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vendredi, 27 novembre, 2020
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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE

Donald Trump vote par anticipation en Floride

25 octobre 2020 à 11 h 00 min

Le président américain, Donald Trump, a voté hier par anticipation en Floride avant d’enchaîner une nouvelle série de trois meetings, rapportent les médias. «J’ai voté pour un type appelé Trump», a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : «C’était un vote très sûr, bien plus sûr que quand vous envoyez votre bulletin par courrier.» Le président américain évoque régulièrement, sans preuve, la menace de fraudes massives concernant le vote par correspondance.

Comme plus de 55 millions d’électeurs qui ont déjà voté de manière anticipée, notamment par crainte de la Covid-19, le locataire de la Maison-Blanche a accompli son devoir de citoyen depuis une bibliothèque de West Palm Beach, près de sa propriété de Mar-a-Lago. En Floride, des dizaines de partisans se sont réunis samedi matin pour lui apporter leur soutien.

Le Président sortant, qui a repris la campagne avec un rythme effréné depuis sa sortie de l’hôpital où il était resté trois nuits à la suite de son infection au coronavirus, est attendu en Caroline du Nord, dans l’Ohio et le Wisconsin, avant d’aller aujourd’hui dans le New Hampshire. «Vous allez être très occupés aujourd’hui, on va vous faire travailler très dur», a-t-il déclaré avant de quitter le bureau de vote. Il a promis d’encore accélérer le rythme dans la dernière ligne droite en passant à cinq meetings de campagne par jour.

De son côté, le candidat démocrate, Joe Biden, est souvent la cible des railleries du milliardaire républicain, en raison du rythme beaucoup plus calme de sa campagne et de son respect des recommandations sanitaires, qui le prive du contact avec les foules.

Il a prévu hier un court déplacement dans sa Pennsylvanie natale, dont le vote sera particulièrement attendu en novembre, après la victoire surprise de Donald Trump en 2016, une première depuis 1988 pour un candidat républicain dans cet Etat de l’est du pays.

Mais l’ancien vice-président de Barack Obama peut compter sur le soutien de ce dernier, toujours très populaire chez les démocrates, qui tiendra un meeting en format «drive-in» dans un autre Etat-clé, la Floride, qu’il a remporté deux fois, en 2008 et 2012.

Autre grand nom démocrate, le sénateur Bernie Sanders, ancien adversaire de Joe Biden à la primaire et toujours très populaire auprès de l’aile gauche du parti, fera lui aussi campagne en Pennsylvanie.

Malgré les sondages, qui donnent toujours 8 points d’avance en moyenne à Joe Biden à l’échelle nationale, Donald Trump reste optimiste. «Nous ne sommes pas en retard, nous sommes en avance. Nous sommes en avance par rapport à là où nous étions il y a quatre ans et la vague sera encore plus grosse qu’il y a quatre ans, il y a encore plus d’enthousiasme maintenant», a-t-il affirmé vendredi.

La gestion du coronavirus, une des principales faiblesses de son bilan avec plus de 220 000 morts dans le pays, plane pourtant plus que jamais sur la campagne, les Etats-Unis ayant battu vendredi un record de contaminations sur 24 heures, avec environ 80 000 nouveaux cas détectés.

Un des principaux engagements du candidat républicain consiste à abroger la réforme du système de santé de son prédécesseur. Dès son entrée dans le bureau ovale, Trump a signé un décret présidentiel contournant l’Obamacare.

Ses efforts pour abroger la loi se sont par la suite heurtés à l’opposition de trois sénateurs républicains. A défaut, l’administration Trump s’est attachée à vider la réforme de sa substance.

Un juge conservateur texan a considéré depuis que le texte est de fait devenu inconstitutionnel.

Fin 2017, le Congrès a adopté une vaste réforme fiscale. Celle-ci prévoyait des baisses d’impôts à hauteur de 1450 milliards de dollars sur dix ans. «La plus grosse réduction d’impôts de l’histoire», a déclaré le locataire de la Maison-Blanche. Selon le Tax Policy Center, 80% des contribuables américains ont effectivement vu baisser leurs impôts l’année suivante. Il a augmenté pour 5% des contribuables. Seulement, 70% de ces réductions d’impôts ont bénéficié au 5e quintile (les 20% les plus aisés) et 34% des gains sont allés au 1% les plus riches. En contrepartie, le déficit budgétaire a explosé. Il a frôlé en 2019 les 1000 milliards de dollars.

Bras de fer

Le président américain a engagé dès sa première année un bras de fer avec ses deux voisins, le Mexique et le Canada. Les négociations ont abouti à l’automne 2018 avec la signature de l’accord Etats-Unis-Mexique-Canada. Plusieurs amendements seront apportés sous l’impulsion démocrate avant sa ratification par le Congrès. Le texte est entré en vigueur cet été.

Lors de son premier sommet en tant que président des Etats-Unis, à Bruxelles en mai 2017, Donald Trump a fait pression sur ses alliés leur rappelant qu’ils se sont engagés trois ans plus tôt à allouer 2% de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d’ici à 2024. Sept pays ont atteint le quota en 2018. L’année suivante, les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) ont en moyenne dépensé 1,48% de leur PIB pour assurer leur défense. Ce même chiffre était de 1,42% en 2016.

