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Le Front Polisario dénonce l’accord de pêche UE-Maroc : «Bruxelles alimente le conflit du Sahara occidental»

13 février 2019 à 10 h 30 min

Le ministre délégué pour l’Europe du Front Polisario, Mohamed Sidati, a dénoncé, hier avec véhémence, le vote par le Parlement européen (PE) de l’accord de pêche Maroc-Union européenne (UE) et de son protocole de mise en œuvre incluant les territoires sahraouis, soulignant que de «tels accords constituent des opérations de brigandage et de spoliation des richesses du Sahara occidental occupé».

Pour Mohamed Sidati, ce qui s’est produit hier n’est que le dernier acte d’«un processus déclenché par l’UE, où la Commission, le Conseil, et le Parlement sont impliqués». «Ce processus aboutit à l’adoption d’accords commerciaux UE-Maroc entachés d’illégalité, et culmine avec l’accord de pêche, voté aujourd’hui (hier, ndlr) par le Parlement.

La boucle est bouclée», s’insurge-t-il, tout en précisant que «le forcing a duré de longs mois et tout débat serein sur ces accords a été empêché au Parlement, de même que la proposition de les soumettre à l’examen de la Cour de justice de l’UE a été rejetée, comme cela a été le cas (…) pour l’accord de pêche».

M. Sidati a prévenu que «le peuple sahraoui et le Front Polisario s’opposeront de toutes leurs forces à la mise en application de ces accords iniques», indiquant qu’il «incombe» au Front Polisario de «protéger son territoire comme ses ressources des convoitises et des pillages organisés par le tandem UE-Maroc».

S’exprimant dans une déclaration, rendue publique après le vote, le ministre délégué pour l’Europe du Front Polisario a affirmé que ces accords «encouragent l’occupation marocaine des territoires sahraouis» et que «la responsabilité de l’UE, sous la houlette de l’Espagne et de la France, y est grande».

L’UE, un facteur de déstabilisation

S’adressant à l’opinion publique européenne et à la communauté internationale, Mohamed Sidati a souligné qu’avec l’adoption de «ces accords qui violent le droit fondamental du peuple sahraoui à l’autodétermination, l’UE ne fait qu’alimenter la poursuite du conflit du Sahara occidental au prix de l’instabilité et de l’insécurité de toute la région». Le ministre sahraoui a relevé, en outre, que «l’UE a hypothéqué» la mission de paix de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Horst Kohler, en entérinant ce type d’accords illégaux.

«L’UE, par sa complicité avec le Maroc, est comptable d’une situation grave. N’eût été cette complicité, le conflit sahraoui aurait été réglé depuis longtemps par la communauté internationale», a-t-il appuyé, tout en réaffirmant la détermination du peuple sahraoui et son représentant unique et légitime, le Front Polisario, à «s’opposer par tous les moyens à ces accords devant les instances judiciaires et internationales».

Le ministre sahraoui délégué pour l’Europe a relevé également que le processus déclenché par l’UE, à travers la Commission, le Conseil et le Parlement, pour l’adoption des accords commerciaux UE-Maroc, était entaché d’«illégalité» et d’atteintes aux décisions de la justice et du droit international.

A ce propos, il a rappelé que tout débat «serein» sur ces textes a été empêché au Parlement, alors que la proposition faite par des eurodéputés et des ONG internationales de soumettre ces accords à l’examen de la Cour de justice de l’UE (CJUE) a été rejetée par l’UE sans aucun motif.

La CJUE avait établi, a-t-il mentionné, dans ses arrêts qu’aucun accord UE-Maroc ne pouvait concerner le Sahara occidental, sauf à obtenir le consentement clairement exprimé du peuple sahraoui à travers son représentant reconnu par l’ONU, le Front Polisario et que le royaume du Maroc n’a aucune souveraineté sur les territoires sahraouis.

Evoquant le processus d’adoption des accords commerciaux UE-Maroc, le ministre sahraoui a précisé que celui-ci a été marqué par plusieurs dépassements, citant le cas de la rapporteuse de la commission INTA, Patricia Lalonde, et d’autres eurodéputés qui «étaient impliqués dans des conflits d’intérêts et agissaient ouvertement en faveur des desseins marocains». «N’a-t-on pas vu Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et à l’union douanière, courir les couloirs du Parlement pour forcer le vote de l’accord agricole ?

La perfidie est allée jusqu’à changer au dernier moment les dates de vote dûment inscrites à l’ordre du jour du PE pour hâter «par peur ou par cynisme (?) l’adoption de tel accord ou de tel autre», a fait savoir le responsable sahraoui dans sa déclaration.

Il est clair, a souligné encore M. Sidati, que «l’UE fait fi des arrêts de sa propre Cour de justice et viole le droit international, en enfreignant ce droit essentiel, imprescriptible et inaliénable que constitue le droit à l’autodétermination, qui implique la souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles».


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