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mardi, 23 octobre, 2018
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Ainsi, l’armée turque érige un mur le long de la frontière avec la Syrie pour se protéger après la multiplication des attaques dans le sud du pays, a rapporté hier l’AFP citant la presse locale.

La Turquie d’Erdogan fait face à de multiples fronts : guerre contre les kurdes et crise politique

15 août 2015 à 10 h 00 min

Un mur de trois mètres de haut sur 7 kilomètres de long, dressé à Reyhanli, dans la région de Hatay (sud), sera élargi pour empêcher toute intrusion de djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) sur le territoire turc depuis la ville syrienne d’Alep, située à quelques kilomètres, a indiqué l’agence progouvernementale Anatolie. Celle-ci a relevé aussi que plus de 360 km de tranchées ont été creusés, de la terre a été amoncelée sur 70 km pour freiner l’avancée des jihadistes et 145 km de barbelés ont été renouvelés. La région de Hatay est un des lieux de passage pour les Syriens fuyant la guerre dans leur pays pour trouver refuge en Turquie.

Elle a été le lieu d’un attentat à la voiture piégée en mai 2013 qui a causé la mort de 52 personnes. La Turquie a imputé cette attaque à un groupuscule clandestin d’extrême gauche turc lié, selon ses responsables, aux services de renseignement du régime du président syrien Bachar Al Assad.

Ce que Damas a démenti.
Le 20 juillet dernier, un attentat suicide survenu à Suruç (sud) attribué à l’EI, a causé la mort de 33 jeunes partisans de la cause kurde. Bilan revu à la hausse hier après le décès à l’hôpital d’une des victimes. Accusant le gouvernement de ne pas avoir suffisamment protégé les Kurdes, les combattants du PKK ont rompu un cessez-le-feu en vigueur depuis 2013 avec Ankara et repris les armes. La Turquie a riposté le 24 juillet en lançant une «guerre contre le terrorisme» qui vise simultanément le PKK et les combattants de l’EI le long de sa frontière avec la Syrie et l’Irak.

Vers des élections anticipées

Par ailleurs, la réunion de jeudi entre le Parti de la justice et du développement (AKP) de la mouvance islamiste et le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) pour tenter de former un gouvernement de coalition s’est soldée par un échec. «Des élections sont aujourd’hui fort probables», a déclaré le même jour le Premier ministre Ahmet Davutoglu, estimant que c’est «la seule option».

Un nouveau scrutin législatif est une «nécessité», a-t-il ajouté après un entretien avec Kemal Kliçdaroglu, le chef du CHP, seule formation qui n’a pas fermé la porte à une alliance avec l’AKP de Recep Tayyip Erdogan. Les deux partis négociaient depuis le 13 juillet, mais de «profondes divergences» sont apparues, notamment sur la politique étrangère et l’éducation, a admis le chef du gouvernement turc. L’AKP a perdu la majorité absolue aux législatives du 7 juin dernier, une première pour un mouvement qui régnait sans partage depuis 2002.

De son côté, Kemal Kiliçdaroglu a vivement critiqué la position de l’AKP qui, selon lui, n’a montré aucun intérêt pour un gouvernement viable susceptible de durer quatre ans. «Je pense que la Turquie a manqué une occasion historique» et de nouvelles élections «ne constituent pas la seule option», a-il observé. Si le Parlement ne convoque pas des élections d’ici au 23 août, le président Recep Tayyip Erdogan pourra dissoudre l’Assemblée nationale en vertu de la Constitution.

Ce dernier voit en de nouvelles élections un moyen pour l’AKP de retrouver une majorité suffisante. Ce qui lui permettra de présidentialiser le système parlementaire turc et demeurer personnellement le maître d’Ankara. Ses opposants voient d’ailleurs, dans les opérations militaires déclenchées contre le PKK dans le sud-est de la Turquie et le nord de l’Irak, un moyen de remobiliser l’électorat nationaliste. «Si les deux partis ne peuvent pas s’entendre, ce sera pas la fin du monde», a déclaré mercredi le chef de l’Etat turc.

L’annonce de l’échec des discussions politiques a suscité des réactions à la baisse des marchés financiers. La Bourse d’Istanbul a perdu jeudi 1,39% à la clôture par rapport à mercredi tandis que la livre turque (LT) a chuté face au dollar et l’euro, lesquels s’échangeaient en fin de journée respectivement à 2,81 et 3,13 LT.

Hier, la livre a affiché un nouveau bas record avec une perte de 0,85% contre le dollar qui s’échangeait à 2,84 LT et 0,95% contre l’euro (3,17 LT). La Bourse d’Istanbul a pour sa part perdu 0,50% à l’ouverture. Pour enrayer la chute de la LT, la Banque centrale a décidé de réduire de 3% à 2,75% ses taux appliqués aux dépôts en dollars. 

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