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Offre de dialogue des autorités maliennes aux groupes terroristes : Iyad Ag Ghali fait la fine bouche

11 mars 2020 à 9 h 02 min

Le Mali est le théâtre, depuis 2012, d’une crise multiforme qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation terroriste qui active au Sahel, a décidé d’accepter l’offre de dialogue des autorités maliennes. Dans un communiqué au ton modéré, rendu public à travers Az Zallaqa, son outil de propagande, l’organisation dirigée par Iyad Ag Ghali va jusqu’à partager l’avis du gouvernement malien, selon lequel, «il est temps de mettre fin au conflit qui ensanglante le Mali depuis près de 8 années».

Cette annonce fait suite à la récente décision du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, d’ouvrir des canaux de discussion avec les terroristes maliens afin de les persuader de déposer leurs armes et de réduire ainsi le niveau de violence dans le pays. Dans cette perspective, le président Ibrahim Boubacar Keita a envoyé, il y a quelques semaines, des émissaires en direction des chefs du GSIM, du Front de libération du Macina et de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Bien qu’elle soit encourageante, la réponse du GSIM présente toutefois toutes les caractéristiques d’un refus. Pourquoi un refus ? L’organisation d’Iyad Ag Ghali conditionne sa participation à un éventuel dialogue avec les autorités maliennes au retrait des troupes de l’opération Barkhane et de celles de la Mission de maintien de la paix de l’ONU (Minusma). Barkhane est la force antiterroriste française déployée au Mali et au Sahel avec 5100 hommes. La Minusma compte quant à elle environ 12 000 soldats.

D’une pierre deux coups

Le GSIM justifie sa position par son souci d’aller dans le sens des revendications de la rue malienne, qui exige «la fin de l’occupation française». Quel que soit l’argument présenté, il est peu probable que le président Ibrahim Boubacar Keita ainsi que ses homologues de la région acceptent une telle exigence, surtout que leur Etats dépendent actuellement entièrement des soutiens internationaux. Un départ précipité par exemple de la Minusma exposerait à coup sûr le Mali à un chaos généralisé. C’est le cas aussi des autres pays de la région.

En faisant mine d’accepter la main tendue du président malien tout en soumettant toutefois sa participation à des tractations avec le pouvoir de Bamako par des conditions pour le moins difficiles à réaliser, le GSIM pourrait chercher à faire d’une pierre deux coups : gagner en popularité et discréditer les autorités maliennes en les présentant comme des «suppôts» de l’Occident.

Cela, à moins qu’il ait décidé, en agissant de la sorte, de placer le plus haut possible la barre, afin de négocier au mieux sa reddition. Une chose est certaine, le GSIM a, depuis sa création en mars 2017, fait de la France sa cible privilégiée. Il s’est cependant considérablement affaibli depuis cette date. Quid maintenant de l’EIGS et du Front de libération du Macina ? Aucun signe de leur part pour le moment. Les autorités à Bamako attendent toujours de savoir si ces groupes terroristes répondront à leur appel au dialogue ou, au contraire, en profiteront pour se distinguer du GSIM.

Oppositions

Ce n’est pas la première fois que des contacts sont noués avec la mouvance terroriste malienne. En 2017, l’influent Mahmoud Dicko, haut dignitaire religieux et ex-président du Haut Conseil islamique du Mali, s’était déjà rapproché d’Iyad Ag Ghali et d’Amadou Koufa de la katiba du Macina, afin d’entamer un dialogue. Il avait été cependant désavoué par le président malien. Il faut dire que le dialogue avec les terroristes ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique malienne. Certains leaders de partis s’y opposent fermement.

C’est le cas de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga, qui a estimé en février dernier qu’«il n’y a pas de victoire politique sans une victoire militaire». Pour lui, «la résolution des crises au Sahel passe impérativement par une victoire militaire».

Le Mali est, rappelle-t-on, le théâtre depuis 2012 d’une crise multiforme, qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Si un accord de paix a été signé en 2015 avec les rebelles séparatistes du Nord, le pays reste cependant en proie aux agissements des groupes terroristes, aux tensions intercommunautaires et aux trafics de toutes sortes qui ébranlent sérieusement l’autorité de l’Etat.


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