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Malgré les sanctions de l’Union européenne

La Turquie compte «renforcer» ses forages au large de Chypre

17 juillet 2019 à 10 h 00 min

Chypre est divisée en deux depuis l’invasion du tiers nord de l’île par l’armée turque en 1974 après un coup d’Etat visant à la rattacher à la Grèce.

La Turquie va «renforcer» ses activités de forage gazier au large de Chypre. C’est ce qu’a affirmé hier le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, à Skopje, cité par des médias.

«Puisque vous prenez ce genre de décisions, nous allons renforcer nos activités», a déclaré le chef de la diplomatie turc. Il a indiqué qu’Ankara a déjà envoyé trois navires de forage au large de Chypre.

Et d’ajouter : «Nous allons envoyer un quatrième prochainement.» Plus tôt, le ministère des Affaires étrangères turc a affirmé, dans un communiqué, que «les mesures adoptées» par l’Union européenne (UE) «n’auront aucun impact sur la détermination de la Turquie à poursuivre ses activités liées aux hydrocarbures en Méditerranée orientale».

La veille, l’UE a adopté une série de sanctions contre la Turquie afin de la dissuader de poursuivre les forages dans les eaux territoriales de Chypre. Pour schématiser, il est relevé une coupe de 145,8 millions d’euros dans les fonds européens dont devrait bénéficier la Turquie en 2020.

La Banque européenne d’investissement a été invitée à revoir les conditions pour l’octroi de ses financements à Ankara. Aussi, Bruxelles compte réduire le dialogue à haut niveau avec Ankara.

Plus de 40 ans de conflit

Située en Méditerranée, au carrefour de trois continents, à savoir l’Afrique, l’Asie et l’Europe, la République de Chypre est proclamée 16 août 1960. Elle est dirigée par un président grec, Mgr Makarios, et un vice-président turc, Fazil Küçük. En mars 1964, après de violents heurts intercommunautaires, les Nations unies envoient une force de maintien de la paix de 7000 hommes.

Le 15 juillet 1974, Mgr Makarios est renversé par un coup d’Etat de la Garde nationale qui instaure un gouvernement favorable à l’Enosis (le rattachement à la Grèce). Le 14 août 1974, la Turquie occupe le nord de l’île, soit 38% du territoire.

En décembre de la même année, à la suite de la chute du régime des colonels en Grèce, Mgr Makarios revient à la présidence. Le 15 novembre 1983, après l’échec des pourparlers intercommunautaires, le leader de la communauté turque, Rauf Denktash, proclame une «République turque de Chypre du Nord (RTCN)», que seule Ankara reconnaîtra.

Le 25 novembre 1992, la résolution 789 de l’Organisation des Nations unies (ONU) désigne la partie turque comme unique responsable du manque de progrès dans les négociations et demande une «diminution sensible» des forces turques présentes à Chypre. Début 1997, le gouvernement chypriote annonce l’achat de missiles S-300 à la Russie. De son côté, la Turquie négocie avec la Belgique et les Pays-Bas l’achat de missiles sol-air Hawk d’occasion, que le groupe français Thomson-CSF serait amené à moderniser.

Et en août de la même année, après une première rencontre le 9 juillet à New York, les leaders des deux communautés, Rauf Denktash et Glafcos Cléridis, se retrouvent en vain en Suisse sous l’égide de l’ONU. Le 24 avril 2004, les Chypriotes grecs rejettent, par référendum (plus de 75%), un plan de réunification piloté par l’ONU qui est largement approuvé par les Chypriotes turcs (près de 65%).

Le 1er mai, la République de Chypre rejoint, divisée, l’UE. Entre 2008 et 2015, des négociations sont engagées. En 2012, les Chypriotes turcs rompent le dialogue en réaction à la prise par Chypre de la présidence tournante de l’UE. En février 2014, le président, Nicos Anastasiades, et le dirigeant de la RTCN, Dervis Eroglu, relancent les négociations.

Mais les Chypriotes grecs s’en retirent en octobre pour protester contre des prospections maritimes de la Turquie dans leur zone économique exclusive (ZEE). Le 15 mai 2015, les pourparlers entre les deux parties en vue de l’établissement d’une «fédération bicommunautaire» reprennent après sept mois d’interruption mais sans résultats jusque-là.


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