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Au-delà du passé colonial, entre la France et le Burkina Faso, beaucoup de sujets qui fâchent, entre autres : l’assassinat du président Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo et «le pillage des ressources» par les entreprises françaises.

Heurts entre les forces de l’ordre et les étudiants à Ouagadougou

29 novembre 2017 à 12 h 00 min

Le président français, Emmanuel Macron, est arrivé lundi au Burkina Faso. Première étape de sa tournée en Afrique, qui le mènera en Côte d’Ivoire où il prendra part au sommet Europe-Afrique, et au Ghana. Un peu plus tôt avant son arrivée, des individus à moto ont lancé une grenade contre un véhicule de soldats français dans le nord de la capitale, Ouagadougou, selon l’AFP.

L’attaque, qui n’a pas fait de victime, n’est pas revendiquée. Hier, pour protester contre la visite du président Macron, des dizaines de manifestants ont dressé des barricades sur l’avenue menant à l’université de Ouagadougou, où le président français est attendu pour son discours.

Scandant des slogans tels que «A bas l’exploitation de l’Afrique par l’Occident», ils ont bloqué des véhicules se rendant à l’intervention du Président, qui a pu accéder au campus. Les jeunes Burkinabè réclament la fin de tout ce qui illustre pour eux le passé colonial : le «pillage des ressources» par des entreprises françaises, le franc CFA arrimé à l’euro et la présence militaire française.

Lors de son discours devant les étudiants de l’université de Ouagadougou, M. Macron s’est présenté comme le représentant d’une génération pour laquelle «les crimes de la colonisation européenne sont incontestables», tout en relevant qu’il y a eu aussi «de grandes choses et des histoires heureuses» dans ce passé. Il a en outre indiqué qu’il allait «proposer une initiative euro-africaine» pour «frapper les organisations criminelles et les réseaux de passeurs» qui exploitent les migrants subsahariens en Libye.

Comme il a annoncé «un soutien massif à l’évacuation des personnes en danger» en Libye, qualifiant de «crime contre l’humanité» la vente de migrants comme esclaves. Le président Macron doit se rendre ces prochains jours au sommet Europe-Afrique à Abidjan, puis au Ghana.

La question de l’immigration africaine vers l’Europe et la sécurité seront abordées lors du cinquième sommet Union européenne (UE)-Union africaine (UA), qui se tiendra aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Sommet dont les priorités consistent à obtenir le soutien financier des Européens pour la force antiterroriste des pays du G5 Sahel et coordonner la lutte contre les passeurs, y compris en Libye où certains migrants sont vendus comme esclaves.

Le président français a aussi pris des engagements sur un dossier très sensible au Burkina. En effet, à l’issue d’un entretien avec le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, il a promis que tous les documents français concernant l’assassinat de l’ancien président burkinabè, Thomas Sankara, en 1987 seraient «déclassifiés».

Trop de cadavres qui vrillent la mémoire

La mort de Thomas Sankara, une figure panafricaine, était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de l’ex-président Blaise Compaoré, son successeur. Ce dernier vit en exil en Côte d’Ivoire depuis 2014. Il est soupçonné d’avoir participé au complot par de nombreux Burkinabè, qui y voient aussi la main de la France, ancienne puissance coloniale qui aurait été gênée par la politique anticolonialiste de Sankara.

Le président Macron a évoqué un autre sujet non moins épineux, celui de François Compaoré, le frère de Blaise, arrêté en France fin octobre dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat, en 1998, du journaliste Norbert Zongo, et dont le Burkina réclame l’extradition. «Il appartient à la justice française de prendre sa décision, je ferai tout pour faciliter celle-ci», a-t-il déclaré.

La période Compaoré est jonchée de cadavres. En 1990, il est fait état de la mort suspecte de deux opposants. Il s’agit de Guillaume Sessouma, professeur d’université, enlevé à son domicile à 2h du matin, et l’étudiant Dabo Boukary kidnappé dans la rue. En décembre 1998, sont découverts sur la route Leo-Sapouy-Ouagadougou quatre corps calcinés. L’un d’eux est celui du journaliste Norbert Zongo.

Cet assassinat provoque des manifestations dans la capitale. Le journaliste en question menait une enquête depuis 1996 sur une affaire, entre autres, d’escroquerie à la suite de la création de la Compagnie d’exploitation des mines d’or burkinabé (Cemob) avec l’aide de la Caisse française de développement. Opposant au régime, il avait écrit sur le pouvoir en février 1997 : «Comment fera le Président pour s’imposer aux intellectuels qui appréhendent les dimensions de sa dictature et le drame qu’elle représente pour notre peuple ? (…) Une seule solution s’impose à lui : emprisonner, tuer, faire disparaître. Il n’y a pas d’autre alternative.»

Ancienne puissance coloniale, la France entretient une coopération militaire avec les autorités du Burkina depuis l’accession à l’indépendance du territoire de l’ex-Haute Volta en 1960. Depuis 2010, des éléments des forces spéciales françaises, basés à Ouagadougou, apportent leur soutien aux forces de défense. Celles-ci sont notamment intervenues lors de l’attentat de janvier 2016 (30 morts), lorsque des djihadistes ont ouvert le feu sur des terrasses du centre-ville. La capitale a également subi, en août, un attentat qui a fait 19 morts.


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