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mardi, 04 août, 2020
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Crise politique en Tunisie : Le sort de Ghannouchi entre les mains de Nabil Karoui

30 juillet 2020 à 9 h 30 min

Le doute plane sur le sort de Rached Ghannouchi, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), surtout après la proposition de Hichem Mechichi à la tête du gouvernement.

Laquelle nomination signifie que le président Saïed veut réduire l’influence des islamistes sur les rouages de l’Etat, comme l’a déjà fait Mechichi au ministère de l’Intérieur.

Le bloc de Qalb Tounes examinera sûrement, avant de voter, ses intérêts politiques de continuer à soutenir Ennahdha. Des accusations d’enveloppes sont échangées entre les favorables et les opposants. L’argent émirati contre l’argent qatari, selon des rumeurs, jamais confirmées.

Pour et Contre

La motion de censure a été signée par 73 députés, répartis entre les blocs, démocratique (Ettayar et Chaab, 38), El Islah (16), Tahya Tounes (11), quelques députés du bloc nationaliste, ainsi que des députés n’appartenant à aucun bloc. Le bloc du Parti destourien libre (16) a fait une pétition indépendante, soutenant cette motion de censure, portant à 89 le nombre de députés réclamant le départ de Ghannouchi.

Or, il faut 20 autre voix pour atteindre les 109 nécessaires pour la majorité. Le député Walid Jalled (Tahya Tounes) a affirmé, ces dernières 48 heures, sur les radios Shems et Mosaïque, que les 109 voix sont acquises et qu’il y aura des tentatives des soutiens de Ghannouchi pour perturber la séance. L’ex-ministre de la Santé, le nahdhaoui Abdellatif Mekki, affirme que la motion n’a pas de chance de passer. Mekki est classé comme opposant à Ghannouchi, au sein d’Ennahdha. Il ne veut pas être taxé de comploteur.

Tous les yeux sont braqués sur QalbTounes, le parti du magnat des médias, Nabil Karoui, pour voir les réactions des 27 députés. Ce sont les voix de Karoui qui ont permis, en novembre dernier, à Ghannouchi d’occuper son poste. Mais, entre-temps, la relation Ennahdha/Qalb Tounes a connu des hauts et des bas. Les islamistes ont accusé Qalb Tounes d’abriter des corrompus, avant de revenir sur leurs accusations, lorsqu’ils ont voulu détrôner Fakhfakh. Ennahdha a défendu l’intégration de Qalb Tounes au gouvernement sortant. Maintenant, toute la question porte sur le vote de ce bloc.

Car, il ne faut pas, uniquement, qu’il y ait de la discipline dans la présence pour réunir les 89 voix des signataires, il faut, également, 20 autres signataires. Les nahdhaouis retiennent leur souffle. Mais, une chose est certaine, que la motion passe ou qu’elle casse, rien ne sera plus comme avant au sein de l’ARP, qui vit en sursis et sur laquelle plane le spectre d’élections anticipées.

Tiraillements

La motion de censure contre Ghannouchi, huit mois après son élection à la tête de l’ARP, vient suite à plusieurs mises au point de la part des blocs parlementaires, concernant les prises de position, mélangeant son statut parlementaire avec celui de président d’Ennahdha. La colère des parlementaires a atteint son comble à deux reprises.

La première, suite à la visite de Ghannouchi en Turquie, le 10 janvier dernier, qui a provoqué une audition le 15 janvier. Il a promis de tenir compte des remarques des députés. La deuxième audition a eu lieu le 3 juin 2020, suite à son appel à Fayez Al Sarraj, président du GNP libyen, dont les troupes venaient de reprendre la base d’El Outya.

La position exprimée par Ghannouchi ne traduit pas celle de la République tunisienne, en plus du fait qu’il piétine sur les prérogatives du président de la République, en matière de politique étrangère.

Deux auditions en six mois, en plus de dérapages successifs de sa garde rapprochée, qui gère la présidence de l’ARP comme étant un territoire acquis à Ennahdha, alors que c’est un poste supposé fédérer toutes les tendances réunies sous la coupole. Habib Khedher, directeur de cabinet de Ghannouchi, a créé beaucoup d’incidents avec les députés. Le dernier en date concerne la permission d’entrer d’un visiteur alors qu’il était interdit d’accès par la Garde présidentielle, en charge de la sécurité de l’Assemblée.

C’est, par ailleurs, cette absence de sens du respect des règles de l’administration et ce manque de fédération qui ont été cités comme principaux motifs de la motion de censure.

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami



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