La mise en garde de Moscou | El Watan
toggle menu
dimanche, 21 avril, 2019
  • thumbnail of elwatan20190421

Traité sur les armes nucléaires intermédiaires

La mise en garde de Moscou

21 février 2019 à 11 h 00 min

Pour le Kremlin, la décision de Washington «contraint» Moscou à «déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires d’où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d’usage de missiles nous menaçant».

Le président russe, Vladimir Poutine, a averti hier que son pays compte déployer des missiles capables d’atteindre «les territoires où se trouvent les centres de décision». Option qui constitue une réponse au déploiement par les Etats-Unis de nouveaux systèmes en Europe. «La Russie n’a pas l’intention de déployer la première de tels missiles en Europe.

S’ils sont déployés et livrés sur le continent européen, cela envenimera gravement la situation et créera de graves menaces pour la Russie», a déclaré le président russe dans son discours devant le Parlement, relevant que certains missiles peuvent atteindre «Moscou en 10-12 minutes».

Et de poursuivre : «(…) La Russie sera contrainte de déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires d’où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d’usage de missiles nous menaçant.»

Pour Vladimir Poutine, les Etats-Unis utilisent des «accusations imaginaires envers la Russie pour motiver leur sortie unilatérale», estimant qu’ils «auraient dû dire les choses honnêtement». «Nous sommes prêts aux négociations sur le désarmement mais nous ne comptons pas frapper à une porte close. Nous attendrons que nos partenaires reconnaissent la nécessité d’un dialogue sur une base d’égalité», a-t-il averti.

Aussi, le président russe a mis en relief les progrès dans la conception des nouvelles armes, notamment les missiles «hypersoniques» présentés en détail l’an dernier dans son discours au Parlement. Il a appelé les Américains à «calculer la portée et la vitesse de nouveaux armements à venir».

«Nous ne demandons que cela : qu’ils calculent et que seulement après ils prennent leurs décisions susceptibles de créer de nouvelles menaces sérieuses pour notre pays et qui conduiront, évidemment, à des représailles de la Russie», a-t-il prévenu. Cet avertissement intervient après que Washington a suspendu sa participation au Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Le droit de la force

Un traité qui a aboli l’usage de missiles d’une portée de 500 à 5500 km. Il a aussi mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales. En 1991, conformément à cet accord, 2692 missiles ont été détruits, soit 846 par les Etats-Unis et 1846 par l’URSS. Mais l’administration américaine se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, en violation dudit traité. Ce que la Russie dément.

Les premières accusations de violations russes ont été portées sous la présidence de Barack Obama, en 2014. En octobre dernier, le président américain, Donald Trump, a une première fois indiqué son intention de se retirer du traité INF, au motif que Moscou ne le respectait pas.

Début décembre, depuis Bruxelles et avec le soutien de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a donné à la Russie 60 jours, jusqu’au 2 février 2019, pour démanteler ses nouveaux missiles de longue portée violant le traité, aux yeux des Américains et de l’Alliance atlantique. Faute de quoi, il a menacé de lancer la procédure de retrait, qui s’étend sur six mois. La Russie dément ces accusations «sans fondement», accusant en retour Washington de violer le traité.

Le 2 février, le président russe a annoncé que son pays suspend sa participation à l’INF en réponse à la suspension américaine entrée en vigueur le même jour. «Nos partenaires américains ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation à l’accord et nous la suspendons à notre tour», a déclaré Vladimir Poutine au cours d’une rencontre avec ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou.

Lire aussi

Loading...

Related Post

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!