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Minorité Ouïghoure en Chine : Escalade entre Pékin et Londres

21 juillet 2020 à 9 h 30 min

La Chine a accusé hier le chef de la diplomatie britannique de répandre des «calomnies» après ses propos dénonçant les «atteintes graves» aux droits de l’homme contre la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang (nord-ouest).

«Ces propos sont purement et simplement des mensonges et des calomnies», a déclaré, lors d’une conférence de presse, Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par des médias. «La question du Xinjiang n’est pas une question de droits de l’Homme, de religion ou de groupe ethnique. C’est une question de lutte contre la violence, le terrorisme et le séparatisme», a-t-il soutenu.

Le ministre des Affaires étrangères britannique, Dominic Raab, a accusé, dimanche, la Chine de commettre des «atteintes graves, choquantes aux droits de l’homme» à l’encontre de la minorité ouïghoure dans le Xinjiang. «Il est clair qu’il y a des atteintes graves, choquantes aux droits de l’homme», a déclaré Dominic Raab sur la BBC. «C’est profondément, profondément choquant.»

Au sujet d’informations évoquant des «stérilisations forcées» ou des «camps de rééducation», il a indiqué qu’elles «rappellent quelque chose que nous n’avons pas vu depuis très longtemps, et cela de la part d’un membre de premier plan de la communauté internationale qui veut être pris au sérieux». Et d’ajouter : «Nous voulons une relation sérieuse (avec la Chine), mais nous ne pouvons voir un tel comportement et ne pas le dénoncer.»

La région du Xinjiang a longtemps été frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes. Plus d’un million de musulmans, notamment des Ouïghours, sont ou ont été internés dans des camps du Xinjiang, affirment Washington et des organisations internationales de défense des droits de l’homme.

La Chine dément ce chiffre et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi afin de l’éloigner de la tentation de l’extrémisme. Un chercheur allemand, Adrian Zenz, affirme par ailleurs dans une récente étude publiée par une organisation américaine que des Ouïghoures sont soumises à des stérilisations forcées. Wang Wenbin a rejeté les accusations de stérilisations forcées, affirmant que la population ouïghoure a plus que doublé en l’espace de 40 ans.

Relations envenimées

Les relations sino-britanniques ont connu des tensions ces dernières semaines sur plusieurs sujets. Le Royaume-Uni a ordonné hier le retrait progressif de son réseau 5G de tout équipement produit par le géant chinois des télécoms Huawei, comme il a annoncé qu’il allait expurger son réseau 5G de tout équipement produit par le géant chinois Huawei.

Londres évoque comme raison le risque pour la sécurité du pays. L’achat de nouveaux équipements Huawei sera interdit après le 31 décembre 2020 et les équipements existants devront être retirés d’ici 2027. «Le meilleur moyen de sécuriser notre réseau est que les opérateurs cessent d’utiliser les équipements Huawei pour construire le futur réseau 5G britannique», a déclaré le ministre chargé de la Culture et du Numérique, Oliver Dowden, à la Chambre des communes, à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité nationale (NSC) présidée par le Premier ministre conservateur, Boris Johnson. «Cela n’a pas été une décision facile, mais c’est la bonne pour les réseaux télécoms britanniques, pour notre sécurité nationale et pour notre économie, maintenant comme à long terme», a-t-il ajouté.

A propos de Hong Kong, Londres a dénoncé l’imposition, fin juin par Pékin, d’une loi sur la sécurité nationale dans son ancienne colonie, y voyant une «violation manifeste» de l’autonomie locale. Loi qui prévoit de punir les activités séparatistes, «terroristes», la subversion et les ingérences étrangères dans le territoire autonome chinois. Londres a promis d’étendre les droits à l’immigration, et à terme, l’accès à la citoyenneté britannique, pour des millions d’habitants du territoire, une mesure dénoncée par Pékin comme une «ingérence grossière» dans ses affaires intérieures.

Début juin, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a déclaré qu’il proposerait à des millions de Hongkongais des passeports et un possible accès à la citoyenneté britannique, si Pékin applique la loi controversée. «La Grande-Bretagne ne cherche pas à entraver la montée de la Chine» sur la scène internationale, a-t-il assuré. «La Grande-Bretagne veut seulement que Hong Kong prospère dans le cadre d’un pays, deux systèmes.» L’opposition pro-démocratie hongkongaise tout comme Londres sont contre ce projet de loi qui, à leur avis, étouffe les libertés dans l’île.


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