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mercredi, 27 mars, 2019
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Réconciliation interlibyenne

Ghassan Salamé affiche son optimisme

12 mars 2019 à 10 h 00 min

L’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, désignera incessamment le lieu et la date du congrès réunificateur interlibyen,
qui se tiendra dans moins d’un mois. Salamé est confiant que le salut en Libye passera par ledit congrès, conviction, cependant, non partagée
par les belligérants.

Dans une rencontre avec la chaîne de télévision Libya Al Ahrar, diffusée dimanche, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, s’est dit, plus que jamais, convaincu de l’imminence de la tenue de sa conférence réunificatrice de tous les belligérants en Libye. «L’objectif, c’est de parvenir à une position majoritaire et des mesures pratiques, pour tenir des élections en octobre prochain», a affirmé M. Salamé. L’envoyé de l’ONU en Libye a dit qu’il va réunir 23 composants libyens, représentant «villes, partis, tribus, syndicats, municipalités, Chambre des députés, Conseil de l’Etat, minorités ethniques, universités, enfin, tout ce qui a un impact en Libye, sans pouvoir, bien sûr, réunir les six millions de Libyens».

Concernant le contenu, M. Salamé a précisé qu’ils vont se baser sur les accords passés entre les députés et les membres du Conseil de l’Etat, ainsi que les résultats des rencontres du Caire pour la réunification de l’armée, ou, également, celles de Paris, Palerme et Abou Dhabi, tout comme le plan d’action de l’ONU. Pour ce qui est du lieu de ce congrès, l’envoyé de l’ONU a indiqué qu’ils sont partis d’un large spectre de 14 villes et qu’il n’en reste que trois.

«Nous allons incessamment choisir la ville qui abritera ce congrès réunificateur», a-t-il affirmé. Ghassan Salamé compte parvenir à dresser une feuille de route vers des élections, durant ce congrès, puisque Haftar et Al Sarraj sont déjà tombés d’accord à Abou Dhabi sur la réduction de la phase de transition et la tenue d’élections début octobre 2019. «Il reste toutefois la loi électorale, la base constitutionnelle, ainsi que d’autres questions pratiques, qui seront tranchées lors du congrès, puisqu’elles concernent tous les Libyens», indique M. Salamé, qui «s’excuse déjà auprès de ceux qui ne vont pas être là».

Plusieurs observateurs pensent que l’empressement observé ces derniers jours chez Ghassan Salamé s’explique par la montée en puissance de Haftar, qui contrôle désormais plus des trois quarts de la Libye.

Enjeux

«Le congrès réunificateur, c’est moins coûteux et plus bénéfique que la guerre, pour la Libye et les Libyens», estime M. Salamé, concernant une éventuelle montée des troupes de Haftar vers Tripoli. Mais l’évaluation du juge Jamel Bennour ne comprend pas cette possibilité de confrontation militaire. «L’approche de Haftar mise surtout sur le ralliement des populations des villes qui manquent, encore, à l’appel, comme Tripoli, Misrata ou Syrte», explique M. Bennour, qui croit que «Haftar n’a plus besoin de ce congrès, puisque la majorité de la Libye lui obéit déjà et le reste des villes va suivre».

Le politologue Ezzeddine Aguil pense, par contre, que plusieurs groupes armés radicaux, notamment ceux qui sympathisent avec le mufti Sadok Ghariani, basé en Turquie, vont faire la guerre à Haftar et n’abandonneront pas la partie. «Les bras armés de l’islam politique ne lâcheront pas facilement la partie, même si les troupes de Haftar sont mieux équipées et disposent de la sympathie de la population. Donc, le congrès réunificateur aiderait à éviter cette guerre», conclut Ezzeddine Aguil.

Le congrès de Ghassam Salamé serait donc en concurrence avec l’option quasi militaire de Haftar. Toutefois, la tenue d’élections ne tient pas uniquement aux désirs politiques des uns et des autres. Un scrutin nécessiterait la sortie des milices armées des villes de l’Ouest, ce qui n’est pas du tout évident. Donc, l’issue Salamé n’a pas, pour le moment, les moyens de sa réussite. 

– Le GNA déclare l’état d’urgence à Syrte

Le gouvernement d’union nationale (GNA) a déclaré l’état d’urgence dans la ville de Syrte, dans le centre-nord du pays, a rapporté l’agence Anadolu, citant un communiqué de la force de sécurité et de protection de Syrte.

La décision a été prise après que les forces du commandant Khalifa Haftar, basées à l’est de la Libye, connues sous le nom d’Armée nationale libyenne, se seraient déplacées vers la périphérie sud de la ville. Toutes les troupes de la milice liée au gouvernement d’union soutenu par l’ONU ont été appelées à exercer leurs fonctions, a déclaré la force de sécurité et de protection de Syrte, affiliée à la GNA.

L’Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar contrôle les deux tiers du territoire libyen et continue de progresser dans sa conquête de terrain. Il y a quelques jours, Haftar a fait un compromis avec le gouvernement de Tripoli pour la réunification du pays et l’organisation d’élections dans l’année en cours. Mais sur le terrain, cet accord n’a pas l’air encore de fonctionner. A. Z.

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