrêtées, dont l’écrivaine zimbabwéenne Tsitsi Dangarembga, en lice pour le prestigieux prix littéraire britannique Booker Prize, remise en liberté sous caution le lendemain. L’Association zimbabwéenne des avocats pour les droits de l’homme a déclaré, hier, représenter une vingtaine de personnes arrêtées depuis la semaine dernière.

A la tête de la petite formation Transformer le Zimbabwe, l’opposant Jacob Ngarivhume a appelé à manifester, tout comme le journaliste et lanceur d’alerte Hopewell Chin’ono. Tous deux, arrêtés avant cette manifestation, sont encore en détention, accusés d’incitation publique à la violence.

Début mars dernier, les Etats-Unis ont prolongé d’un an leurs sanctions contre ce pays d’Afrique australe, à cause notamment des meurtres extrajudiciaires et viols commis par ses forces de sécurité. Depuis la chute en 2017 du président Robert Mugabe, le Zimbabwe «a eu de nombreuses occasions d’adopter des mesures pour engager le pays sur une voie constructive et une plus grande coopération avec les Etats-Unis», a expliqué le président américain, Donald Trump, dans un message adressé au Congrès.

Il a indiqué que le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa «a probablement accéléré l’oppression des voix critiques et la mauvaise gestion économique». En 2019, «les forces de sécurité ont commis des meurtres extrajudiciaires, des viols et des enlèvements supposés de nombreux dissidents», a observé le président américain. Des actions qui «sapent le processus démocratique» dans le pays.

Sombre situation

Washington maintient depuis près de vingt ans des sanctions contre quelque 100 personnes et entités juridiques zimbabwéennes, dont l’actuel président Mnangagwa, en réponse à la répression subie par les opposants. En octobre 2019, le Zimbabwe a accusé l’ambassadeur américain à Harare, Brian Nichols, de se comporter «en membre de l’opposition».

Le 27 juillet, le porte-parole du parti au pouvoir, Zimbabwe African national union-Patriotic Front (Zanu-PF), Patrick Chinamasa, a qualifié ce même diplomate de «voyou», affirmant qu’il a soutenu et entraîné des insurgés. «S’il continue à s’engager dans des actes pour miner cette République en mobilisant et finançant des troubles, en organisant la violence et en entraînant des insurgés, nos dirigeants n’hésiteront pas à lui demander de partir», a-t-il soutenu.

Successeur de Robert Mugabe à la tête du pays après un coup d’Etat en novembre 2017, le président Emmerson Mnangagwa a promis de relancer une économie en situation de crise. Crise traduite par une inflation galopante et des pénuries de nombreux produits de première nécessité.

Fin juillet, le Programme alimentaire (PAM) des Nations unies a prévenu : «D’ici la fin de l’année, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire au Zimbabwe atteindra 8,6 millions, soit le chiffre sidérant de 60% de la population», selon les projections du Programme alimentaire (PAM), qui a lancé un appel de fonds de 250 millions de dollars (213 millions d’euros) supplémentaires pour faire face aux besoins.

Le confinement en place pour tenter de ralentir la propagation de la Covid-19 «a précipité beaucoup de personnes dans le chômage dans les zones urbaines, tandis que la faim dans les zones rurales s’accélère, car des migrants non employés rentrent dans leur village, où l’absence de leurs apports financiers vitaux se fait profondément ressentir», selon l’agence onusienne. «Les paysans de subsistance qui représentent les trois-quarts de la population zimbabwéenne et fournissent l’essentiel de la nourriture» du pays «sont aussi touchés à cause de la troisième récolte successive victime de la sécheresse».

A cause de l’hyperinflation, le prix des produits de base «a augmenté bien au-delà des moyens de la plupart des Zimbabwéens». Ainsi, «un nombre croissant de familles désespérées mangent moins et vendent des biens précieux et s’endettent», selon le PAM.



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