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Libye : Le Parlement pour une intervention de l’armée égyptienne en cas de menace

15 juillet 2020 à 9 h 49 min

L e Parlement basé dans l’est de la Libye qui appuie le maréchal Khalifa Haftar, a indiqué dans la nuit de lundi à mardi qu’il permettrait une éventuelle intervention de l’armée égyptienne contre la Turquie en Libye en cas de «menace», rapportent les médias citant un communiqué de ce Parlement. «Aux forces armées égyptiennes d’intervenir pour protéger la sécurité nationale libyenne et égyptienne, si elles voient une menace imminente pour la sécurité de nos deux pays», a indiqué dans un communiqué le Parlement élu en 2014, néanmoins divisé entre pro et anti-Haftar.

Une quarantaine de députés opposés à ce dernier sont partis pour Tripoli où ils ont élu un autre président de l’Assemblée. «Nous appelons à des efforts concertés entre les deux pays frères, la Libye et l’Egypte, pour assurer la défaite de l’occupant envahisseur (la Turquie) et préserver notre sécurité nationale commune», est-il soutenu dans le communiqué. Et d’ajouter : «Les dangers posés par l’occupation turque représentent une menace directe pour notre pays et pour les pays voisins, surtout pour l’Egypte», est-il relevé par la même voix.
Dans son discours du 20 juin le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a menacé d’intervenir directement en Libye, en réaction à une implication directe de la Turquie dans ce pays.

Les relations entre Le Caire et Ankara se sont dégradées depuis la destitution en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, soutenu par la Turquie. Avec l’appui d’Ankara, les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l’Organisation des nations-unies (ONU), ont engrangé d’importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye. Les troupes rivales du maréchal Haftar, homme fort de l’est libyen soutenu entre autres par l’Egypte, ont subi des revers sur le terrain traduisant l’échec de leur offensive sur Tripoli lancée en avril 2019. Le Parlement ne reconnaît pas la légitimité du chef du GNA Fayez Al Sarraj, et soutient un gouvernement rival basé lui aussi dans l’est et l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Haftar.

Ingérences

Depuis 2015, deux autorités s’y disputent le pouvoir: le GNA, basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar dans l’Est de la Libye. Plusieurs pays étrangers se sont engagés dans ce conflit. Ainsi, la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan a fourni des conseillers militaires au GNA et y a également envoyé des miliciens syriens supplétifs de la Turquie, des drones et des systèmes de défense anti-aérienne. Ankara et le GNA ont signé en novembre un accord de «coopération militaire et sécuritaire» et un accord de délimitation maritime qui permet à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale, riches en hydrocarbures. Aure soutien du GNA, le Qatar et l’ancienne puissance coloniale l’Italie.

Outre l’Egypte, d’autres pays soutiennent Haftar. La Russie est présente en Libye et se retrouve ainsi face de la Turquie comme en Syrie. Selon des experts de l’ONU, le groupe privé russe Wagner a soutenu les forces pro-Haftar avec «des opérations de combat et d’influence», des snipers et un appui technique. Washington a accusé Moscou de fournir des avions de combat pour soutenir les mercenaires dudit groupe.

Les Emirats arabes unis ont soutenu le maréchal Haftar avec des avions de combat, des drones chinois entre autres. Les Emirats accusent le GNA d’être proche des Frères musulmans, à l’égard desquels Abou Dhabi est hostile. Hier, Abou Dhabi a mis en garde contre les menaces du GNA de prendre le contrôle de la ville de Syrte, située à mi-chemin entre Tripoli à l’ouest et Benghazi à l’est. Ces «tambours de guerre (…) peuvent déboucher sur de graves conséquences politiques et humaines», a averti sur Twitter le ministre d’Etat aux Affaires étrangères Anwar Gargash.

Il a appelé à un «cessez-le-feu immédiat», en invitant les Libyens à choisir «le dialogue».

De son côté, la France reconnaît avoir apporté du renseignement au maréchal Haftar mais réfute tout soutien militaire dans son offensive contre Tripoli. Paris a dénonce les ingérences turques en Libye. Les tensions entre les deux pays sont montées, particulièrement après un incident maritime entre deux bâtiments de guerre en Méditerranée.

Selon un rapport de l’ONU, le maréchal Haftar serait également soutenu par des combattants syriens pro-Damas et des mercenaires venus du Soudan et autres pays.


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