En 2016, à l’effet de lutter contre l’immigration clandestine, le candidat Trump s’est engagé à construire un mur séparant son pays et le Mexique. Mexico sera contraint de payer pour ce projet. Quatre ans plus tard, ledit mur n’a guère avancé. Le Mexique n’a jamais accepté de financer le projet. Un mur de frontière existait déjà, sous forme de grilles ou de barrières de métal ou de béton, sur une longueur de 1000 km, avant son arrivée à la Maison-Blanche. Il s’est heurté à de nombreux obstacles. Le plus dur vient du Congrès qui n’a pas alloué des fonds suffisants pour réaliser ce projet

Ainsi l’administration Trump a puisé dans le budget de la Défense pour mener à bien la construction. Néanmoins, depuis l’arrivée au pouvoir d’Andrés Manuel López Obrador, Washington a obtenu du Mexique qu’il s’occupe de refouler les migrants désireux d’entrer aux Etats-Unis et qu’il prenne en charge les candidats en attente, qui ont obtenu l’examen de leurs dossiers par les autorités américaines.

Une semaine après son arrivée au pouvoir, le Président signe le décret présidentiel interdisant l’entrée aux Etats-Unis aux réfugiés et ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Irak, Iran, Yémen, Syrie, Libye, Somalie et Soudan). Un juge fédéral bloque son application dans les jours suivants. Le Président revoit sa copie en mars et retire l’Irak de la liste. Une nouvelle bataille s’engage. En juin 2018, la Cour suprême valide le texte. Six pays, à savoir le Nigeria, Birmanie, Erythrée, Kirghizstan, Soudan et Tanzanie sont venus s’ajouter cette année à l’interdiction.

Ceci dit, le président Trump a réduit l’immigration légale. Celle-ci a baissé de 49% durant son mandat. Pour l’année fiscale 2019, du 1er octobre au 30 septembre, outre-Atlantique, le quota a été fixé à 18 000 et pourrait être abaissé à 15 000 l’an prochain. Loin des 100 000 personnes accueillies en moyenne annuellement sous Barack Obama. Le républicain a encore signé en juin dernier un décret gelant jusqu’en 2021 la délivrance de cartes vertes et de certains visas de travail.

En décembre 2017, Donald Trump reconnaît la Ville sainte d’El Qods comme capitale d’Israël et y ordonne le transfert de l’ambassade. Celle-ci a ouvert ses portes le 13 mai suivant à l’occasion des 70 ans de la création de la création d’Israël. Le locataire de la Maison-Blanche honore une promesse que deux de ses prédécesseurs, Bill Clinton et George W. Bush, n’ont pas réussi à tenir.

En mai 2018, le Président retire son pays de l’accord nucléaire signé entre l’Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) en juillet 2015 à Vienne. Comme il a rétabli unilatéralement des sanctions contre la République islamique, suscitant une escalade des tensions dans la région, spécialement dans le détroit d’Ormuz. Devant l’incapacité des Occidentaux à sauver le texte, Téhéran s’est finalement affranchi des restrictions à l’été 2019.

En novembre 2019, Washington a formellement notifié à l’Organisation des Nations unies (ONU) sa sortie de l’accord de Paris sur le climat, décidée dès 2017.

Vendredi dernier, le président Trump a annoncé la normalisation des relations entre le Soudan et Israël, un rapprochement historique visant à mettre fin à des décennies d’hostilités entre Khartoum et l’Etat hébreu créé en 1948. Le Soudan est le troisième pays arabe depuis août à annoncer une normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis et Bahreïn.

Multilatéralisme et leadership

Candidat des démocrates, Joe Biden a promis à plusieurs reprises de réaffirmer l’engagement des Etats-Unis au sein d’alliances globales et d’accords internationaux que le président Trump a abandonnés ou critiqués. Mais il tient à restaurer le leadership américain : sur plusieurs sujets, la rupture avec Donald Trump serait flagrante. Joe Biden compte réintégrer, dès le premier jour de son éventuel mandat, l’accord de Paris sur le climat, dont le président républicain est sorti, puis renouer avec l’Organisation mondiale de la santé, abandonnée en pleine pandémie. Il propose d’organiser, pendant sa première année à la Maison-Blanche, un «sommet des démocraties» pour réaffirmer des Etats-Unis au multilatéralisme pris d’assaut pendant quatre ans.

Par ailleurs, Donald Trump et Joe Biden sont sur la même longueur d’onde sur moult sujets. Le premier a tenté de «mettre fin aux guerres sans fin» et a commencé, sans grande concertation, à retirer les soldats de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan. Le second a reconnu une «erreur» et modifie sa vision à mesure que l’opinion manifeste sa fatigue face à l’interventionnisme militaire. Il est ainsi improbable que le démocrate renvoie de gros contingents en Afghanistan. Joe Biden pourrait aussi maintenir la même politique que son adversaire concernant la Chine.

Pendant son mandat, le président Trump a été intransigeant avec Pékin. Considérant l’Empire du Milieu comme un concurrent de plus en plus sérieux et régulièrement déloyal, son administration a imposé des droits de douane aux deux tiers des importations chinoises, tout tenté pour limiter les investissements chinois aux Etats-Unis et fait pression sur ses alliés pour qu’ils se détournent des technologies chinoises. Joe Biden a critiqué la guerre commerciale menée par son rival, la jugeant destructrice pour les Etats-Unis, mais son équipe de campagne a refusé de s’engager à supprimer les tarifs douaniers.

De leur côté, les démocrates du Congrès ont indiqué qu’ils feraient pression sur Joe Biden pour qu’il conserve certaines taxes afin de protéger les travailleurs américains.

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