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Conflit frontalier entre la Chine et l’Inde : Échanges d’accusations entre Pékin et New Delhi

06 septembre 2020 à 10 h 45 min

L’Inde et la Chine ont échangé, hier, des accusations quant à de la montée des tensions autour de leur différend frontalier dans l’Himalaya, rapporte l’AFP.

Accusations qui interviennent au lendemain d’une réunion au plus haut niveau entre les deux pays depuis un accrochage meurtrier en juin. Le ministre indien de la Défense, Singh, et son homologue chinois, le général Wei Fenghe, se sont accusés d’enflammer la situation, par communiqués interposés. Les deux hommes se sont rencontrés vendredi à Moscou, en marge d’une réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai.

Le ministre indien a indiqué dans un communiqué que «les actions des troupes chinoises, dont le fait de masser un large nombre de militaires, leur comportement agressif et les tentatives de modifier unilatéralement le statu quo constituent une violation» des accords entre les deux pays voisins. Il a ajouté que son pays souhaite résoudre le conflit à travers des pourparlers, mais que «dans le même temps, il ne devrait y avoir aucun doute sur notre détermination à protéger la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Inde».

De son côté, le ministre chinois a adopté une attitude tout aussi intransigeante. «La cause et la vérité de la tension actuelle à la frontière entre la Chine et l’Inde sont très claires, et l’Inde en assume entièrement la responsabilité», a affirmé le général Wei. «Le territoire de la Chine ne peut pas être perdu», a-t-il ajouté, appelant l’Inde à «renforcer son contrôle sur les forces frontalières» et «s’abstenir de toute action qui pourrait provoquer une escalade». Le 15 juin, dans une vallée disputée du Ladakh à plus de 4200 mètres d’altitude, des combats au corps-à-corps entre leurs soldats ont fait 20 morts côté indien et un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois. C’est le premier affrontement meurtrier entre les armées des deux pays en 45 ans.

L’arme économique

L’Inde s’est retirée de manœuvres militaires organisées par l’Organisation de coopération de Shanghai pour que ses troupes ne soient pas aux côtés des forces chinoises. Elle utilise également de plus en plus l’arme économique contre la Chine dans leur différend. Mercredi, elle a annoncé l’interdiction de 118 applications mobiles chinoises. Le ministère des Technologies de l’information a accusé ces applications, dont le populaire jeu vidéo PUBG Mobile et d’autres services du géant chinois de l’internet Tencent, de voler les données des utilisateurs et permettre des activités «préjudiciables à la souveraineté et l’intégrité de l’Inde, la défense de l’Inde, la sécurité de l’Etat et l’ordre public».

Invoquant la sécurité nationale et la protection des données, l’Inde a interdit après les combats de juin 59 applications chinoises, y compris la populaire plateforme de partage de vidéos TikTok, puis fin juillet 47 autres, dont plusieurs étaient des versions réduites ou des variantes. Les applications interdites mercredi comprennent des jeux, des services de paiement en ligne, des sites de rencontre et même un logiciel pour éditer ses selfies. PUBG compte des millions de jeunes utilisateurs en Inde. Outre l’interdiction des applications, New Delhi a gelé la participation de compagnies chinoises à des contrats d’infrastructures de téléphonie 5G et bloqué des marchandises chinoises dans des postes douaniers ou des ports.

New Delhi n’a pas intégré les Routes de la soie, initiative économique de Pékin. En mai 2017, le Premier ministre indien, Narendra Modi, avait dévoilé, lors d’une réunion de la Banque africaine de développement (BAD) qui s’est tenue à Ahmedabad, en Inde, un autre projet de route commerciale : «le Corridor de la croissance Asie-Afrique», surnommé «la Route de la liberté», pour concurrencer le projet chinois «la Route de la soie». Le premier conflit ouvert entre les deux pays remonte à 1962 : la Chine a infligé une défaite à l’Inde.

Il portait sur deux portions de la frontière : l’Aksai Chin à l’ouest et l’Arunachal Pradesh à l’est. L’Inde les considère comme partie intégrante de son territoire national en vertu de l’héritage frontalier légué par l’Empire britannique des Indes. La Chine récuse la légitimité de ces tracés «coloniaux» et estime que les deux zones constituent une extension de ses régions du Tibet ou du Xinjiang. A l’issue de cette guerre, Pékin a imposé sa souveraineté sur l’Aksai Chin, mais a retiré ses troupes de l’Arunachal Pradesh, permettant ainsi à New Delhi d’y rétablir sa tutelle.

En septembre 1967, à Nathu La, des fusillades et tirs d’artillerie ont éclaté entre les forces des deux pays, faisant 88 morts du côté indien et 300 du côté chinois. En 1975, quatre soldats indiens ont perdu la vie en Arunachal Pradesh. Depuis, les affrontements armés ont quasiment cessé. Néanmoins, les contentieux territoriaux n’ont pas pour autant été réglés.


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