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dimanche, 25 octobre, 2020
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Guinée : Une présidentielle sous tension, test pour la démocratie

17 octobre 2020 à 10 h 36 min

Plus de 5,4 millions de Guinéens sont appelés à choisir leur Président demain, épilogue d’un an de divisions meurtrières autour d’un éventuel troisième mandat d’Alpha Condé et prélude à un cycle électoral en Afrique de l’Ouest scruté anxieusement par les défenseurs de la démocratie.

Le premier tour de la présidentielle guinéenne se tient dans un climat de tension et d’inquiétude, alimenté par la contestation des derniers mois contre la candidature de M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, par une campagne vindicative et fiévreuse, et par le passé de confrontation politique violente qui est celui de la Guinée. Les jours précédant le vote ont été émaillés d’attaques personnelles, d’incidents et d’obstructions, et de heurts qui ont fait plusieurs blessés entre militants des deux principaux concurrents, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo. Vendredi matin, les forces de sécurité ont mis en place sans explication des barrages pour bloquer l’accès au centre de Conakry, où se trouvent les centres de décision guinéens. Et dans la nuit de jeudi à vendredi, des coups de feu ont été tirés dans l’enceinte d’un camp militaire de Kindia, à une centaine de kilomètres au nord-est de Conakry, tuant le chef d’un bataillon de commandos, sans que l’on puisse établir de lien entre ces événements et les dispositions prises dans la capitale.

Autant de raisons pour beaucoup de Guinéens d’envisager avec préoccupation le vote de demain et plus encore ses lendemains, si les résultats sont serrés ou si l’opération donne lieu à des soupçons de fraude, grande préoccupation de l’opposition. Le rôle important des appartenances ethniques dans la politique intérieure ajoute à l’instabilité de la situation. Les électeurs sont invités à choisir entre 12 prétendants. Sauf surprise, la compétition reviendra à une troisième manche entre M. Condé et M. Diallo, qu’il avait battu au second tour il y a dix ans, au premier cinq ans plus tard. C’est l’affrontement de deux acteurs anciens de la scène guinéenne, aux styles diamétralement opposés. L’un, policé (Diallo), assure que son heure est arrivée. L’autre, plus frontal (Condé) ne juge aucun de ses adversaires à la hauteur. «Cette élection va se jouer pour Alpha Condé sur ‘‘sa faculté’’ à mettre en avant ‘‘ses’’ politiques publiques ; l’autre enjeu, c’est la rupture, c’est la conquête pour Cellou Dalein Diallo», estime Kabinet Fofana, président de l’Association de sciences politiques.

«Que des promesses»

«La question de l’âge d’Alpha Condé revient d’emblée», dit-il. Des Guinéens interrogés par l’AFP, supporteurs ou non de M. Diallo, expriment leur exaspération. Leur pays est l’un des plus pauvres du monde, malgré d’immenses ressources minières et hydrologiques. A contrario, M. Condé a mobilisé les foules lors d’une tournée en province, avant un dernier meeting attendu vendredi à Conakry. «En 10 ans, Alpha Condé n’a rien fait. Que des promesses. Quand tu vois le pays : pas de route, pas d’hôpitaux, pas d’école.

La vie est tellement difficile», dit Aminata Barry, 36 ans, supportrice de M. Diallo. M. Condé a fait modifier la Constitution en mars pour, dit-il, moderniser le pays. Elle lui permet de briguer un troisième mandat parce que les pendules présidentielles seraient remises à zéro. La candidature de M. Condé a fait descendre à plusieurs reprises, depuis un an, des milliers d’opposants dans la rue. La protestation a été sévèrement réprimée. Des dizaines de civils ont été tués.

Les défenseurs des droits humains dénoncent un recours excessif à la force et l’impunité des forces de sécurité. Ils pointent du doigt la dérive observée, selon eux, sous la direction d’un ancien opposant historique devenu en 2010 le Premier président démocratiquement élu après des années de régimes autoritaires.

M. Condé fustige les partis pris de ses détracteurs, guinéens ou étrangers. Il impute à ses adversaires la responsabilité des violences. Il revendique d’avoir redressé un pays qu’il avait trouvé en ruine, à coups de grands chantiers et de réformes destinées à vaincre la réticence des investisseurs à s’engager dans un environnement d’infrastructures défaillantes et de corruption répandue.

 

 

 

Les accès au centre de Conakry bloqués, un officier tué

La Guinée vivait hier les dernières heures d’une campagne électorale fiévreuse, les forces de sécurité bloquant les accès du centre de Conakry pour des raisons inconnues, alors qu’un haut gradé était tué dans un camp militaire à l’est de la capitale. Aucune explication officielle n’a été obtenue à la mise en place de barrages bloquant l’accès au quartier de Kaloum, où se trouvent les centres de décision guinéens. Un policier déployé dans le centre a invoqué, auprès de l’AFP, le passage prévu dans la journée du président Alpha Condé pour un dernier meeting de campagne à la périphérie de la capitale avant la présidentielle de demain, où il brigue un troisième mandat consécutif et contesté. Ces propos n’ont pas pu être vérifiés. En dehors de la quasi-absence de circulation dans une ville proche de la saturation en temps normal et d’une tranquillité exceptionnelle dans des rues habituellement tumultueuses, la capitale n’offrait guère de signe de tension.

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