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La désignation d’un émissaire de l’ONU en Libye se fait attendre : Paris et Berlin dénoncent une obstruction américaine

03 juin 2020 à 9 h 32 min

Paris et Berlin dénoncent sans les nommer les Etats-Unis qui bloquent depuis des semaines la nomination d’une Ghanéenne au poste d’émissaire de l’ONU en Libye, vacant depuis plus de trois mois. «Nous n’avons fait aucun progrès» à ce sujet après la proposition de deux noms par le secrétaire général, Antonio Guterres, a indiqué lundi l’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, lors d’une visioconférence de presse conjointe avec son homologue allemand. «Le premier (Ramtane Lamamra, ndlr) a été rejeté et il n’y a toujours pas d’accord sur le second. C’est vraiment douloureux», alors qu’il y a «urgence maintenant» avec une «situation en Libye très mauvaise», a-t-il ajouté.

Selon des diplomates, Antonio Guterres a soumis au Conseil de sécurité de l’ONU le nom d’une ex-ministre ghanéenne, Hanna Serwaa Tetteh, 53 ans, qui est depuis 2018 représentante des Nations unies auprès de l’Union africaine. «C’est vraiment dommage qu’à ce stade la nomination d’un successeur à Ghassan Salamé soit bloquée», a abondé l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen.

Selon un diplomate s’exprimant au micro de l’AFP sous couvert de l’anonymat, «les Etats-Unis ont conditionné une nomination» de la Ghanéenne «à une proposition de scinder en deux» la fonction, avec un médiateur politique et un chef de mission. Alors que «tout le monde est d’accord» pour le choix de l’ex-ministre pour assumer les deux rôles, précise-t-il.

Tripoli et Tobrouk acceptent de reprendre langue

Le blocage américain intervient à un moment où les deux principaux belligérants de la crise affirmeraient qu’ils ne sont pas opposés à une reprise des négociations. La mission de l’ONU (Manul) a indiqué, en tout cas, hier, à ce propos, que Tripoli et Tobrouk avaient accepté de reprendre des pourparlers, après une suspension de plus de trois mois, en vue d’un cessez-le-feu à travers tout le territoire libyen. La Manul s’est d’ailleurs félicitée «de l’acceptation par le gouvernement d’union nationale (GNA) et  »l’armée nationale libyenne » (ANL) de reprendre les pourparlers sur l’arrêt des combats», selon un communiqué adressé à la presse. Toutes les tentatives de cessez-le-feu ont échoué dans ce pays en proie à la guerre civile depuis 2011, la dernière en date remontant à janvier, à l’occasion d’une conférence à Berlin.

Dans son communiqué, l’ONU appelle les Etats soutenant l’une ou l’autre partie à «respecter les engagements» pris à Berlin, et la résolution adoptée le mois suivant au Conseil de sécurité des Nations unies, portant notamment sur l’arrêt des ingérences. Le retour aux discussions doit se traduire par «un début d’accalmie sur le terrain et une trêve humanitaire pour ouvrir la voie à un cessez-le-feu définitif», souligne encore la Manul. En février, au moment de la suspension des pourparlers, les camps rivaux avaient accepté de négocier un «cessez-le-feu permanent» au sein d’une commission militaire conjointe GNA/pro-Haftar.

La proposition d’Alger bien accueillie

Parallèlement à l’annonce de la Manul, on apprend que la proposition de l’Algérie d’abriter le dialogue inter-libyen à Alger, réitérée la semaine dernière par le chef de la diplomatie, a été accueillie favorablement par les parties libyennes. Selon la presse libyenne, le Conseil suprême des tribus libyennes et les Conseils de réconciliation se sont félicités de la proposition des dirigeants algériens.

Selon la même source, des réunions et des contacts continus ont lieu avec des représentants de la Présidence algérienne pour régler la crise et pour arrêter l’effusion de sang. Le chargé d’affaires par intérim du Conseil a précisé qu’«une réunion inter-libyenne devait avoir lieu au cours du mois de mars à Alger», mais qu’elle a du être différée en raison de la pandémie de coronavirus.

Sur le terrain, il n’y a cependant aucun signe pouvant laisser présager que les parties en conflit sont sur le point de s’inscrire dans une logique d’apaisement ou négociation. Au contraire, chacun des deux camps rivaux tente de grignoter à l’autre un maximum de territoires. Les troupes du maréchal Khalifa Haftar, qui ont essuyé plusieurs revers ces dernières semaines, ont annoncé lundi avoir repris aux forces du GNA la localité d’Al Assabia, située au sud-est de Tripoli.

La capitale libyenne a essuyé, quant à elle, des tirs de roquettes. De nombreux observateurs s’attendent même à ce que l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) déclenche une vaste offensive dans les prochains jours dans le but de reprendre le terrain perdu.



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