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VIOLATION PAR LE MAROC DU CESSEZ-LE-FEU AU SAHARA OCCIDENTAL

Le Front Polisario appelle à l’ouverture des territoires occupés aux observateurs

19 novembre 2020 à 10 h 35 min

Le représentant du Front Polisario en Autriche, Mohamed Slama Badi, a appelé hier la communauté internationale à contraindre le Maroc à ouvrir les villes sahraouies occupées aux observateurs internationaux et à la presse mondiale, rapporte l’APS.

«Il est inadmissible de voir les villes occupées transformées en prison à ciel ouvert, où sont pratiquées les violations les plus abjectes des droits de l’homme loin de tout contrôle des observateurs internationaux», a dénoncé le diplomate sahraoui.

Evoquant la reprise de la lutte armée en réponse à l’agression militaire du Maroc à Guerguerat, Slama Badi a soutenu que «la décision a été dictée par les violations successives des chartes internationales par les autorités d’occupation», dont l’inobservation de «l’accord du cessez-le-feu signé par les deux parties en 1991 et l’annonce de la guerre à travers l’agression des civils sahraouis, outre l’ouverture de nouvelles brèches illégales dans le mur de sable». Il a relevé les tentatives du Maroc de falsifier les réalités et d’induire la société internationale en erreur en faisant croire que le Front Polisario était à l’origine de la violation de l’accord de cessez-le-feu.

Le diplomate sahraoui a démenti les allégations du Maroc selon lesquelles les manifestants pacifiques sahraouis auraient fermé la brèche illégale à Guerguerat, soulignant que cette brèche constitue «la porte de contrebande des richesses sahraouies pillées et du trafic de drogue» et une violation «flagrante» de l’accord de cessez-le-feu signé sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU). «Le Front Polisario avait prévenu l’ONU, en la mettant en garde contre la situation dangereuse dans la région», a-t-il rappelé.

Le Front Polisario a aussi demandé le retour au plan de règlement en organisant un référendum, afin que le peuple sahraoui puisse décider de son avenir, mais l’ONU «n’a pas pris la question au sérieux». Ces demandes consistent, selon le diplomate, en la fixation d’un calendrier pour l’organisation du référendum et la dotation de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme, comme il est de coutume dans d’autres pays.

Ainsi que l’ouverture du territoire du Sahara occidental aux observateurs et à la presse internationale et la libération des prisonniers sahraouis détenus dans les geôles marocaines. Le représentant du Front Polisario a affirmé aussi que l’on ne pouvait pas «donner des leçons au peuple sahraoui et au Front Polisario sur la paix et l’engagement à la légalité internationale.

Car 29 ans d’attente dans l’espoir que la communauté internationale remplira ses obligations est la plus grande preuve que le peuple sahraoui est pacifique et croit en une solution pacifique». «L’entrée en guerre vise à organiser un référendum pour achever la souveraineté sur l’ensemble des territoires sahraouis, et sans cela, la politique du fait accompli que le Maroc tente d’imposer ne peut être acceptée», a-t-il expliqué, affirmant que le peuple sahraoui «récoltera les fruits de sa lutte et de sa patience face aux violations marocaines et à l’inaction internationale, grâce à sa foi en la justesse de sa cause». Pour Slama Badi, «l’occupation est prise en étau et la supériorité en matériel et en effectif ne lui profitera pas, car la bataille ne peut être gagnée que par la volonté, chose qui manque aux troupes marocaines qui ont été impliquées dans une guerre dans laquelle ils n’ont aucun intérêt. Ce qui explique le moral effondré de l’armée marocaine».

Les Nations Unies fustigées

Par ailleurs, la Fondation américaine pour le Sahara occidental (US-Western Sahara Foundation) a condamné, mardi, le Maroc pour avoir violé le cessez-le-feu en agressant des civils sahraouis à Guerguerat, a rapporté hier l’agence sahraouie SPS. Comme elle appelle l’ONU à tenir sa promesse d’organiser le référendum d’autodétermination et cesser d’être un «outil de l’agresseur». Elle a observé qu’«une fois de plus, le royaume du Maroc a attaqué des civils sahraouis innocents pour avoir pacifiquement manifesté leur droit à l’autodétermination, mais cette fois, Rabat a littéralement franchi la ligne en attaquant des civils dans la zone démilitarisée dans la région de Guerguerat la semaine dernière».

La militante américaine des droits de l’homme a rappelé que les organisations internationales de défense des droits humains ont déjà «condamné la brutalité du Maroc contre la population sahraouie du Sahara occidental occupé par le Maroc», mais cette fois, a-t-elle observé, «le royaume du Maroc a attaqué de l’autre côté de la frontière vers la zone libérée du Sahara occidental».

Ainsi, «nous condamnons fermement le roi du Maroc pour avoir violé le cessez-le-feu qui a conduit à la reprise de la guerre au Sahara occidental», a-t-elle affirmé. Pour Mme Scholte, les trois décennies d’échec de la Minurso et «l’effondrement constant du Conseil de sécurité de l’ONU» ont conduit «maintenant» à «une reprise de la guerre» au Sahara occidental.

