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Mouvement pro-démocratie de Hong Kong

L’autre guerre entre la Chine et les Etats-Unis

03 décembre 2019 à 9 h 00 min

Entre Washington et Pékin, plusieurs questions restent en litige et alimentent la tension qui est loin de s’arrêter entre les deux pays.

Guerre commerciale, Mer de Chine, Taïwan, le Xinjiang. Les sources de discorde entre l’Empire du Milieu et l’Oncle Sam sont nombreuses. Ces dernières semaines, une autre question non moins litigieuse qui nourrit la tension entre les deux pays est le mouvement de contestation qui secoue l’ancienne colonie britannique Hong Kong. Hier, la Chine a annoncé la suspension immédiate des escales de récupération à Hong Kong et des sanctions contre plusieurs organisations non gouvernementales américaines (ONG).

Ces sanctions sont prises en réponse à l’adoption aux Etats-Unis d’une loi de soutien aux manifestations pro-démocratie qui ébranlent le territoire autonome chinois depuis six mois, a annoncé la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, citée par des médias. Dès la semaine dernière, Pékin considérait ce texte comme une ingérence dans ses affaires intérieures.

En réaction, le gouvernement a décidé de «suspendre les demandes de visite de récupération des navires de guerre américains, à compter d’aujourd’hui», a annoncé Mme Hua. Des bâtiments américains mouillent régulièrement à Hong Kong, dans le cadre de visites permettant notamment aux marins de «récupérer» dans l’ancienne colonie britannique.

Pékin a déjà bloqué deux visites de bâtiments américains en août dernier, selon la marine américaine. Une visite de l’US Navy a eu lieu précédemment en avril, avant le début en juin des manifestations à Hong Kong.

La Chine compte par ailleurs «imposer des sanctions aux ONG qui se sont mal comportées» à Hong Kong, notamment des associations actives dans le domaine des droits de l’homme : le National Endowment for Democracy, le National Democratic Institute for International Affairs, l’International Republican Institute, Human Rights Watch (HRW) et Freedom House, a détaillé Mme Hua, sans préciser en quoi consisteraient ces sanctions.

Ce texte menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l’ancienne colonie britannique si les droits des manifestants ne sont pas respectés. Le président américain, Donald Trump, a également approuvé une mesure interdisant la vente à la police hongkongaise de matériel destiné à réprimer les manifestations.

Tension

Pékin a réagi avec colère jeudi à la promulgation par le président américain de ladite loi la qualifiant «d’abomination absolue» et menaçant Washington de représailles, en pleine guerre commerciale entre les deux pays. Pour la deuxième fois en l’espace de quatre jours, l’ambassadeur des Etats-Unis à Pékin, Terry Branstad, a été convoqué au ministère chinois des Affaires étrangères, qui a appelé Washington à «ne pas mettre en œuvre» le texte incriminé.

Texte accusé de «soutenir effrontément les actes commis contre d’innocents citoyens qui ont été frappés, blessés et brûlés (…) par des criminels violents». Interrogé sur la convocation de Terry Branstad, un porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis a déclaré que le Parti communiste au pouvoir en Chine devait «tenir sa promesse envers le peuple de Hong Kong, qui ne demande que la liberté».

Les deux premières puissances mondiales se livrent depuis l’an dernier une guerre commerciale à coups de hausses de droits de douane. Le 18 novembre, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a déclaré qu’il incombe au gouvernement de Hong Kong de «rétablir le calme» dans le territoire, en prenant notamment «des mesures claires pour répondre aux demandes de l’opinion».

«Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par l’aggravation des troubles politiques et de la violence à Hong Kong», a-t-il soutenu. Et de poursuivre : «La violence est inacceptable d’où qu’elle vienne», mais «la responsabilité de rétablir le calme revient en premier lieu au gouvernement de Hong Kong», a-t-il ajouté, estimant que le recours aux forces de l’ordre ne saurait suffire.

Le secrétaire d’Etat a demandé à la dirigeante de l’Exécutif hongkongais, Carrie Lam, une «enquête indépendante sur les incidents liés aux manifestations». Pour le chef de la diplomatie américaine, «le Parti communiste chinois doit honorer ses promesses faites au peuple de Hong Kong, qui ne veut que les libertés qui lui ont été promises».

Le même jour, l’ambassadeur chinois à Londres, Liu Xaoming, a prévenu que Pékin ne «restera pas sans rien faire» si la situation devient «incontrôlable» à Hong Kong. «Je pense que le gouvernement de Hong Kong déploie tous ses efforts pour garder la situation sous contrôle, mais si la situation devient incontrôlable, le gouvernement central ne restera certainement pas sans rien faire», a déclaré le diplomate, estimant que la Chine a «assez de détermination et de pouvoir pour mettre fin au soulèvement».

La contestation à Hong Kong a été déclenchée en juin du rejet d’un projet de loi qui devait permettre d’autoriser les extraditions vers la Chine. Le texte a été enterré en septembre, mais les manifestants ont déjà élargi leurs revendications, pour demander notamment des réformes démocratiques.           


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