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Elles ont quitté leur Penjab natal, dans le centre du Pakistan, pour suivre Ayesha, une voisine, qui leur avait promis un boulot d’esthéticienne dans un salon de Dubaï.

Esclaves sexuelles à Dubaï

16 juillet 2014 à 10 h 00 min

Zunera et Shaista rêvaient  de jours heureux à Dubaï, mais la terre promise s’est transformée en enfer pour les deux jeunes Pakistanaises, réduites à l’esclavage sexuel par des trafiquants sans scrupules qui les menacent toujours. Dubaï ! La seule évocation de la cité émiratie constellée de gratte-ciel fait rêver les gagne-petit d’Asie en quête d’un emploi bien rémunéré. Il y a un peu plus de cinq ans, Zunera et Shaista quittent leur Penjab natal, dans le centre du Pakistan, pour suivre Ayesha, une voisine, qui leur promet un boulot d’esthéticienne dans un salon de Dubaï.

Mais à peine arrivées, Ayesha annonce aux deux sœurs qu’elles seront plutôt… prostituées. «Nous nous sommes effondrées en larmes, mais elle nous a dit : ‘‘Vous voyagez avec de faux documents, si vous dites quoi que ce soit on vous remettra à la  police’’», raconte à l’AFP Zunera, à l’époque âgée d’à peine 16 ans. Le piège se referme. Pendant quatre ans, leur vie à Dubaï ne sera qu’un cauchemar tissé de cruauté et d’agressions, disent-elles. Lors de leur première «passe», Ayesha reste dans la chambre pour s’assurer que ses recrues répondent bien aux attentes des clients.

Puis, elle demande aux hommes de laisser leur téléphone portable ouvert pour écouter ce qui se passe derrière les portes closes.  «Chaque fois que nous refusions des actes sexuels, elle nous torturait,  elle menaçait de nous tuer si nous disions quoi que ce soit à propos de ce bordel», souffle Zunera, dégoûtée et le cœur noirci par la hargne, assise aux côtés de sa sœur inconsolable. Les deux sœurs n’étaient pas autorisées à sortir ou parler librement entre elles et ne pouvaient appeler leur famille au Pakistan qu’occasionnellement et sous surveillance. En mars 2013, Zunera et Shaista ont profité d’un voyage au Pakistan destiné à renouveler leurs papiers d’identité pour fuir le réseau. Elles ont alors confié leur histoire à leur sœur aînée, Qamar, qui a obtenu leur liberté  en négociant avec Ayesha. Une liberté que Zunera a toutefois payé de sa chair.

Des hommes liés au gang de proxénètes ont fait irruption dans la demeure familiale et l’ont  criblée de trois balles à la jambe, désormais traversée d’une longue cicatrice  après une opération bâclée. «A l’hôpital, Ayesha avait même envoyé des policiers pour me harceler et elle me poussait à remarcher en vitesse, alors que je venais tout juste d’être opérée», dénonce Zunera, qui boite depuis cet assaut. Terrifiée par ce gang et mise au ban par des voisins dénonçant ces «prostituées», la famille a pris la fuite. «Des gangs envoient chaque semaine des dizaines de filles pakistanaises se prostituer à Dubaï.

Mais personne ne fait rien contre eux», déplore Zulfiqar Ali Bhutta, un des avocats de Zunera, affirmant que ces groupes savent jouer de leurs liens avec des politiciens et policiers locaux. Leur famille a saisi la justice, qui a ordonné à la police de traquer le  réseau présumé d’Ayesha. L’affaire n’a guère avancé jusqu’à ces dernières semaines, lorsqu’Ayesha  s’est rendue de son propre chef à la justice. Mais elle a aussitôt été libérée sous caution. Zunera et Shaista, elles, continuent de vivre dans la peur constante d’être  cette fois tuées pour avoir bravé l’omerta.
 

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