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La mission onusienne au mali de nouveau ciblée au moins : 8 casques bleus tués dans une attaque terroriste

21 janvier 2019 à 10 h 00 min

Au moins huit Casques bleus tchadiens ont été tués hier dans une «attaque terroriste complexe» d’un camp de la mission onusienne dans le nord-est du Mali, selon l’AFP citant une source proche de ladite mission. De précédents bilans ont fait état d’au moins quatre à six morts.

«Selon un nouveau bilan toujours provisoire, au moins huit Casques bleus (tchadiens) ont été tués», a indiqué cette source proche de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) à Kidal, à quelque 200 km au sud du camp d’Aguelhok où l’attaque a été perpétrée tôt dans la matinée.

Le représentant du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a condamné «l’attaque ignoble et criminelle contre les Casques bleus» tchadiens, confirmant qu’elle a coûté la vie à huit Casques bleus. «Tôt ce matin, les Casques bleus de la Minusma à Aguelhok ont repoussé une attaque complexe, lancée par des assaillants arrivés à bord de nombreux véhicules armés», a indiqué la mission de l’ONU dans un communiqué. «Les Casques bleus ont neutralisé nombre d’ennemis et poursuivi les assaillants dans leur déroute. Le bilan provisoire fait état de huit Casques bleus tombés sur le théâtre des combats et plusieurs autres blessés.

Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux de la Minusma», selon le texte. «Cette attaque complexe et lâche illustre la détermination des terroristes à semer le chaos ; elle exige une réponse robuste, immédiate et concertée de toutes les forces pour anéantir le péril du terrorisme au Sahel», a déclaré Mahamat Saleh Annadif, cité dans le communiqué.

Le représentant d’Antonio Guterres a «fermement condamné cette attaque ignoble et criminelle», poursuit la Minusma, en indiquant que les attaques contre les Casques bleus pouvaient «constituer un crime de guerre». Mahamat Saleh Annadif a également promis que la Minusma «ne laissera pas impunie cette barbarie».

De son côté, le commandement de la force de la Minusma a félicité les Casques bleus pour leur «action résolue et courageuse», qui a permis de «repousser les assaillants» et de les «pourchasser dans leur fuite».
Par ailleurs, la ministre française des Armées, Florence Parly, a déclaré le même jour que la force antidjihadiste du G5 Sahel est «en train» de reprendre ses opérations, suspendues après l’attentat contre son QG l’été dernier. «En ce moment même, après plusieurs mois d’arrêt (…), la force conjointe est en train de reprendre ses opérations», a-t-elle affirmé, sans autre précision, dans l’émission «Questions politiques», coanimée par la radio France Inter, le journal Le Monde et France Télévisions.

Instabilité

Constituée par cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad), cette force, qui doit atteindre 5000 hommes à pleine capacité, a connu un coup d’arrêt avec l’attaque de son QG le 29 juin à Sévaré, dans le centre du Mali. Le Mauritanien Hanena Ould Sidi a alors succédé au Malien Didier Dacko à sa tête. Il a depuis fait le tour des unités de la force conjointe et passé en revue les équipements dont elle a besoin. Les cinq Etats ont relancé parallèlement des appels à la communauté internationale pour que les quelque 420 millions d’euros de dons promis à la force soient versés.

La ministre des Armées a aussi réitéré que la force française Barkhane (4500 hommes) resterait présente au Sahel «tant que cela sera nécessaire, ce qui ne veut pas dire que nous avons vocation à être éternels». «La vocation de cette force Barkhane est de lutter contre le terrorisme et de nombreux groupes djihadistes sont dans cette zone du Sahel, ils menacent évidemment les régions en question, mais aussi la sécurité des Européens et des Français», a-t-elle observé. «Barkhane» a également des missions de formation, d’entraînement et d’accompagnement des forces locales dans des opérations conjointes, a ajouté la ministre. Des «dizaines de terroristes» ont ainsi été neutralisés en janvier lors d’opérations menées conjointement par «Barkhane» et les forces armées maliennes, a-t-elle rappelé.

Le 17 janvier 2012, la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et d’autres rebelles ont lancé une vaste offensive dans le Nord. Du 30 mars au 1er avril, la rébellion touareg et les groupes islamistes armés alliés à Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) prennent le contrôle des capitales des trois régions du Nord : Kidal, Gao, puis Tombouctou. Mais le MNLA va être évincé par Aqmi et ses alliés du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et d’Ansar Dine, qui vont commettre de nombreuses exactions au nom de la charia.

Ils ont été en grande partie chassés par l’opération militaire Serval, lancée par la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l’opération Barkhane, dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble de la zone sahélo-saharienne. Mais ces groupes sont loin d’être neutralisés.

De son côté, le Conseil de sécurité a créé la Minusma par sa résolution 2100, du 25 avril 2013. Elle prend le relais de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma). Le 15 mai 2015, le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale signent à Bamako l’accord de paix conclu à Alger.

Malgré cet accord, les violences djihadistes, jusque-là concentrées dans le Nord, se sont propagées vers le centre et le sud du pays, sous état d’urgence sans interruption depuis novembre 2015, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

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