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Il s'est réuni trois jours durant en cornouailles

Le G7 passe à l’action face à la pandémie, la crise climatique et la Chine

14 juin 2021 à 10 h 20 min

Le G7 a appelé Pékin à «respecter les droits humains» dans le Xinjiang, où vit la minorité ouïghoure, et à Hong Kong. Il a exhorté la Russie à cesser «ses activités déstabilisatrices» par son soutien notamment aux cyberattaques.

Sans les esclandres ou portes claquées de l’époque Trump, le premier sommet du G7 de Joe Biden s’est terminé hier sur des promesses d’agir ensemble, entre alliés, contre la pandémie et le réchauffement climatique, tout en défiant la Russie et la Chine.

La rencontre de trois jours en Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre), la première en personnes en presque deux ans, marquait le retour des contacts directs entre dirigeants du Royaume-Uni, Etats-Unis, France, Allemagne, Italie, Japon et Canada.

Mais aussi l’entrée dans le club des dirigeants des grandes puissances du président américain démocrate, déterminé à relancer le multilatéralisme, lors de son premier déplacement à l’étranger qui doit se conclure par un très attendu face-à-face avec Vladimir Poutine mercredi. Joe Biden, venu reconquérir des alliés échaudés sous Donald Trump, a salué un sommet «extraordinairement collaboratif et productif». Il a apporté un «nouvel élan», s’est félicitée la chancelière allemande sur le départ, Angela Merkel, après son dernier sommet du G7.

Si les bisbilles entre Européens et Boris Johnson sur le Brexit sont venues porter un coup à la bonne entente affichée devant les caméras au fil des photos de famille, réceptions et barbecue sur la plage, les pays industrialisés, sous son impulsion, se sont efforcés de montrer un front uni sur les grands dossiers internationaux.

Face à la multiplication des appels à la solidarité, ils ont convenu de distribuer un milliard de doses de vaccins anti-Covid d’ici la fin 2022, en les finançant ou via le système de partage Covax, pour combler le retard d’immunisation dans les pays pauvres et favoriser une reprise plus égalitaire. Cela porte à deux milliards les engagements totaux depuis le début de la crise sanitaire, selon eux.

Moscou et Pékin pointés du doigt

«Je sais que le monde comptait sur nous pour rejeter l’égoïsme et les approches nationalistes» ayant marqué la réponse à la pandémie, a déclaré le Premier ministre britannique, Boris Johnson. «J’espère que nous avons été à la hauteur.» Non, ont déploré de nombreuses ONG : au moins 11 milliards de doses sont nécessaires pour en finir avec la pandémie. «Les dirigeants du G7 ont complètement échoué à relever les défis de notre temps», a accusé Oxfam.

Ces derniers ont également défini un plan de bataille avec l’espoir que le monde soit prêt en moins de 100 jours pour faire face à une nouvelle pandémie et demandé une enquête plus approfondie de l’OMS sur l’origine du virus en Chine. Cette dernière s’est retrouvée particulièrement visée au fil du sommet, avec la Russie.

Dans son communiqué final, le G7 a appelé Pékin à «respecter les droits humains» dans le Xinjiang, où vit la minorité ouïghoure, et à Hong Kong. Il a exhorté la Russie à cesser «ses activités déstabilisatrices» par son soutien notamment aux cyberattaques.

Pour contrer les «nouvelles routes de la soie» chinoises, le G7 a lancé un vaste plan d’infrastructures en se focalisant sur le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités afin d’aider les pays pauvres à se relever de la pandémie.

Il sera «beaucoup plus équitable» que le chinois, a assuré M. Biden, tout en assurant qu’il «ne cherchait pas le conflit», Pékin n’appréciant guère ces annonces. Le président français, Emmanuel Macron, a aussi assuré que le G7 n’était «pas un club hostile à la Chine».

Haro sur le charbon

Autre gros volet : le climat, avec un plan d’action pour tenter de limiter le réchauffement. Un enjeu crucial pour le Royaume-Uni avant la grande conférence de l’ONU sur le climat (COP26) qu’il accueillera en novembre à Glasgow (Ecosse).

L’objectif est de limiter l’augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable.

Pour y parvenir, les dirigeants du G7 se sont prononcés pour une réduction de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, voire plus pour certains. Ils veulent tourner le dos aux centrales au charbon, énergie fossile la plus polluante, sauf si des mesures de compensation environnementale sont en place, comme le captage de CO2.

Les aides publiques seront arrêtées dès cette année. Dans ce cadre, les dirigeants prévoient de signer un chèque allant jusqu’à 2 milliards de dollars pour accompagner la transition verte dans des pays défavorisés.

Les contributions du G7 seront augmentées en vue d’atteindre l’objectif des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici 2025 les politiques climatiques des pays pauvres. Pour les militants écologistes, c’est trop mou. «Où est la mise en œuvre nationale claire avec des échéances», s’est interrogé Greenpeace.

En matière de fiscalité, le G7 a soutenu un projet de taux d’impôt minimum mondial afin de lutter contre la concurrence fiscale entre pays. Après le G7 et un thé avec la reine Elizabeth II au château de Windsor, place pour Joe Biden à l’Otan, puis une rencontre très scrutée avec le président russe, Vladimir Poutine, avec qui il a promis d’être «très clair» sur leurs désaccords. 


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