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vendredi, 20 mai, 2022
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PILLAGE DES RICHESSES DU SAHARA OCCIDENTAL

Le constat d’un expert belge

06 décembre 2021 à 10 h 01 min

La confirmation du verdict du Tribunal de l’Union européenne (UE) concernant l’annulation de deux accords de partenariat entre le Maroc et l’UE, étendus au Sahara occidental occupé, entraînerait des arriérés.

C’est ce qu’a indiqué Xavier Dupret, professeur d’économie politique à l’Institut supérieur de formation sociale et de communication (ISFSC) de Bruxelles, dans une chronique publiée samedi par le journal belge Le Soir, sous le titre : «Sahara occidental : une facture pour les entreprises européennes ?» relayé hier par l’APS. «Le 29 septembre de cette année, le Tribunal de l’UE a annulé deux accords de partenariat (dont un portant sur des barrières tarifaires) avec le Maroc au motif précisément qu’ils concernaient le Sahara occidental» et «reconnaît, de surcroît, la qualité de représentant du peuple sahraoui au Front Polisario».

Et d’ajouter : «Certes, la commission (de l’UE) a interjeté appel auprès de la CJUE (Cour de justice de l’UE) contre la décision du Tribunal de l’UE rendue le 29 septembre dernier. Pour autant, la politique de l’autruche s’avère difficilement recommandable, car en cas de confirmation de la décision du Tribunal par la Cour, des arriérés s’ajouteront inévitablement au montant des taxes impayées.» Il a rappelé que «le jugement du Tribunal de l’Union européenne se base sur un avis de la Cour internationale de justice (CIJ) du 16 octobre 1975 établissant qu’il n’existe aucun lien de souveraineté» entre le Sahara occidental et le Maroc.

Ainsi, «la CIJ enjoignait à la communauté internationale de définir une procédure d’autodétermination reflétant l’expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire». Depuis, a-t-il poursuivi, «le dossier n’a, d’évidence, guère progressé», notant que «ce retour à la case départ pourrait fort bien coûter cher» aux entreprises de l’UE.

Le Front Polisario, seul représentant du peuple sahraoui, peut réclamer des droits de douane aux compagnies européennes impliquées dans l’exploitation illégale des ressources sahraouies. «Celui-ci sera, dès lors, fondé à attaquer en justice les compagnies européennes exploitant sans son consentement les ressources locales», a-t-il affirmé. En conséquence, «des droits de douane pourront être réclamés» à ces compagnies européennes, estimant «qu’à ce stade, la prudence devrait commander aux firmes concernées d’entamer des négociations avec les Sahraouis». Pour illustrer l’ampleur du pillage provoqué par l’exploitation illégale des ressources sahraouies, Xavier Dupret est revenu sur plusieurs données.

En ce qui concerne les ressources halieutiques, «les quantités de poisson congelé exportées dans le monde à partir du Sahara occidental avoisinaient les 139 000 tonnes pour un montant de 100 millions de dollars en 2019». Aussi, il a noté qu’un quart du phosphate exporté par le Maroc provient de sites sahraouis. Selon lui, «le marché mondial des engrais phosphatés se chiffrait à 53 milliards de dollars en 2019, dont 13% en provenance du Maroc», alors que «le Sahara occidental fournit pour près de 1,7 milliard de dollars de phosphate». «Or, le Maroc est le premier fournisseur de l’Union européenne (28% de nos importations), loin devant la Russie (16%)», a-t-il observé, assurant que «tous les groupes européens importants du phosphate marocain sont donc concernés par l’exploitation (illégale) des ressources du Sahara occidental».


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