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Conflit du Sahara occidental : Le Maroc cumule les revers

15 juin 2021 à 10 h 20 min

Après le rappel à l’ordre de Bruxelles et le niet de Moscou, Rabat essuie un affront diplomatique cette fois de Washington.

Le Maroc a subi récemment plusieurs revers sur le plan diplomatique concernant le dossier sahraoui. Le dernier en date est venu du Congrès américain qui a bloqué l’ouverture d’un consulat à Dakhla occupée et une opération de vente de drones armés, a révélé le quotidien espagnol La Vanguardia dans son édition de dimanche, relayé par l’APS.

Deux engagements contenus dans l’accord portant la reconnaissance par l’ex-président Donald Trump de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre Rabat et l’Etat hébreu. Citant des sources du Congrès, le quotidien espagnol a indiqué que la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants bloque, depuis plusieurs mois, ces deux engagements.

Le blocage de ces promesses au Congrès n’a pas été révélé jusqu’à présent, mais, selon La Vanguardia, «elles sont gelées depuis près de cinq mois sans que le département d’Etat n’ait pris des mesures pour tenter de le contourner ou de négocier un compromis avec les membres du Congrès».

La commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a demandé au département d’Etat de l’informer avant juillet de l’état d’avancement des contacts dans le cadre des Nations unies pour réactiver les négociations, selon le journal.

En février, 27 sénateurs, dont des républicains, ont écrit une lettre au président Biden, dans laquelle ils lui ont demandé de révoquer la décision de Trump sur le Sahara occidental. En décembre dernier, l’ancien président américain, Donald Trump, a proclamé sa reconnaissance de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël.

Mercredi, le département d’Etat américain a évoqué un changement d’approche, de la part de l’administration Biden, concernant la question sahraouie. Le porte-parole du département d’Etat, Ned Price, a déclaré lors d’un point de presse que son département active pour «la meilleure façon de mettre fin à la violence et de parvenir à un règlement durable».

Et de soutenir : «(…) Je contesterai certainement la caractérisation selon laquelle il y aurait une continuité, y compris en ce qui concerne notre approche envers la région, depuis la dernière administration.»

Lors d’une réunion tenue fin mars avec le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU ), Antonio Guterres, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a exprimé le soutien des Etats-Unis aux «négociations politiques» en vue de résoudre le conflit et «a exhorté le secrétaire général de l’ONU à accélérer la nomination d’un envoyé personnel au Sahara occidental».

Lors de son audition de confirmation au Sénat américain, il a observé que certaines des incitations incluses dans les accords dits «d’Abraham» liés à la normalisation des relations de certains pays arabes avec Israël de faire l’objet d’un «examen attentif».

Instrumentalisation de la question migratoire

Jeudi, le Parlement européen a adopté une résolution dans laquelle il a critiqué l’utilisation, par le Maroc, de la question migratoire à des fins politiques, en référence au fait que Rabat ait laissé passer, au mois de mai dernier, des milliers de migrants, dont beaucoup de mineurs non accompagnés, vers les territoires espagnols en réaction à l’hospitalisation, en Espagne, du président sahraoui, Brahim Ghali.

Le Parlement européen «rejette l’utilisation par le Maroc des contrôles aux frontières et de la migration notamment des mineurs non accompagnés, comme moyen de pression politique sur un Etat membre de l’Union, déplore en particulier que des enfants, des mineurs non accompagnés et des familles aient franchi massivement la frontière entre le Maroc et la ville espagnole de Ceuta, mettant ainsi leur vie et leur sécurité clairement en péril», selon la résolution.

Il a rappelé que «le ministre marocain des Affaires étrangères a reconnu que l’entrée massive de milliers de personnes, dont des enfants, découlait directement du fait que le chef du Front Polisario avait été accueilli en Espagne» et que «dans une déclaration officielle publiée ultérieurement, les autorités marocaines ont indiqué comme raison réelle la position jugée ambiguë de l’Espagne sur le Sahara occidental».

Aussi, le Parlement «rappelle que la protection et la sécurité de Ceuta concernent l’ensemble de l’Union européenne, car la ville autonome fait partie de ses frontières extérieures». Le même jour, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a affirmé que la position de son pays vis-à-vis de la question sahraouie «n’a pas changé».

Elle a précisé que «le règlement définitif du conflit ne saurait être réalisé qu’à travers l’application des décisions pertinentes issues de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité relevant de l’ONU dans le cadre des mesures conformes aux principes et aux objectifs de la Charte des Nations unies».

Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et ainsi éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

Amnay Idir

Réunion du Comité  de la décolonisation

Le Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, dit Comité des vingt-quatre, examine depuis hier, dans le cadre de sa session de fond (14-25 juin) la situation au Sahara occidental, rapporte l’APS.

Le Comité spécial des vingt-quatre examine chaque année la liste des territoires non autonomes auxquels s’applique la Déclaration. Il entend les déclarations de représentants des territoires non autonomes lors de ses sessions annuelles, envoie des missions de visite dans ces territoires et organise chaque année des séminaires régionaux.

Il procède également à «la diffusion d’informations sur la décolonisation, les renseignements relatifs aux territoires non autonomes communiqués en application de l’alinéa e de l’article 73 de la Charte des Nations unies et sur la question de l’envoi de missions de visite dans les territoires en question».

Outre le Sahara occidental, les questions de Gibraltar et des Tokélaou et celles d’autres territoires non autonomes figurent également au menu de la session de fond annuelle du Comité, qui a été crée en 1961 par l’Assemblée générale, dont il est l’organe subsidiaire chargé de la question de la décolonisation, conformément aux dispositions de la résolution 1654 (XVI) en date du 27 novembre 1961. 

R. I.


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