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Malgré la normalisation des relations entre Israël et la Turquie

Echange de mots virulents entre Tel-Aviv et Ankara

24 décembre 2018 à 11 h 00 min

La tension a augmenté quand Ankara a qualifié de «crimes contre l’humanité» et «terreur d’Etat» les actions d’Israël dans les Territoires palestiniens, après que Tel-Aviv ait accusé la Turquie de se livrer à des «massacres» de Kurdes.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé hier le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, d’être «un cruel oppresseur à la tête d’une terreur d’Etat», rapporte l’AFP. Dans un discours diffusé à la télévision turque, il a reproché à Israël «d’occuper la Palestine» et de commettre «des péchés, des crimes contre l’humanité, des massacres».

Samedi, s’adressant à de jeunes Turcs, Recep Tayyip Erdogan leur a recommandé de «ne jamais frapper un ennemi à terre». Et d’ajouter : «Vous n’êtes pas un juif en Israël.» D’où la réaction non moins acerbe du Premier ministre israélien. Dans un tweet, Benjamin Netanyahu a recommandé au président turc de «ne pas faire la morale à Israël», l’accusant d’«occuper le nord de Chypre» et d’être à la tête d’une armée qui «massacre les femmes et les enfants dans les villages kurdes, à l’intérieur et à l’extérieur de la Turquie».

Avant la réaction du président turc, son porte-parole, Ibrahim Kalin, a reproché hier matin à Benyamin Netanyahu d’«attaquer sans cesse Erdogan» et d’«utiliser les Kurdes» pour détourner l’attention de sa politique intérieure, estimant qu’il devrait «mettre fin à l’occupation illégale des Territoires palestiniens». De son côté, Benyamin Netanyahu est revenu à la charge.

«Je suis maintenant la cible d’une dinguerie quotidienne du dictateur antisémite Erdogan. Il est obsédé par Israël. Mais il y a un progrès, autrefois Erdogan m’attaquait toutes les deux heures et maintenant c’est toutes les six heures», a affirmé le Premier ministre dans un communiqué de son bureau. «Ce pays (la Turquie) devient chaque jour plus dictatorial.»

Les relations entre la Turquie et Israël se sont crispées cette année. En mai, Ankara a sommé l’ambassadeur israélien de quitter la Turquie, après la mort de plusieurs manifestants à la frontière avec la bande de Ghaza. En juillet, le Parlement israélien a voté une loi qui défini Israël comme l’Etat-nation du peuple juif.

Relations difficiles

Le président Erdogan a fustigé alors Israël, le décrivant comme «l’Etat le plus sioniste, le plus fasciste et le plus raciste au monde». En novembre, Ankara a exhorté Tel-Aviv à «cesser immédiatement» ses frappes contre la bande de Ghaza appelant la communauté internationale à «passer à l’action» alors que l’escalade des tensions fait craindre une nouvelle guerre.

«Israël doit cesser immédiatement ces attaques contre la population de Ghaza», a déclaré le porte-parole de la Présidence, Ibrahim Kalin, cité par l’agence de presse étatique turque Anadolu. «La communauté internationale, qui reste silencieuse devant les attaques d’Israël, doit prendre ses responsabilités et passer à l’action», a-t-il ajouté.

Le 14 décembre, Erdogan a aussi déclaré que les Palestiniens sont soumis à des «pressions, des violences et des politiques d’intimidation pas moins graves que l’oppression des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale», en référence à la Shoah.

Les relations israélo-turques se sont progressivement détériorées au cours des années 2000. Le paroxysme de la tension se traduit par la réduction drastique des relations entre les deux pays en 2010. Escalade qui fait suite à l’assaut meurtrier lancé par des commandos israéliens contre le Mavi Marmara, un navire affrété par une organisation non gouvernementale (ONG) turque pour tenter de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Ghaza. Cette opération s’était soldée par la mort de dix Turcs.

Israël et la Turquie ont officialisé en juin 2016 la normalisation de leurs relations. La Turquie a posé trois conditions à cet effet : des excuses publiques pour l’assaut, des indemnisations financières pour les victimes et la levée du blocus de Ghaza, contrôlée par le Hamas. Mais Benyamin Netanyahu a affirmé que ce blocus resterait en vigueur.

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