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mercredi, 27 mars, 2019
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Le pays est surendetté et en état de faillite : La contestation sociale gagne le Zimbabwe

16 janvier 2019 à 9 h 10 min

La décision prise samedi par les autorités zimbabwéennes de doubler le prix du carburant a fini par mettre le feu aux poudres, les Zimbabwéens n’en pouvant plus de la cherté de la vie. C’est la goutte qui a fait déborder le vase.

Le Zimbabwe traverse, depuis des années, une grave crise économique et financière qui a provoqué une inflation galopante. La majorité de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. La situation du pays s’est encore aggravée ces derniers mois, provoquant des pénuries de nombreux produits de base, dont le pétrole.

Depuis lundi, le pays est agité par des manifestations contre la vie chère, dont certaines ont dégénéré en affrontements violents entre protestataires et forces de l’ordre. Selon l’opposition, trois personnes au moins ont été tuées. «Selon nos informations, deux personnes ont été tuées à Chitungwiza (au sud de la capitale Harare) et une autre à Kadoma (centre)», a déclaré hier à la presse le porte-parole du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Jacob Mafume. «Beaucoup d’autres ont été blessées, certaines gravement», a-t-il ajouté.

Lundi soir, le ministre de la Sécurité, Owen Ncube, avait indiqué que les troubles avaient «provoqué des pertes en vie humaine», sans les chiffrer. Plusieurs ONG ont affirmé que les forces de l’ordre ont ouvert le feu à balles réelles contre les manifestants.

Un haut responsable de la Zanu-PF, Goodwills Masimirembwa, a accusé par contre le MDC et des organisations de la société civile «de mobiliser des voyous pour bloquer les routes» et «piller des magasins». «Ce niveau de brutalité ne sera pas toléré», a-t-il prévenu. Mais le MDC a nié toute implication. «Les organisateurs (de la grève générale) sont la ZCTU», a-t-il expliqué, se disant néanmoins «solidaire» de cette action.

Les forces de l’ordre ont à nouveau usé de gaz lacrymogènes hier pour déloger des protestataires à Bulawayo. Harare, la capitale, était quant à elle complètement bouclée par l’armée. L’accès à internet a été également brouillé.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une mesure qui «n’est pas en adéquation avec le ‘‘Nouveau Zimbabwe’’» que le président Mnangagwa entend promouvoir. «Le prédateur de la liberté de la presse, Robert Mugabe, avait fait exactement la même chose en 2016», a rappelé RSF.

Avec la hausse de samedi, le Zimbabwe devient le pays où le prix du carburant est le plus cher au monde (3,31 dollars le litre d’essence). Ce qui est somme énorme pour un citoyen lambda.

Il faut savoir que le Zimbabwe fait partie des pays les plus pauvres de l’Afrique australe. Si le PIB/habitant, qui s’élevait à 490 dollars en 2008, s’est graduellement redressé pour atteindre 1150 dollars en 2017, les conditions de vie restent précaires : 154e rang sur 188 pays en termes d’IDH, plus de 20% de la population vivent avec moins de 1,9 dollar par jour.

Emmerson Mnangagwa s’était engagé à sortir le pays du marasme économique, mais c’est visiblement l’inverse qui se produit. Héritant d’un pays en faillite et surendetté, lui et son gouvernement sont pratiquement impuissants face une crise qui risque à tout moment de les emporter.

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