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La mobilisation contre le décret anti-immigration ne s’apaise pas : après les manifestations et l’indignation dans nombre de capitales, le président américain Donald Trump est confronté à une fronde au sein de l’appareil d’Etat, à laquelle il a choisi de répondre avec fermeté.

Face à la fronde sur son décret : Trump durcit le ton

01 février 2017 à 10 h 00 min

Après avoir limogé avec fracas lundi soir la ministre par intérim de la Justice, le président républicain s’en est pris, hier, avec véhémence à ses opposants démocrates au Congrès, les accusant de paralyser le fonctionnement gouvernemental en tardant à confirmer ses candidats. «Il devraient avoir honte ! Pas surprenant que (Washington) DC ne fonctionne pas», a-t-il tweeté avec la volonté évidente de galvaniser sa base électorale.

Décision rarissime lors de la mise en place d’une nouvelle équipe à la Maison-Blanche, Sally Yates, une fonctionnaire de l’Administration Obama qui assurait l’intérim du ministre de la Justice, avait ordonné aux procureurs de ne pas défendre le décret du nouveau Président, mettant en doute sa légalité. Dans un communiqué au ton inhabituellement vindicatif, la Maison-Blanche a écarté cette dernière, accusée d’être «très faible sur l’immigration illégale» et d’avoir «trahi» son ministère.

Son successeur, Dana Boente, a immédiatement donné ordre aux employés du département de la Justice «de faire leur devoir» et de «défendre les ordres légaux de notre Président». La Maison-Blanche défend son décret au nom de la nécessité d’empêcher l’entrée aux Etats-Unis de «terroristes islamiques radicaux». «Cela n’a rien à voir avec la religion, il s’agit de terrorisme et de la sécurité de notre pays», martèle le président américain.

«Mauvais message»

Mais la fronde ne vient pas seulement des rangs démocrates. Dans une lettre ouverte, plusieurs dizaines d’anciens conseillers de Barack Obama et George W. Bush ont estimé que ce décret envoyait «le mauvais message à la communauté musulmane dans le pays et de par le monde : l’idée que le gouvernement américain est ‘‘en guerre contre eux’’ sur la base de leur religion». Les signataires se disent convaincus que cette décision aura «un impact négatif à long terme» sur la sécurité nationale des Etats-Unis.

Par ailleurs, des diplomates américains ont protesté contre le décret en utilisant un canal officiel dit de dissidence. «Soit ils acceptent le programme, soit ils s’en vont», a répondu la Maison-Blanche en guise d’ultimatum. L’ancien président démocrate Barack Obama est sorti de son silence, se disant, par la voix de son porte-parole, «encouragé par le niveau de mobilisation» à travers les Etats-Unis. M. Obama avait promis de se tenir à l’écart du débat politique sauf si «les valeurs fondamentales» de l’Amérique étaient menacées. Dix jours après son départ de la Maison-Blanche, il a jugé que c’était le cas.

De partout à travers le monde, les témoignages affluent de ressortissants des pays concernés par les restrictions qui dénoncent, entre abattement, incrédulité et colère, les mesures abruptement mises en place par la nouvelle Administration américaine. Six Iraniens voyageant vers les Etats-Unis ont passé trois nuits dans la zone de transit de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol.


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