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États-Unis : L’étrange tempête déclenchée par Trump au service météo

11 septembre 2019 à 8 h 00 min

Les fonctionnaires du service public américain de météorologie sont entrés en résistance ouverte contre Donald Trump, qu’ils accusent de vouloir politiser un service dont l’intégrité scientifique est vénérée. Tout est parti d’un seul tweet.

Le dimanche 1er septembre, Donald Trump écrit que «Caroline du Sud, Caroline du Nord, Géorgie et Alabama» seraient «très probablement touchés (beaucoup) plus fort que prévu» par l’ouragan Dorian, né quelques jours plus tôt dans l’Atlantique.

Vingt minutes exactement plus tard, le bureau du National Weather Service à Birmingham, dans l’Alabama, écrivait sur Twitter : «L’Alabama ne subira  »pas » d’impact de Dorian. Nous répétons, aucun impact de l’ouragan Dorian ne sera ressenti dans l’Alabama.» L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais le président Trump, cherchant le dernier mot, a persisté pendant des jours, transformant l’histoire en bras de fer politique, déclenchant la consternation dans la communauté scientifique et ouvrant un gouffre entre les hauts responsables de l’Administration et les milliers de fonctionnaires des services météo, qui ont vécu l’épisode comme une trahison.

On ne sait pas pourquoi le Président a inclus l’Alabama dans son tweet initial. Goût de l’hyperbole ? Désir de se montrer mobilisé auprès des habitants de l’Etat ? En tout cas, il est allé jusqu’à présenter, dans le bureau ovale, une carte où, d’un coup de feutre noir, l’Alabama se retrouvait incluse dans le prolongement de la trajectoire possible de l’ouragan, au-delà de 5 jours. Dorian n’a jamais touché l’Alabama.

Il n’est même pas entré à l’intérieur des terres américaines, remontant au large de la côte Est en direction du Canada. Mais la Maison- Blanche a mis la pression sur les hauts responsables politiques de l’Administration océanique et atmosphérique (NOAA), qui chapeaute les services météo, afin qu’ils désavouent leurs propres prévisionnistes.

Le ministre du Commerce, Wilbur Ross, serait allé jusqu’à menacer de limoger de hauts responsables, selon le New York Times. Dont acte : les informations initiales montraient que des vents forts «pouvaient toucher l’Alabama», a déclaré la NOAA vendredi dans un communiqué sec, épinglant son bureau de l’Alabama pour avoir parlé «en termes absolus» et soulignant qu’il existait, à un moment, une faible probabilité de vents forts (mais pas de catégorie ouragan) dans l’Alabama.

Ce lâchage politique a stupéfait les météorologues, transformant l’affaire en crise.

Une enquête interne a été lancée par le scientifique en chef de la NOAA. Le patron du service météorologique national, Louis Uccellini, a fermement défendu les siens, lundi, lors d’une conférence annuelle de météorologie qui se tient… dans l’Alabama. «Quand les téléphones et les réseaux sociaux ont commencé à s’agiter vers 10h le 1er septembre, a dit Louis Uccellini, ils ont mis fin à ce qu’ils pensaient être des rumeurs.» «Le bureau de Birmingham a fait cela pour empêcher toute panique», a-t-il martelé, défendant l’«intégrité» des prévisionnistes.


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