Comme elle a observé que «le royaume du Maroc a investi des millions de dollars dans le lobbying pour bloquer sa mise en œuvre, de corruption des fonctionnaires et des législateurs de l’ONU, comme détaillé par de nombreux rapports divulgués, dont un préparé par le Département des Nations unies des opérations de maintien de la paix».

Chronologie du conflit

1884-1885
Les puissances européennes se rassemblent lors de la conférence de Berlin pour se partager l’Afrique. Le Sahara occidental est placé sous la «protection de l’Espagne».
1963
Le Sahara occidental est inscrit dans la liste des territoires non autonomes établie par la IVe Commission générale des Nations unies.
1965
La résolution 2072 de l’Assemblée générale des Nations unies place le Sahara occidental sur la liste des régions à décoloniser et fait référence à la résolution 1514 sur le droit à l’autodétermination des peuples colonisés.
1973
10 mai – Création du Front Polisario, qui réclame l’indépendance.
20 mai- Déclenchement par le Front Polisario de la lutte armée contre l’Espagne pour l’indépendance du Sahara, avec la prise du poste d’El Khanga.
14 décembre
Résolution 3162 de l’Assemblée générale des Nations unies réaffirmant son attachement au principe d’autodétermination et demandant à l’Espagne de prendre les mesures nécessaires pour l’organisation d’un référendum.
1974
20 août
Le gouvernement espagnol annonce son intention d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara, prévu pour le premier semestre 1975, Hassan II s’oppose à ce que l’indépendance en soit une des options.
1er octobre
Débat général à l’ONU sur la question du Sahara. La Mauritanie s’associe à la proposition marocaine de recours devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye.
1975
16 octobre
La CIJ rend son arrêt consultatif dans l’affaire du Sahara. Elle réaffirme les droits des Sahraouis à l’autodétermination.
6 novembre
A l’appel du roi Hassan II, 350 000 Marocains entreprennent une «marche verte» pour marquer l’appartenance du territoire au Maroc ; l’Espagne met fin à la colonisation du Sahara en cédant le nord et le centre au Maroc, et le sud à la Mauritanie.
14 novembre
L’Espagne, le Maroc et la Mauritanie signent à Madrid un accord tripartite sur l’avenir du Sahara occidental. Cet accord prévoit le retrait de l’Espagne le 28 février 1976.
13 décembre
L’Assemblée générale de l’ONU saisit la CIJ pour avis sur le statut du Sahara au moment de la décolonisation espagnole et demande à Madrid d’organiser un référendum.
1976
27 février
Le Front Polisario proclame la République sahraouie.
8 juin
Attaque de la capitale mauritanienne Nouakchott par le Front Polisario.
1979
5 août
Accord de paix entre le Front Polisario et la Mauritanie. Nouakchott renonce au sud du Sahara, le Maroc annexe la totalité du Sahara occidental.
11 novembre
Adoption par la Commission de décolonisation de l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution présentée par une quarantaine de pays non-alignés «demandant instamment au Maroc de s’engager lui aussi dans une dynamique de paix et de mettre fin à l’occupation au Sahara occidental». Résolution entérinée le 21 novembre par l’Assemblée générale de l’ONU.
1980
11 novembre- L’Assemblée générale de l’ONU adopte une résolution réclamant la fin de l’occupation marocaine et l’ouverture de négociations entre le Maroc et le Front Polisario. Le représentant du Maroc à l’ONU déclare cette résolution «nulle et non avenue».
1982
La République sahraouie est admise à l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui deviendra l’Union africaine (UA) en 2002.
1984
Le Maroc se retire de l’OUA.
1991
Création par l’ONU d’une Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) et signature d’un cessez-le-feu au Sahara occidental sous l’égide de l’Onu.
1997
L’ex-secrétaire d’Etat américain, James Baker, est nommé comme envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental.
2000
Plan Baker : il offre une «large autonomie locale» dans le cadre d’un Etat marocain, dont les compétences seraient limitées à la défense et aux affaires étrangères. Ce plan est accepté par le Maroc et rejeté par le Polisario.
2003
Nouveau plan Baker II : il prévoit l’établissement d’une Autorité du Sahara occidental pour cinq ans, puis la tenue d’un référendum avec comme option l’indépendance du Sahara occidental. Il est rejeté par le Maroc. James Baker finit par démissionner en juin 2004.
2007
Le Conseil de sécurité de l’ONU invite, dans sa résolution 1754 du 30 avril les parties en conflit à entamer des négociations directes sans condition préalable. Elles débutent en juin suivant, dans un cycle qui se déroule à Manhasset, aux Etats-Unis, en présence du Maroc et du Polisario et aussi de l’Algérie et de la Mauritanie.
2012
Lors des discussions aux Etats-Unis, Rabat a plaidé pour une large autonomie du territoire sous souveraineté marocaine, alors que le Front Polisario tient au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
2017
Démission en mars de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Denis Ross. Lui succède l’ex-président allemand, Horst Köhler, qui relance en décembre 2018 les pourparlers entre les deux belligérants interrompus depuis 2012.
2019
Démission de Horst Köhler pour des «raisons de santé».

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