toggle menu
mardi, 13 novembre, 2018
  • thumbnail of elwatan09072018

Le conflit syrien s’enlise et les chances de paix semblent s’en éloigner devant l’impuissance de l’ONU à mettre fin
à la guerre et à dégager une solution politique sérieuse.

La paix s’éloigne en Syrie

22 septembre 2016 à 10 h 00 min

Le pays est replongé dans la guerre. En parallèle, la diplomatie est dans l’impasse quant à la relance de la trêve, vu les désaccords entre les Etats-unis et la Russie. Hier, l’armée russe a annoncé le déploiement de son porte-avions en Méditerranée pour renforcer ses capacités militaires, rapporte l’AFP. Mardi, une frappe aérienne a visé deux ambulances à Khan Toumane, au sud d’Alep, qui venaient évacuer les blessées d’un premier raid. Deux ambulanciers et deux infirmiers ont été tués et un troisième se trouve dans un état critique, a indiqué l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM).

La veille, une frappe aérienne près d’Alep (nord) contre un convoi humanitaire a provoqué la mort de 20 personnes, dont un responsable du Croissant-Rouge. Le raid a entraîné la suspension de l’acheminement par camions de l’aide de l’ONU qui a à peine démarré. La Maison-Blanche a affirmé qu’elle tenait «le gouvernement russe pour responsable» de ce bombardement. Elle a indiqué que seuls Moscou ou le régime syrien pouvaient en être à l’origine. La diplomatie russe a aussitôt condamné «avec indignation et colère» des allégations «sans fondement et hâtives», faites par des «protecteurs de terroristes et de bandits».

À chacun sa raison

Hier, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a demandé à la Russie, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la Syrie, de faire en sorte que l’aviation syrienne soit clouée au sol pour ne plus bombarder l’opposition et les civils. En présence de son homologue russe, Sergueï Lavrov, John Kerry a réclamé la relance de l’accord américano-russe du 9 septembre à Genève, notamment le rétablissement du cessez-le-feu.

Le chef de la diplomatie américaine a observé que «pour rétablir la crédibilité du processus, nous devons tenter de clouer au sol immédiatement tous les aéronefs qui volent» dans les zones de conflit, autour de la ville martyre d’Alep au nord de la Syrie, point névralgique de la guerre. Estimant une nouvelle fois que seuls Moscou et Damas pouvaient en être responsables, John Kerry a condamné avec la plus grande force les frappes de lundi contre un convoi humanitaire et le raid de mardi soir contre deux ambulances : des «violations flagrantes du droit international».

Moscou et Damas ont nié toute responsabilité dans ces bombardements. «Nous n’avons pas d’autre choix (…) que d’aller rapidement vers (…) la mise en œuvre maintenant du cessez-le-feu», a lancé le secrétaire d’Etat qui a signé l’accord de Genève avec S. Lavrov. Le texte prévoyait 7 jours de trêve à compter du 12 septembre, l’acheminement de l’aide humanitaire, une zone de facto d’interdiction de survol aérien pour l’armée syrienne et une coopération militaire russo-américaine contre les djihadistes. «C’est un moment de vérité pour la Russie», a averti John Kerry.

Son homologue russe, Sergueï Lavrov, a une nouvelle fois nié toute responsabilité de son pays dans les attaques contre les humanitaires en Syrie. Favorable au rétablissement de la trêve, cependant, il a affirmé qu’il «ne pouvait plus y avoir de pause unilatérale» dans les combats de la part de l’armée syrienne. Les précédentes trêves unilatérales ont, selon lui, surtout permis aux groupes rebelles de se regrouper pour se réarmer et renforcer leurs positions.

M. Lavrov a réitéré la demande de Moscou de «revoir la liste des organisations terroristes» qui seraient exclues d’un cessez-le-feu. Et de poursuivre : «Si nous pouvons nous mettre d’accord sur cette approche globale, une cessation des hostilités aura de meilleures chances de survivre et de réussir.» Moscou et Damas ont dénoncé un raid mené samedi par la coalition internationale conduite par les Etats-Unis contre l’armée syrienne dans l’est de la Syrie, qui a fait des dizaines de morts.

La coalition a affirmé que ce bombardement constituait une erreur de cible, puisqu’elle croyait viser des djihadistes du groupe EI. Mais Damas a rejeté ces explications et le président Al Assad a accusé Washington d’avoir commis une «agression flagrante».Ainsi, une trêve censée donner la chance à une solution politique à la crise syrienne n’a fait que l’exacerber.

Lire aussi

Loading...
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!