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Guerre du Yémen : Riyad autorise l’évacuation de Houthis blessés avant les pourparlers

04 décembre 2018 à 11 h 00 min

Outre le cycle avorté de pourparlers en septembre à Genève, d’autres discussions ont aussi échoué en 2016, après un marathon de 108 jours au Koweït. La délégation des Houthis était alors restée bloquée au sultanat d’Oman pendant trois mois.

Le médiateur de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour le Yémen, Martin Griffiths, est arrivé hier dans la capitale Sanaa contrôlée par les rebelles houthis, rapporte l’AFP. Ces derniers devraient pouvoir évacuer 50 de leurs combattants blessés dans le cadre de «mesures de confiance» à l’approche de possibles pourparlers de paix en Suède.

Selon une source onusienne, il est également question de la réouverture prochaine de l’aéroport international de Sanaa, fermé depuis trois ans en raison de la guerre qui ravage ce pays divisé entre le camp progouvernemental, appuyé notamment par l’Arabie Saoudite, et les Houthis. La question de l’évacuation d’insurgés blessés a été à l’origine de l’échec de pourparlers en septembre à Genève.

Les Houthis avaient accusé l’Arabie Saoudite, qui contrôle l’espace aérien yéménite, d’avoir empêché le départ de blessés et de ne pas avoir donné de garanties pour le voyage en toute sécurité de la délégation rebelle. Porte-parole de la coalition antirebelle, le colonel saoudien Turki Al Maliki, a déclaré que l’autorisation d’hier a été donnée «à la demande» du médiateur de l’ONU pour le Yémen «pour des raisons humanitaires» et comme «mesure destinée à instaurer la confiance» avant les pourparlers prévus sous peu en Suède.

Si des sources diplomatiques et humanitaires évoquent la tenue de négociations de paix dès cette semaine, aucune annonce n’a été faite pour l’heure par les Nations unies. Les 50 Houthis blessés devant être évacués vers Mascate, capitale du sultanat d’Oman, seront accompagnés par trois médecins yéménites et un autre de l’ONU, ainsi que par 50 membres d’une escorte.

Sous pression

Alors que l’Arabie Saoudite a souvent été accusée d’être un frein à un règlement du conflit au Yémen, le colonel Maliki a tenu à souligner que la coalition soutenait les efforts de l’émissaire onusien «pour parvenir à une solution politique», ainsi que les mesures d’ordre «humanitaire» pour alléger les souffrances des civils.

L’Arabie Saoudite est sous la pression des grands pays occidentaux depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi, journaliste critique du prince héritier Mohammed Ben Salmane, par des agents saoudiens le 2 octobre au consulat du royaume à Istanbul (Turquie). Par ailleurs, la situation humanitaire s’est considérablement aggravée ces derniers mois au Yémen, où des millions de civils sont menacés par la famine, indépendamment des combats.

La bataille en novembre entre forces progouvernementales et rebelles houthis pour le contrôle de la ville portuaire d’Al Hodeïda (ouest) a suscité de vives inquiétudes parmi les organisations humanitaires.

Ce port sur la mer Rouge est le point d’entrée de plus des trois quarts des importations et de l’aide internationale au Yémen. Une trêve relative est en vigueur à Al Hodeïda, bien que le colonel saoudien Maliki ait affirmé hier que des opérations militaires «se poursuivent».

Entre-temps, l’Iran a offert son soutien au processus de paix afin de mettre un terme à «l’agression brutale» contre le Yémen. Un porte-parole des Houthis, Yahia Saree, a déclaré que les rebelles sont prêts pour les négociations «à commencer par un cessez-le-feu» de la coalition adverse. Selon le ministre yéménite de l’Information, Mouammar Al Iryani, le gouvernement a accepté le principe du processus en Suède pour ôter «toute excuse aux putschistes (rebelles) qui seraient tentés d’échapper à la recherche de la paix».

Outre le cycle avorté de pourparlers en septembre à Genève, d’autres discussions ont aussi échoué en 2016, après un marathon de 108 jours au Koweït. La délégation des Houthis était alors restée bloquée au sultanat d’Oman pendant trois mois. Depuis mars 2015, les combats ont fait quelque 10 000 morts selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais des ONG estiment que le bilan réel des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.

Dans la nuit du 25 au 26 mars 2015, l’Arabie Saoudite, à la tête d’une coalition arabe, a lancé une opération militaire aérienne au Yémen contre les rebelles houthis, minorité zaydite d’obédience chiite. Objectif : chasser les Houthis de la capitale Sanaa, qu’ils occupent militairement depuis septembre 2014, et rétablir le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Riyad. Sur le plan régional, l’offensive vise à contrer l’influence de l’Iran.

Depuis 2004, les Houthis mènent la guerre au pouvoir central de Sanaa. Jusqu’à 2010, six guerres ont eu lieu entre les deux belligérants. Le président de l’époque, Ali Abdallah Saleh, les justifie par le fait que les Houthis veulent rétablir l’imamat aux dépens de la République. Le Qatar propose ses bons offices pour trouver une issue au conflit.

Cependant, la médiation de 2007, suivie d’un traité en février 2008, n’a pas empêché la reprise des combats en avril de la même année. De son côté, Riyad intervient militairement en novembre 2009 à Saada, bastion des Houthis, ville située à ses frontières. En août 2010, un autre traité a été signé à Doha entre le gouvernement et les insurgés. 


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